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L’œil du comte avait repris toute sa finesse satirique. «Cet aimable fiscal Rassi est payé par le maître pour toutes les sentences qui nous déshonorent en Europe mais il n’est pas homme à refuser d’être payé par moi pour trahir les secrets du maître. Cet animal-là a une maîtresse et un confesseur, mais la maîtresse est d’une trop vile espèce pour que je puisse lui parler, le lendemain elle raconterait l’entrevue à toutes les fruitières du voisinage.» Le comte, ressuscité par cette lueur d’espoir, était déjà sur le chemin de la cathédrale; éto

– Puisque je vous rencontre, lui dit-il, vous serez assez bon pour épargner à ma goutte la fatigue mortelle de monter jusque chez monseigneur l’archevêque. Je lui aurais toutes les obligations du monde s’il voulait bien descendre jusqu’à la sacristie.

L’archevêque fut ravi de ce message, il avait mille choses à dire au ministre au sujet de Fabrice. Mais le ministre devina que ces choses n’étaient que des phrases et ne voulut rien écouter.

– Quel homme est-ce que Dugnani, vicaire de Saint-Paul?

– Un petit esprit et une grande ambition, répondit l’archevêque, peu de scrupules et une extrême pauvreté, car nous en avons des vices!

– Tudieu, monseigneur! s’écria le ministre, vous peignez comme Tacite.

Et il prit congé de lui en riant. A peine de retour au ministère, il fit appeler l’abbé Dugnani.

– Vous dirigez la conscience de mon excellent ami le fiscal général Rassi, n’aurait-il rien à me dire?

Et, sans autres paroles ou plus de cérémonie, il renvoya le Dugnani.