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Les mouvements de ses yeux, par exemple, lui do

La science n’est donc rien ici! se disait-il avec dépit; les progrès dans le dogme, dans l’histoire sacrée, etc., ne comptent qu’en apparence. Tout ce qu’on dit à ce sujet est destiné à faire tomber dans le piège les fous tels que moi. Hélas! mon seul mérite consistait dans mes progrès rapides, dans ma façon de saisir ces balivernes. Est-ce qu’au fond ils les estimeraient à leur vraie valeur? les jugent-ils comme moi? Et j’avais la sottise d’en être fier! Ces premières places que j’obtiens toujours n’ont servi qu’à me do

Du moment que Julien fut détrompé, les longs exercices de piété ascétique, tels que le chapelet cinq fois la semaine, les cantiques au Sacré-Cœur, etc., etc., qui lui semblaient si mortellement e

Le lecteur, qui sourit peut-être, daignerait-il se souvenir de toutes les fautes que fit, en mangeant un œuf, l’abbé Delille invité à déjeuner chez une grande dame de la cour de Louis XVI.

Julien chercha d’abord à arriver au non culpa, c’est l’état du jeune séminariste dont la démarche, dont la façon de mouvoir les bras, les yeux, etc., n’indiquent à la vérité rien de mondain, mais ne montrent pas encore l’être absorbé par l’idée de l’autre vie et le pur néant de celle-ci.

Sans cesse Julien trouvait écrites au charbon, sur les murs des corridors, des phrases telles que celle-ci: qu’est-ce que soixante ans d’épreuves, mis en balance avec une éternité de délices ou une éternité d’huile bouillante en enfer? Il ne les méprisa plus; il comprit qu’il fallait les avoir sans cesse devant les yeux. Que ferai-je toute ma vie? se disait-il; je vendrai aux fidèles une place dans le ciel. Comment cette place leur sera-t-elle rendue visible? par la différence de mon extérieur et de celui d’un laïc.

Après plusieurs mois d’application de tous les instants, Julien avait encore l’air de penser. Sa façon de remuer les yeux et de porter la bouche n’a

Que de peine ne se do

Les jours de grande fête, on do

Hélas! l’ignorance de ces jeunes paysans, mes camarades, est pour eux un avantage immense, s’écriait Julien dans ses moments de découragement. À leur arrivée au séminaire, le professeur n’a point à les délivrer de ce nombre effroyable d’idées mondaines que j’y apporte, et qu’ils lisent sur ma figure, quoi que je fasse.

Julien étudiait, avec une attention voisine de l’envie, les plus grossiers des petits paysans qui arrivaient au séminaire. Au moment où on les dépouillait de leur veste de ratine pour leur faire endosser la robe noire, leur éducation se bornait à un respect immense et sans bornes pour l’argent sec et liquide, comme on dit en Franche-Comté.

C’est la manière sacramentelle et héroïque d’exprimer l’idée sublime d’argent comptant.

Le bonheur, pour ces séminaristes comme pour les héros des romans de Voltaire, consiste surtout à bien dîner. Julien découvrait chez presque tous un respect i

C’est le mot des vallées du Jura, pour exprimer un homme riche. Qu’on juge de leur respect pour l’être le plus riche de tous: le gouvernement!

Ne pas sourire avec respect au seul nom de M. le préfet passe, aux yeux des paysans de la Franche-Comté, pour une imprudence: or, l’imprudence, chez le pauvre est rapidement punie par le manque de pain.

Après avoir été comme suffoqué dans les premiers temps par le sentiment du mépris, Julien finit par éprouver de la pitié: il était arrivé souvent aux pères de la plupart de ses camarades de rentrer le soir dans l’hiver à leur chaumière, et de n’y trouver ni pain, ni châtaignes, ni pommes de terre. Qu’y a-t-il donc d’éto

Il arriva à Julien d’entendre un jeune séminariste, doué d’imagination, dire à son compagnon:

– Pourquoi ne deviendrais-je pas pape comme Sixte Quint, qui gardait les pourceaux?

– On ne fait pape que des Italiens, répondit l’ami; mais pour sûr on tirera au sort parmi nous pour des places de grands vicaires, de chanoines, et peut-être d’évêques. M. P…, évêque de Châlons, est fils d’un to

Un jour, au milieu d’une leçon de dogme, l’abbé Pirard fit appeler Julien. Le pauvre jeune homme fut ravi de sortir de l’atmosphère physique et morale au milieu de laquelle il était plongé.

Julien trouva chez M. le directeur l’accueil qui l’avait tant effrayé le jour de son entrée au séminaire.

– Expliquez-moi ce qui est écrit sur cette carte à jouer, lui dit-il en le regardant de façon à le faire rentrer sous terre.

Julien lut:

«Amanda Binet, au café de la Girafe, avant huit heures. Dire que l’on est de Genlis, et le cousin de ma mère.»

Julien vit l’immensité du danger; la police de l’abbé Castanède lui avait volé cette adresse.

– Le jour où j’entrai ici, répondit-il en regardant le front de l’abbé Pirard, car il ne pouvait supporter son œil terrible, j’étais tremblant: M. Chélan m’avait dit que c’était un lieu plein de délations et de méchancetés de tous les genres; l’espio

– Et c’est à moi que vous faites des phrases, dit l’abbé Pirard furieux. Petit coquin!

– À Verrières, reprit froidement Julien, mes frères me battaient lorsqu’il avaient sujet d’être jaloux de moi…

– Au fait! au fait! s’écria M. Pirard, presque hors de lui.

Sans être le moins du monde intimidé, Julien reprit sa narration.

– Le jour de mon arrivée à Besançon, vers midi, j’avais faim, j’entrai dans un café. Mon cœur était rempli de répugnance pour un lieu si profane; mais je pensai que mon déjeuner me coûterait moins cher là qu’à l’auberge. Une dame, qui paraissait la maîtresse de la boutique, eut pitié de mon air novice. Besançon est rempli de mauvais sujets, me dit-elle, je crains pour vous, Monsieur. S’il vous arrivait quelque mauvaise affaire, ayez recours à moi, envoyez chez moi avant huit heures. Si les portiers du séminaire refusent de faire votre commission, dites que vous êtes mon cousin, et natif de Genlis…

– Tout ce bavardage va être vérifié, s’écria l’abbé Pirard, qui, ne pouvant rester en place, se promenait dans la chambre.

Qu’on se rende dans sa cellule!

L’abbé suivit Julien et l’enferma à clef. Celui-ci se mit aussitôt à visiter sa malle, au fond de laquelle la fatale carte était précieusement cachée. Rien ne manquait dans la malle, mais il y avait plusieurs dérangements; cependant la clef ne le quittait jamais. Quel bonheur, se dit Julien, que pendant le temps de mon aveuglement, je n’aie jamais accepté la permission de sortir, que M. Castanède m’offrait si souvent avec une bonté que je comprends maintenant. Peut-être j’aurais eu la faiblesse de changer d’habits et d’aller voir la belle Amanda, je me serais perdu. Quand on a désespéré de tirer parti du renseignement de cette manière, pour ne pas le perdre, on en fait une dénonciation.

Deux heures après, le directeur le fit appeler.

– Vous n’avez pas menti, lui dit-il avec un regard moins sévère; mais garder une telle adresse est une imprudence dont vous ne pouvez concevoir la gravité. Malheureux enfant! dans dix ans, peut-être, elle vous portera dommage.