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C’est une chose étrange que la façon dont notre esprit travaille à des sujets divers, même quand notre pensée emploie toute son énergie à se concentrer sur une nécessité terrible et pressante. J’étais, en ce moment même, dans une situation qui mettait ma vie en péril, mon salut dépendait de ce que j’allais faire, la nécessité de choisir se faisait de plus en plus pressante, et cependant je ne pouvais m’empêcher de penser à la persistance étrange et acharnée avec laquelle ces vieillards me poursuivaient. Leur résolution silencieuse, leur obstination constante et sans pitié, même pour une telle cause, provoquaient autant que la peur une once de respect. Ce qu’ils avaient dû avoir de la vigueur dans leur jeunesse! Maintenant, je pouvais comprendre la charge tourbillo
Je compris d’un coup d’œil que, jusqu’à présent, j’avais échoué dans mon entreprise; mes e
J’étais presque complètement encerclé. Je ne pouvais passer ni d’un côté ni de l’autre, et la fin était proche.
Il n’y avait qu’une chance, je la tentai. Je me jetai à travers la digue et, échappant aux griffes de mes e
À un tout autre moment, j’aurais trouvé que cette eau était infestée et sale, mais maintenant elle était aussi bienvenue que la rivière pure pour le voyageur assoiffé! Elle était la route par où je pouvais me sauver!
Mes poursuivants s’élançaient derrière moi. Si un seul d’entre eux avait tenu la corde, c’eût été ma fin, parce qu’il aurait pu me faire trébucher avec celle-ci avant que je n’eusse le temps de faire une brasse. Mais comme tous la tenaient, ils étaient embarrassés et ainsi ils prirent du retard, et quand la corde frappa l’eau, j’entendis le «floc» bien loin derrière moi. En quelques minutes de brasse énergique, je traversai la rivière, rafraîchi par l’immersion et encouragé par mon esquive. Je grimpai la digue, l’humeur relativement gaie.
D’en haut, je regardai derrière moi. À travers l’obscurité, je vis mes assaillants s’éparpiller de part et d’autre, le long de la digue. De toute évidence, la poursuite n’était pas terminée, et de nouveau je dus choisir une direction. Au-delà de la digue où je me trouvais s’étendait un espace sauvage et marécageux, très semblable à celui que j’avais traversé. Je décidai d’éviter un tel endroit et réfléchis pendant un instant si je remonterais ou descendrais la digue. Je crus entendre un bruit, le bruit étouffé d’une rame, aussi j’écoutai, puis criai.
Aucune réponse, mais le bruit cessa. Mes e
Et maintenant, derrière moi, en amont, le silence était rompu par le cliquetis rapide et le grincement des rames; mes e
Ma situation était maintenant vraiment désespérée, parce que mes e
C’était la première parole humaine que j’entendais depuis le début de cette chasse épouvantable, et, bien qu’elle fût riche de menaces et de dangers pour moi, j’éprouvai du plaisir, parce qu’elle rompait le silence terrible qui m’entourait et me terrifiait. Elle était le signe tangible que mes e
Mais maintenant que l’envoûtement du silence était rompu, les bruits arrivaient, sourds et rapides. Du bateau à la rive, et de la rive au bateau, des questions et des réponses furent échangées, rapidement, avec des chuchotements féroces. Je regardai en arrière, geste fatal s’il en fut, parce que à cet instant quelqu’un aperçut mon visage dont la blancheur tranchait sur l’eau sombre et cria. Des mains se tendirent dans ma direction, et presque aussitôt le bateau repartit et s’élança avec rapidité. Je n’avais que peu de distance à parcourir, mais le bateau approchait de plus en plus rapidement derrière moi. Quelques brasses supplémentaires et j’étais sur la rive. Mais je sentais le bateau arriver, et m’attendais à chaque seconde à ressentir le coup d’une rame ou d’une autre arme sur ma tête. Si je n’avais pas vu cette hache terrible disparaître dans l’eau, je ne crois pas que j’aurais gagné la rive. J’entendis les jurons lancés par les hommes qui ne ramaient pas, et l’essoufflement des rameurs. Après un suprême effort pour sauver ma vie ou ma liberté, je touchai la rive et l’escaladai. Il n’y avait pas une seule seconde à perdre, parce que, immédiatement derrière moi, le bateau abordait, et plusieurs formes sombres sautaient à ma poursuite. J’atteignis le sommet de la digue et, me dirigeant vers la gauche, continuai à courir. Le bateau s’élança et suivit dans la rivière. Je vis ce qui se passait, et craignant un danger dans cette direction, je fis rapidement demi-tour, descendis la digue de l’autre côté; après avoir dépassé une petite étendue marécageuse, je gagnai un endroit sauvage, ouvert et plat, et poursuivis ma course.