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Les jeunes filles qui marchaient les premières s'arrêtèrent effrayées, mais, au regard et au geste d'un évêque, elles reprirent leur marche en silence, les moines ne cessaient de marcher les mains jointes et sans lever les yeux. Les cantiques recommencèrent. Dans un long intervalle entre les chants, Paul de Larisse voyant que les enfants étaient déjà loin, à la suite du corps, s'écria d'une voix claire, distincte, au moment où venaient les hommes d'Antioche:

"Julien, le grand Julien est mort pour nous. C'est lui qu'il faut pleurer!»

Ceux-là passèrent encore après l'avoir considéré attentivement, mais avec indifférence, et passèrent en parlant entre eux.

Paul leur cria:

"Allez adorer Sérapis et Jésus, et ce soir vos danseurs!»

A ce mot ils murmurèrent, mais ils passèrent, haussant les épaules, et quelques-uns rirent avec de grands éclats. Ces hommes d'Antioche marchaient avec mollesse, et plusieurs d'entre eux conduisaient leurs soeurs adoptives pompeusement parées et chargées d'ornements païens et chrétiens, portant dans leurs cheveux la croix d'or et la gerbe d'or de Cérès-Dêo, indifféremment mêlées.

Vinrent après eux les Barbares nouvellement chrétiens, attroupés en grand nombre. Ceux-là tenaient élevée une lourde et grande croix de bois qu'ils venaient baiser tour à tour en marchant, et s'arrachaient les reliques de saint Babylas, en se partageant son manteau. Une animation extraordinaire brillait dans leurs yeux; ils versaient de véritables larmes et se frappaient la poitrine avec violence en déplorant à haute voix la passion de Jésus comme si elle était d'hier, et célébrant en paroles confuses le martyre de Babylas qu'ils nommaient une Passion secondaire, une Rédemption diminuée; ils obéissaient, en poussant de grands élans de piété, à un moine de petite taille, caché et comme enseveli au milieu d'eux, et répétaient à grands cris ses paroles. Leurs figures étaient stupides et féroces; leurs yeux à demi fermés, relevés et comme endormis et alourdis par un sourire imbécile, regardaient cependant de toutes parts comme pour chercher des e

"Apollon Conducteur, Apollon, tu les amènes pour moi!»

Puis il ouvrit sa tunique blanche, s'avança au grand jour, découvrit sa poitrine à la lumière du soleil et, debout sur la plus haute des marches du temple, il leur dit:

"Vous voilà donc enfin, je vous trouve donc, ô vous les vrais Chrétiens, vous les plus ignorants, les plus grossiers des hommes et les plus aveugles, vous les Barbares! Réjouissez-vous donc, car le plus pieux des Empereurs, le plus religieux des hommes, Julien est mort!»

D'abord ces hommes ne le comprirent pas et pensèrent qu'il se réjouissait comme eux de la fin de l'Empereur. Pourtant, son air de mépris attirant leur attention, ils s'arrêtèrent et se demandèrent entre eux ce qu'il disait. Il ne les laissa pas attendre et reprit tout à coup:

"Venez, maîtres futurs de la terre, qui lui apportez les ténèbres, la nuit et la tristesse; vous qui êtes voués au culte de la Mort et qui portez pour étendard un gibet, que vous prenez pour un flambeau; vous, les vrais croyants, qui ne doutez pas de ce qui vous est enseigné et qui adorez sans comprendre rien; vous qui ne cherchez pas comme les Grecs une pensée sous un symbole et qui me regardez avec vos yeux à demi ouverts sans me comprendre encore! Venez et soyez glorieux: vous êtes vainqueurs, comme votre Galiléen l'est aujourd'hui, parce qu'il s'était proportio

Les Barbares étaient restés glacés d'éto

Comme la plupart de ces Barbares sont des Isaures et des Huns, venus avec leurs familles traînées et amassées dans des chariots, il m'a été facile, parlant leur langue, de m'attirer leur confiance en leur distribuant sur-le-champ quatre talents d'or. J'ai divisé chaque talent d'or en cinquante mines et chaque mine en soixante sicles et même chaque sicle en deux békas, pour les accoutumer à notre mo

C'est une femme debout, nue jusqu'à la ceinture, écrivant sur des tablettes, et qui réunit en elle toutes les beautés de la forme humaine. Les deux bras et les tablettes venaient d'être brisés. Les Pénates d'or et d'argent, je les ai transportés, la nuit, à Antioche et je les ai montrés en secret à des envoyés du Roi de Perse Sapor qui s'avance en suivant de près la retraite désespérée de Jovien. Ils m'offrent un marché sur lequel je gagnerais environ vingt talents d'or, c'est-à-dire 3 420 000 békas. Cela pourrait reconstruire une bo

Ainsi, grâce à notre persévérance, notre sainte nation creuse sous les pieds de toutes les nations de la terre une mine remplie d'or où elles s'enseveliront, deviendront nos esclaves avilies et reco