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Chapitre X LA VALLÉE DELA SORCIÈRE
Je posai le livre sur la petite table où se trouvait la lampe et je déplaçai l'abat-jour d'un côté. Rien que par son aspect, ce livre méritait une attention spéciale. C'était un in-folio imprimé en hollandais, à Amsterdam, en 1650. Quelqu'un avait fait entre les lignes une traduction littérale, mot à mot, mais les différences grammaticales entre les deux langues avaient rendu cette traduction difficile.
Au début, les circonstances dans lesquelles on se trouvait dans cette chambre, la crainte de voir revenir Miss Trelawny à l'improviste et d'être découvert par elle en train de lire cet ouvrage, me dérangèrent quelque peu. Mais quand je me fus rappelé qu'elle ne prenait la garde qu'à partir de deux heures, je n'eus plus peur d'être dérangé. J'avais encore devant moi près de trois heures.
L'auteur de ce livre était un certain Nicholas van Huyn d'Hoorn. Il racontait dans la préface comment, attiré par l'œuvre de John Greaves du Merton College, Pyramidographia, il avait lui-même visité l’Égypte; il prit un tel intérêt à ses merveilles qu'il consacra quelques a
Dès que j'eus commencé ma lecture, cependant, j'eus l'impression d'une influence perturbatrice qui s'aggravait peu à peu. Une fois ou deux, je levai les yeux pour voir si l'infirmière n'avait pas bougé, car il me semblait sentir une présence toute proche. La Nurse Ke
La suite du récit montre l'explorateur, ayant passé plusieurs jours dans les montagnes à l'ouest d'Assouan, arrivant en un certain endroit. À partir d'ici, je cite son texte:
«Vers le soir nous sommes arrivés à l'entrée d'une vallée étroite et profonde, orientée de l'est à l'ouest. Je désirais la traverser d'un bout à l'autre; car le soleil, arrivé déjà presque à l'horizon, faisait apparaître une large ouverture au-delà de l'endroit où les parois de la vallée se resserraient. Mais les fellahs refusèrent absolument d'entrer dans la vallée à pareille heure, prétextant qu'ils pourraient être surpris par la nuit avant d'avoir pu en sortir de l'autre côté. Tout d'abord, ils ne voulaient do
» Quand je revins dans la vallée avec ces Bédouins, je fis des efforts pour escalader le roc, mais, sans succès, car il était vraiment trop lisse. La pierre, plate et naturellement sans aspérité avait été complètement ciselée. Il était évident qu'on avait projeté d'y faire des marches, car subsistaient, restées intactes grâce au climat prodigieux de cet étrange pays, des traces de scie, de ciseau et de maillet là où des marches avaient été taillées ou brisées.
» Devant l'impossibilité d'atteindre le tombeau en venant du bas, et n'ayant pas d'échelles pour monter, je trouvai un chemin très détourné pour arriver au sommet de la falaise. Une fois là je me fis descendre au moyen de cordes, jusqu'à ce que j'aie exploré la partie de la surface rocheuse où je m'attendais à repérer l'ouverture. Je trouvai qu'il existait une ouverture, fermée cependant par une grande dalle de pierre. Elle avait été taillée à plus de cent pieds de haut, c'est-à-dire aux deux tiers de la hauteur de la paroi. Les hiéroglyphes et les symboles cabalistiques avaient été disposés de manière à la dissimuler. La gravure était profonde, et se continuait à travers le roc, autour de l'entrée, et sur la grande dalle qui constituait la porte elle-même. Cette dalle était ajustée avec une précision si incroyable qu'aucun ciseau de carrier ni aucun des instruments de coupe dont j'étais muni ne pouvait s'insérer dans les interstices. Cependant, j'utilisai la force, et grâce à bien des coups énergiques je réussis à pénétrer dans le tombeau, car je découvris que c'en était bien un. La porte de pierre avait basculé dans l'entrée, je passai dessus pour entrer et je notai au passage la présence d'une longue chaîne de fer fixée à une attache tout près de la porte.
» Je découvris que le tombeau était complet, d'après le style des plus belles sépultures égyptie
» Les murs de la chambre et du passage étaient entièrement gravés d'inscriptions étranges ayant la forme insolite dont nous avons parlé. L'énorme coffre de pierre ou sarcophage placé dans la profondeur de la fosse était sur toute sa surface, merveilleusement gravé de signes. Le chef arabe et les deux autres qui s'aventurèrent avec moi dans le tombeau, et qui étaient évidemment habitués à ces étranges explorations, réussirent à ôter le couvercle du sarcophage sans le briser. Je regrettai énormément qu'il ne soit pas possible de l'emporter. Mais le temps dont nous disposions et les nécessités d'un voyage à travers le désert nous l'interdisaient. Je ne pus prendre avec moi que ce qui pouvait être transporté par une seule perso
» À l'intérieur du sarcophage se trouvait un corps, manifestement celui d'une femme, emmailloté dans de nombreuses bandelettes de toile, comme il est d'usage pour toutes les momies. D'après certaines broderies dont elles étaient ornées, je compris que cette femme était d'un rang élevé. En travers de la poitrine se trouvait une main, qui n'était pas entourée de bandelettes. Chez les momies que j'avais vues, les bras et les mains se trouvaient à l'intérieur des bandelettes, et certains ornements de bois, faço