Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 4 из 10

Lorsque Tomski demanda à sa grand-mère la permission de lui présenter un de ses amis, le cœur de la pauvre fille battit bien fort, et, lorsqu’elle sut que Naroumof était dans les gardes à cheval, elle se repentit cruellement d’avoir compromis son secret en le livrant à un étourdi.

Herma

L’anecdote des trois cartes du comte de Saint-Germain avait fortement frappé son imagination, et toute la nuit il ne fit qu’y penser. «Si pourtant, se disait-il le lendemain soir, en se promenant dans les rues de Pétersbourg, si la vieille comtesse me confiait son secret? Si elle voulait seulement me dire trois cartes gagnantes!… Il faut que je me fasse présenter, que je gagne sa confiance, que je lui fasse la cour… Oui! Elle a quatre-vingt-sept ans! Elle peut mourir cette semaine, demain peut-être… D’ailleurs, cette histoire… Y a-t-il un mot de vrai là-dedans? Non; l’économie, la tempérance, le travail, voilà mes trois cartes gagnantes! C’est avec elles que je doublerai, que je décuplerai mon capital. Ce sont elles qui m’assureront l’indépendance et le bien-être.»

Rêvant de la sorte, il se trouva dans une des grandes rues de Pétersbourg, devant une maison d’assez vieille architecture. La rue était encombrée de voitures, défilant une à une devant une façade splendidement illuminée. Il voyait sortir de chaque portière ouverte tantôt le petit pied d’une jeune femme, tantôt la botte à l’écuyère d’un général, cette fois un bas à jour, cette autre un soulier diplomatique.

Pelisses et manteaux passaient en procession devant un suisse gigantesque; Herma

«À qui est cette maison? demanda-t-il à un garde de nuit (boudoutchnik) rencogné dans sa guérite.

– À la comtesse ***.» C’était la grand-mère de Tomski. Herma