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XV

27juinet (plus tard).

La bo

– Bonjour, apprenti, dit Jacquemort.

L'apprenti murmura bonjour en se gardant la gueule du coin du bras, car c'était la joviale coutume des visiteurs que de lui en assener un au passage: cet apprenti tapait sur la ferraille et il était juste qu'il encaissât en retour.

– Ton patron n'est pas là, dit positivement Jacquemort.

– Pas là, contrôla le jeune.

– Eh bien! alors je m'en vais, dit Jacquemort.

Il sortit et prit à gauche, tourna la maison, entra dans la cour, monta l'escalier de bois contre la maison, et se trouva dans un vague couloir de planches brutes. A droite, sous la pente du toit, c'était la chambre de Nëzrouge. Devant, il y avait une haute porte, et c'est là que logeait le patron. A gauche, le mur marquait un retour de la chambre du patron qui tenait les trois quarts de l'étage et se trouvait, par la cloison de droite, contiguë à la chambre de Nëzrouge, disposition simple mais pratique.

Jacquemort entra sans frapper. La fille, assise sur son lit, lisait un journal de sept ans plus tôt. Les nouvelles mettaient longtemps à parvenir au village.

– Alors, dit le psychiatre, on se cultive?

Il affectait un air bon enfant aussi naturel que des guêtres sur une pompe à purin.

– J'ai bien l' droit d' lire, dit Nëzrouge agressive.

Que ces paysans sont difficiles à manier, pensa Jacquemort.

La chambre de Nëzrouge présentait peu de confort. Il y avait le plancher lessivé, les murs nus chaulés et les poutres du toit, elles-mêmes croisillo

Cette simplicité monacale titillait en Jacquemort l'athée lubrique épris de chair brute qu'il aurait pu être en y réfléchissant bien.

Il alla s'asseoir près d'elle sur le lit de fer qui grinça… Pas d'autre endroit.

– Qu'est-ce que tu as fait de beau depuis la dernière fois? demanda-t-il.

– Ben rien, dit-elle.

Elle continuait à lire, termina sa page, et replia son journal qu'elle mit sous l'oreiller.

– Déshabille-toi et étends-toi sur ce lit, dit Jacquemort.

– Ah! zut, dit la fille, et si mon patron rentre, il faudra que je me rhabille pour faire la soupe.

– Pas à cette heure-ci, dit Jacquemort. Et puis ton patron n'est pas là, il est chez la couturière.

– Alors, il va sûrement rentrer après, dit-elle. Réfléchissant, elle ajouta:

– Mais on sera tranquilles.

– Pourquoi? interrogea Jacquemort.

– Toujours, quand il revient de là, dit la fille. Mais pourquoi voulez-vous donc que je me déshabille?

– C'est la base indispensable d'une bo

Elle rougit. Sa main se serra sur son petit col en pointe.

– Oh!… dit-elle en baissant les yeux. Même mon patron n'a jamais osé le faire avec moi.

Jacquemort fronça le sourcil. Qu'est-ce qu'elle comprenait? Mais comment le lui demander?

– Euh…, murmura-t-elle. Je ne sais pas si je suis tellement propre pour ça… vous n'allez pas aimer ça…

Jacquemort entrevit… Du langage chiffré.

– La psychanalyse…, commença-t-il.

– Attendez…, murmura-t-elle. Pas maintenant.

La chambre était éclairée par une lucarne en pente. Elle se leva et, en quelques secondes, tira du coffre un vieux rideau qu'elle assujettit devant la petite vitre rectangulaire. Le jour traversait un peu le tissu bleuâtre et do

– Le lit va grincer, dit Jacquemort décidant de remettre sa psychanalyse à un peu plus tard. On peut mettre ta paillasse par terre, plutôt.

– Oui…, dit-elle excitée.

Il sentait sa sueur parfumer la pièce. Elle devait être toute moite. Ça ne serait pas désagréable.