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Chapitre VIII LA DÉCOUVERTE DES LAMPES
Le sergent Daw commença par faire quelques difficultés, mais il finit par accepter de do
– Pensez-vous qu'en dehors de vous, quelqu'un pourrait identifier vos lampes? demanda Daw.
– Perso
– Les autres sont-elles semblables?
– Pas que je sache, répondit Mr. Corbeck, bien qu'il puisse y avoir d'autres qui leur ressemblent à bien des égards.
Le détective marqua un temps avant de demander encore:
– Est-ce qu'une autre perso
– Certainement! Quiconque a la tête sur les épaules verrait au premier coup d'œil que ces objets ont de la valeur.
Le visage du détective s'éclaira.
– Alors, il y a une chance. Si votre porte était verrouillée et votre fenêtre fermée, ces objets n'ont pas été volés par une femme de chambre ou un garçon d'étage venant à passer par là. Celui qui a fait le coup, quel qu'il soit, est venu spécialement; et il ne va pas se séparer de son butin sans en tirer le prix qu'il vaut. C'est un cas où il faudrait aviser les prêteurs sur gages. Il y a quelque chose de bon, en tout cas, c'est qu'il n'est pas nécessaire de le crier sur les toits. Nous n'avons pas besoin d'aviser Scotland Yard sauf si vous le souhaitez; nous pouvons mener l'affaire en privé. Si vous désirez que la chose ne se sache pas, comme vous me l'avez dit tout d'abord, c'est notre chance.
Après un temps, Mr. Corbeck dit avec calme:
– Je suppose que vous ne pourriez pas risquer une suggestion sur la façon dont le vol a été fait?
Le policier eut un sourire exprimant le savoir et l'expérience.
– D'une manière très simple, je n'en doute pas, monsieur. C'est ainsi que tournent à la longue tous ces crimes mystérieux. Le criminel co
Cette déclaration parut e
– Écoutez-moi, mon bon ami, il n'y a rien de simple dans cette affaire – sauf le fait que ces objets ont été dérobés. La fenêtre était fermée; le foyer était fermé par des briques. Il n'y a qu'une porte à cette chambre, elle était fermée à clef et verrouillée. Il n'y a pas d'imposte; j'ai entendu souvent parler de vols dans les hôtels à travers une imposte. Je n'ai jamais quitté ma chambre pendant la nuit. Avant de me coucher, j'ai vérifié la présence des objets; et j'ai été de nouveau les voir à mon réveil. Si à partir de ces do
Miss Trelawny, dans une attitude d'apaisement, lui posa la main sur le bras et dit avec calme:
– Ne vous affolez pas sans nécessité. Je suis sûre que ces objets reviendront.
Le sergent Daw se tourna vers elle si rapidement que je ne pus m'empêcher de me rappeler les soupçons qu'il avait déjà conçus à son sujet, tandis qu'il disait:
– Puis-je vous demander, mademoiselle, sur quoi vous fondez cette opinion?
J'avais peur d'entendre sa réponse, proférée devant des oreilles déjà éveillées à la méfiance; mais elle me causa tout de même une nouvelle douleur ou un nouveau choc:
– Je ne peux pas vous le dire pour le moment. Mais j'en suis sûre.
Le détective l'examina pendant quelques secondes sans rien dire, puis me lança un regard rapide.
Ensuite il eut encore un entretien avec Mr. Corbeck pour co
Pendant toute cette journée, Miss Trelawny fut de meilleure humeur et parut plus forte qu'elle n'avait jamais été, en dépit du nouveau choc et des e
Nous avons consacré la plus grande partie de la journée à passer en revue les trésors de Mr. Trelawny. D'après ce que j'entendis dire par Mr. Corbeck, je commençai à me faire quelque idée de l'étendue de son entreprise dans le domaine de la recherche égyptologue. Et, grâce à ces éclaircissements, tout ce qui m'entourait commençait à présenter un intérêt nouveau. Plus j'allais, plus mon intérêt s'accroissait; tous les doutes qui pouvaient subsister en moi s'étaient changés en émerveillement et en admiration. La maison semblait être un véritable magasin de merveilles d'art antique. En dehors des curiosités, grandes et petites, qui se trouvaient dans la chambre de Mr. Trelawny – depuis les grands sarcophages jusqu'aux scarabées de toutes sortes qui se trouvaient dans les cabinets – le grand vestibule, les paliers de l'escalier, le bureau et même le boudoir, étaient pleins d'antiquités qui auraient fait venir l'eau à la bouche d'un collectio
Miss Trelawny m'accompagna dès le début et regarda tout avec un intérêt croissant. Après avoir examiné quelques cabinets pleins d'amulettes exquises, elle me dit avec une parfaite naïveté:
– Vous le croirez difficilement, mais jusqu'à ces derniers temps je n'avais pour ainsi dire jamais regardé ces objets. Ce n'est que depuis que mon père est malade qu'il m'a semblé éprouver une certaine curiosité pour eux. Mais à présent, cet intérêt ne cesse de croître. Je me demande si ce n'est pas le sang de collectio
C'était une joie de l'entendre parler ainsi; et sa dernière suggestion m'enthousiasma. Nous avons fait ensemble le tour des différentes pièces et des couloirs, en examinant, en admirant les magnifiques curiosités. Il y avait une telle accumulation déroutante, une telle vérité d'objets que nous ne pouvions accorder à la plupart qu'un rapide coup d'œil; mais à mesure que nous avancions dans notre visite, nous nous décidâmes de les examiner un par un, de plus près, jour après jour. Dans le vestibule se trouvait une sorte de grande charpente d'acier ornementé qui, d'après Margaret, était employée par son père pour soulever les lourds couvercles de pierre des sarcophages. Cet appareil n'était pas lourd et pouvait être déplacé assez facilement. Grâce à lui, son père pouvait soulever les couvercles à sa guise et examiner les longues suites d'hiéroglyphes qui se trouvaient gravés sur certains. Bien que se déclarant ignorante, Margaret co
Les sarcophages les plus intéressants étaient sans aucun doute les trois qui se trouvaient dans la chambre de Mr. Trelawny. Deux d'entre eux étaient faits d'une pierre de couleur sombre, l'un de porphyre, l'autre d'une sorte de minerai de fer ou d'hématite. Ils étaient gravés d'hiéroglyphes. Mais le troisième en différait d'une manière frappante. Il était fait dans une substance d'un jaune brun faisant penser à de l'onyx du Mexique; elle lui ressemblait à bien des égards, sauf que ses dessins étaient moins accentués. Çà et là se présentaient des surfaces presque transparentes – d'autres translucides à coup sûr. Le coffre tout entier, couvercle compris, était gravé de centaines peut-être de milliers d'hiéroglyphes minuscules, qui semblaient constituer des séries sans fin. Le dos, le devant, les côtés, les bords, le fond, avaient tous leur part de ces images délicates, tracées en bleu foncé, couleur qui tranchait sur la pierre jaune. Il était très long, près de trois mètres, sur peut-être un mètre de large. Les côtés étaient ondulés, si bien qu'il n'y avait pas de ligne brutale. Les coins eux-mêmes affectaient des courbes agréables à l'œil.
Ce sarcophage était placé près d'une fenêtre. Il était à un certain point de vue différent de tous les autres existant dans la maison. Tous ceux-là, quelle que fût la matière dont ils étaient faits – granit, porphyre, hématite, basalte, ardoise, ou bois – avaient à l'intérieur une forme très simple. Certains avaient une surface intérieure complètement lisse; d'autres étaient gravés, dans leur totalité ou partiellement, d'hiéroglyphes. Mais tous, autant qu'ils étaient, ne comportaient aucune protubérance ni aucune surface irrégulière. On aurait pu les utiliser comme baignoires; à dire vrai, ils ressemblaient à bien des égards aux bains romains de pierre ou de marbre que j'avais vus. Cependant, à l'intérieur de celui-ci, il y avait une surface en relief, affectant le contour d'un corps humain. Je demandai à Margaret si elle pouvait do