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Quand un peu plus tard elle me ramena dans sa chambre, la Reine morte était vêtue de la robe de fin linon aux broderies d'or; tous ses magnifiques bijoux étaient en place. Des bougies étaient allumées autour d'elle, des fleurs blanches étaient déposées sur sa poitrine.

La main dans la main, nous sommes restés un moment à la contempler. Puis, en poussant un soupir, Margaret la couvrit d'un de ses propres draps d'un blanc de neige. Elle se détourna; et après avoir refermé doucement la porte de la chambre, elle vint avec moi rejoindre les autres qui s'étaient réunis dans la salle à manger. Une fois là, nous avons commencé à parler de ce qui s'était passé, et de ce qui allait suivre.

À mesure que les heures se succédaient, le temps s'écoulait de plus en plus lentement. Les hommes commençaient, sans s'en apercevoir, à somnoler un peu. Je me demandais si dans le cas de Mr. Trelawny et de Mr. Corbeck qui s'étaient déjà trouvés soumis à l'influence hypnotique de la Reine, la même torpeur se manifestait. Le Dr Winchester avait des périodes de distraction qui devenaient de plus en plus longues et fréquentes.

Quant à Margaret, cette incertitude l'affectait énormément, comme il fallait s'y attendre chez une femme. Elle devenait de plus en plus pâle; à tel point qu'aux alentours de minuit, je me pris à être très inquiet pour elle. J'obtins qu'elle m'accompagne dans la bibliothèque, et là, j'essayai de la faire rester allongée un petit moment sur le sofa. Comme Mr. Trelawny avait décidé que l'expérience serait tentée à la septième heure après le coucher du soleil, exactement, ce serait donc aussi près que possible de trois heures du matin. En réservant une heure entière aux derniers préparatifs, nous avions encore deux heures à attendre. Je lui promis de rester près d'elle et de la réveiller à l'heure qu'elle me fixerait; mais elle ne voulut pas entendre parler de repos. Elle me remercia avec gentillesse, et en souriant. Mais elle m'assura qu'elle n'avait pas sommeil, et qu'elle était tout à fait capable de veiller jusque-là; que c'étaient seulement l'indécision et l'énervement de l'attente qui la rendaient pâle. Je fus bien obligé de m'incliner, mais je la tins pendant plus d'une heure dans la bibliothèque à parler de choses et d'autres. Si bien qu'à la fin, quand elle insista pour aller rejoindre son père, j'eus l'impression d'avoir au moins fait quelque chose pour l'aider à passer le temps.

Nous trouvâmes les trois amis attendant patiemment dans la salle à manger, silencieux. Avec un courage bien masculin, ils se contentaient de rester sans rien faire, conscients d'avoir fait jusque-là tout ce qui était en leur pouvoir.

Et ainsi nous attendîmes.

En entendant so

Alors, sous la direction de Margaret, nous transportâmes, de la chambre de cette dernière à la caverne, le corps de la Reine Tera toujours vêtue de sa toilette de mariée.

Étrange spectacle, étrange expérience. Ce groupe d'hommes graves emportant loin des bougies allumées et des fleurs blanches ce corps blanc immobile, qui prit l'aspect d'une statue d'ivoire lorsque, pendant le transport, la robe tomba.

Nous l'étendîmes dans le sarcophage, et nous plaçâmes dans la position convenable sur sa poitrine la main coupée. La Pierre aux Sept Étoiles, que Mr. Trelawny avait extraite du coffre, fut posée sous cette main. Tandis que nous l'arrangions, elle parut flamboyer et étinceler. L'électricité éclairait d'une lumière froide le grand sarcophage préparé pour la tentative finale – La Grande Expérience, aboutissement des recherches de deux savants voyageurs poursuivies pendant toute une existence. De nouveau, la ressemblance frappante entre Margaret et la momie, accentuée par l'extraordinaire pâleur de la première, conférait à l'ensemble une étrangeté supplémentaire.

Quand finalement tout fut en état, trois quarts d'heure s'étaient écoulés car nous ne faisions rien à la hâte. Sur un signe de Margaret, je la suivis dans sa chambre. Là, elle fit une chose qui m'émut curieusement, et me fit sentir le caractère désespéré de l'entreprise dans laquelle nous étions engagés. Une par une, elle éteignit soigneusement les bougies et les remit à leur place habituelle. Quand elle eut terminé, elle me dit:

– Elles ont joué leur rôle. Quoi qu'il arrive désormais – la Vie ou la Mort -, il n'y aura plus aucune raison de s'en servir!

Nous mîmes en place nos masques, et allâmes occuper les places qui nous avaient été assignées. Je devais me tenir à côté des interrupteurs électriques, prêt à éteindre ou à do

Mr. Trelawny et Mr. Corbeck devaient veiller à ce que les lampes soient allumées et ensuite prendre leur place, le premier au pied, le second à la tête du sarcophage.

Quand les aiguilles de la pendule furent tout près de l'heure juste, ils se tinrent prêts avec leur queue-de-rat allumée, comme les artilleurs de l'ancien temps avec leur boutefeu.

Pendant les quelques dernières minutes, le temps s'écoula avec une lenteur torturante. Mr. Trelawny était debout, la montre à la main, prêt à do

L'heure approchait avec une inconcevable lenteur; mais vint enfin ce bruit d'engrenages a

Les mèches des lampes s'enflammèrent, je coupai l'électricité. Dans la demi-clarté des lampes qui s'efforçaient de prendre, après la grande lumière de l'électricité, la pièce et tout ce qu'elle contenait prirent une forme étrange, tout parut changer en un instant. Nous attendions, le cœur battant.

Les secondes passaient avec une pesante lenteur. On aurait dit que le monde s'immobilisait. Les silhouettes des autres n'apparaissaient qu'indistinctement; seule la robe blanche de Margaret se distinguait nettement dans la pénombre. Les masques volumineux, que nous portions tous, accentuaient l'atmosphère étrange. Les yeux des deux hommes penchés sur le Coffre paraissaient luire dans le peu de lumière qu'il y avait. De l'autre côté de la pièce, les yeux du Dr Winchester étincelaient comme des étoiles, ceux de Margaret brillaient comme des soleils noirs.

Et si les lampes ne s'allumaient jamais!

Il fallut à peine quelques secondes pour qu'elles s'éclairent. Une lueur lente à s'établir, régulière, devenant de plus en plus vive, et changeant de couleur, allant du bleu au blanc vif. Cela dura ainsi environ deux minutes, sans changement notable dans le Coffre. Finalement, une lueur délicate commença à apparaître sur toute sa surface. Elle grandit, grandit, jusqu'à ce que le Coffre pre

Tout d'un coup, il y eut un bruit ressemblant à une petite explosion étouffée, et le couvercle du Coffre se souleva horizontalement de quelques centimètres; il n'y avait pas à s'y tromper, car toute la caverne était à présent inondée de lumière. Alors le couvercle, en restant fixe d'un côté, se souleva lentement de l'autre, comme s'il avait cédé à une pression. Je ne pouvais pas voir ce qu'il y avait à l'intérieur, car le couvercle soulevé m'en empêchait. Le Coffre continuait à briller; il commença à s'en échapper une vague vapeur verdâtre qui se mit à flotter dans la direction du sarcophage comme si elle avait été poussée ou attirée de ce côté. Je ne pouvais sentir nettement l'odeur qui se dégageait à cause de mon masque, mais, même au travers, il me semblait percevoir une odeur étrange et caustique. Au bout de quelques secondes, la vapeur parut s'épaissir et commença à pénétrer directement dans le sarcophage ouvert. Il était à présent évident que le corps momifié exerçait sur elle une certaine attraction; et également que cette vapeur avait un effet sur le corps, car le sarcophage s'illuminait lentement, comme si le corps avait commencé à devenir incandescent. De là où je me trouvais, je ne pouvais voir à l'intérieur, mais d'après l'expression de physionomie des quatre perso

J'aurais voulu courir pour jeter moi-même un coup d'œil; mais je me souvenais de l'avertissement sole

Tout d'un coup, les visages attentifs qui entouraient le sarcophage se penchèrent en avant. L'expression d'éto

Quant à mes yeux, ils étaient presque aveuglés par cette terrible lumière paralysante, si bien que je ne pouvais guère me fier à leur témoignage. Je vis quelque chose de blanc s'élever hors du sarcophage ouvert. Quelque chose qui apparaissait à mes yeux torturés comme un brouillard blanc, léger et transparent. Au cœur de ce brouillard, plus épais et opaque comme une opale, se trouvait quelque chose qui ressemblait à une main tenant une pierre précieuse étincelante lançant toutes sortes de feux. Lorsque la lueur aveugle du Coffre rencontra cette nouvelle lumière vivante, la vapeur verte qui flottait entre elles deux prit l'aspect d'une cascade de points brillants – un miracle de lumière!

Mais, à ce moment précis, intervint un changement. La tempête violente, qui faisait battre les volets des étroites ouvertures, prit le dessus. Avec le bruit d'un coup de pistolet, l'un des lourds volets rompit son attache et fut renvoyé contre le mur, en pivotant sur ses gonds. Un coup de vent violent entra dans la pièce, soufflant et faisant dévier çà et là les flammes des lampes, entraînant la vapeur verte dans une autre direction.