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LES SABLES DE CROOKEN [10]

M. Arthur Fernlee Markam, qui loua la villa appelée La Maison Rouge au-dessus du village des Maisons-de-Crooken, était commerçant à Londres et, en véritable cockney, crut nécessaire, avant d’aller passer ses vacances d’été en Écosse, de s’habiller de pied en cap comme un chef de clan écossais tel qu’on en voit sur les gravures en couleurs et sur les scènes de music-hall. Il avait vu un jour, au Théâtre de l’Empire, le Grand Prince – «le Roi des Rastaquouères» faire un malheur en interprétant le rôle du «MacSlogan de MacSlogan» et chantant la célèbre chanson écossaise «Il n’y a rien comme le haggis [11] pour do

Quand la famille Markam arriva à La Maison Rouge – après trente-six heures de ballottement dans le bateau d’Aberdeen, le Ban Righ, venant de Blackwall, après avoir pris subséquemment le train pour Yellon, et accompli la promenade en voiture d’une douzaine de miles -, tous ses membres se mirent d’accord pour dire qu’ils n’avaient jamais vu endroit plus enchanteur. La satisfaction générale était même à son comble parce que, jusqu’alors, aucun membre de la famille n’avait pu, pour diverses raisons, apprécier les choses et les paysages qu’on pouvait voir à l’intérieur de la frontière écossaise. Quoique la famille fût nombreuse, la prospérité des affaires de M. Markam lui permettait un grand luxe de dépenses perso

Arthur Fernlee Markam n’avait pas mis sa famille dans la confidence au sujet de son nouveau costume. Il n’était pas tout à fait certain qu’il serait à l’abri du ridicule, au moins des sarcasmes, et puisqu’il était sensible sur ce sujet, il pensait qu’il valait mieux attendre d’être dans l’enviro

– J’ai pris la liberté de faire tisser une quantité supplémentaire de tissu, au cas où vous-même ou bien l’un de vos amis en aurait besoin.

Markam lui en fut reco

Markam essaya le costume un soir, dans son bureau, après le départ de tous les employés. Il était content, mais un peu effrayé par le résultat. MacCallum avait fait son travail parfaitement, rien n’avait été omis qui pût ajouter à la dignité martiale de celui qui portait le costume.

«Bien sûr, je ne prendrai avec moi l’épée et les pistolets que pour les occasions extraordinaires», se disait Markam en commençant à se déshabiller. Il décida qu’il mettrait le costume pour la première fois en accostant en Écosse, et c’est ainsi que ce matin, alors que le Ban Righ attendait au large du phare de Girdle Ness que la marée entrât dans le port d’Aberdeen, Markam surgit de sa cabine dans toute la splendeur éclatante de son nouveau costume. Le premier commentaire qu’il entendit vint de l’un de ses propres fils qui ne le reco

– Quel drôle de type! Grands dieux! Mais c’est le paternel!

Et le garçon fila tout de suite et tenta de cacher ses rires sous un coussin du salon. Markam avait le pied marin et n’avait pas souffert du tangage du bateau; son visage naturellement rubicond fut encore plus coloré, s’il se peut, par la rougeur – dont il eut conscience – qui monta à ses joues quand il se trouva d’un seul coup le point de mire de tous les regards. Il souhaita de n’avoir pas été si hardi parce qu’il sentait quelque peu le froid sur la partie nue de sa tête, à côté du calot Glengarry si osé, posé d’une façon si brave. Toutefois, c’est avec courage qu’il fit face au groupe d’étrangers. Il ne fut pas trop affecté, tout au moins en apparence, quand quelques-uns de leurs commentaires lui arrivèrent jusqu’aux oreilles:

– Il est complètement marteau! dit un cockney vêtu d’un costume aux carreaux criards.

– On dirait qu’il est couvert de mouches, dit un Yankee grand et maigre, pâle à cause du mal de mer, et qui était en route pour s’installer un certain temps aussi près que possible des grilles du château de Balmoral.

– Heureuse idée! On devrait en remplir nos péninsules! C’est le moment! ajouta un jeune étudiant d’Oxford qui rentrait chez lui à Inverness.

Mais bientôt M. Markam entendit la voix de sa fille aînée:

– Où est-il? Où est-il? et elle arriva, se précipitant sur le pont, son chapeau rabattu derrière elle à cause du vent. (Son visage montrait des signes d’agitation, parce que sa mère venait de lui parler de l’accoutrement de son père; mais quand elle le vit, elle éclata aussitôt d’un rire si violent qu’il en devint hystérique. Quelque chose du même genre se produisit chez chacun des autres enfants. Quand ils eurent tous fini de rire, M. Markam retourna à sa cabine et envoya la bo

– Mes chéris, est-ce que je ne vous do

– En effet, père, répondirent-ils tous d’une voix grave, perso

– Est-ce que je ne vous laisse pas vous habiller comme bon vous semble?

– Oui, père (ceci sur un ton penaud).

– Alors, mes chéris, ne pensez-vous pas qu’il serait plus gentil et plus charitable de votre part de ne pas essayer de me mettre dans une situation inconfortable, même si je porte un habit qui vous paraît ridicule, bien qu’il soit assez ordinaire dans ce pays où nous sommes sur le point de séjourner?