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IV. Histoire d'une puce enragée
C'était à Trianon; mademoiselle de Coulanges était couchée, après dîner, sur un sofa de tapisseries, la tête du côté de la cheminée et les pieds du côté de la fenêtre; et le roi Louis XV était couché sur un autre sofa précisément en face d'elle, les pieds du côté de la cheminée, et tournant le dos à la fenêtre; tous deux en grande toilette des pieds à la tête; lui en talons rouges et bas de soie, elle en souliers à talons et bas brodés en or; lui en habit de velours bleu de ciel, elle en paniers sous une robe damassée rose; lui poudré et frisé, elle frisée et poudrée, lui tenant un livre à la main et dormant, elle tenant un livre et bâillant.
(Ici Stello fut honteux d'être couché sur son canapé, et se tint assis.)
Le soleil entrait de toutes parts dans la chambre, car il n'était que trois heures de l'après-midi, et ses larges rayons étaient bleus, parce qu'ils traversaient de grands rideaux de soie de cette couleur. Il y avait quatre fenêtres très hautes et quatre rayons très longs; chacun de ces rayons formait comme une échelle de Jacob dans laquelle tourbillo
Mademoiselle de Coulanges était la plus jolie, la plus faible, la plus tendre et la moins co
– Eh! ma belle, cela n'est pas douteux: il est si bon!
– Et moi, comment pourrais-je me pardo
– Quel résultat de l'éducation que je reçus à Saint-Cyr!
– Toutes vos compagnes ont fait de beaux mariages, ma chère amie. – Ah! ma pauvre mère en mourra! – Elle veut être Marquise, elle sera Duchesse avec le tabouret. – Ah! Sire, que vous êtes généreux! Mais le ciel! – Il n'a jamais fait si beau que ce matin depuis le Ier de juin."
Voilà qui eût été insupportable. Mais avec mademoiselle de Coulanges, rien de semblable: douceur parfaite… c'était la plus naïve et la plus i
En se moments de repos ou de langueur, mademoiselle de Coulanges avait des yeux d'une douceur incomparable! Ils étaient tous les deux aussi beaux l'un que l'autre, quoi qu'en ait dit M. l'abbé de Voisenon dans des Mémoires inédits venus à ma co
Les deux jolis yeux étaient ouverts tous deux, puis se fermaient longtemps sur le livre (c'était les Mariages samnites de Marmontel, livre traduit dans toutes les langues, comme l'assure l'auteur). Les deux beaux yeux se fermaient donc fort longtemps de suite, et puis se rouvraient languissamment en se portant sur la douce lumière bleue de la chambre; les paupières étaient légèrement gonflées et plus légèrement teintes de rose, soit sommeil, soit fatigue d'avoir lu au moins trois pages de suite; car, de larmes, on sait que mademoiselle de Coulanges n'en versa qu'une dans sa vie, ce fut quand sa chatte Zulmé reçut un coup de pied de ce brutal M. Dorat de Cubières, vrai dragon s'il en fut, qui ne mettait jamais de mouches sur ses joues, tant il était soldatesque, et frappait tous les meubles avec son épée d'acier, au lieu de porter une excuse à lame de baleine.