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AM – Mes textes sont très modernes, tout en restant classiques. Certains confrères, à Paris, me l'ont signalé. Je peux en effet évoquer Staline, les a
JLT – La modernité n'est-elle donc pas là où l'on croit?
AM – Une jeune écrivaine française très co
JLT – Peut-on encore écrire des romans aujourd'hui?
AM – C'est une discussion sans fin. A quel moment faut-il situer la naissance du roman? A l'époque antique, le roman existait déjà! Ces considérations sur la crise du roman sont cycliques. Le roman change: ça, c'est important! C'est un genre protéïforme, tour à tour " biographie ", " poésie ", " prose ", " fiction ", " dialogue "… Mes romans, par exemple, cultivent une part biographique. Chaque page parle de moi, y compris dans les perso
JLT – Vous avez vraiment logé dans un caveau du père Lachaise?
AM – Ca m'est arrivé, oui.
JLT – Au moment où vous êtes arrivé en France?
AM – Oui. La vie est très variée. Je l'ai rendue beaucoup plus linéaire dans mes romans. Mais je ne trouve pas cet épisode de ma vie si extraordinaire.
JLT – Vous qui êtes féru de culture classique, le média Internet a-t-il selon vous sa place dans la littérature de demain?
AM – Internet favorise le bavardage international. Tout le monde peut s'exprimer. Mais est-ce un défaut après tout? Ceux qui n'avaient pas de voix peuvent peut-être aujourd'hui la faire entendre. Et ça, c'est merveilleux. Je suis plutôt d'une nature silencieuse et réservée. Les médias vie
JLT – Pensez-vous qu'aujourd'hui la littérature française souffre de ne pas avoir d'écrivains assez ascétiques?
AM – Je ne sais pas si c'est un critère. L'écrivain doit tout d'abord se battre, comme Henri Bosco, par exemple. Dostoiëvski a co
JLT – C'est plutôt votre genre?
AM – La vie m'intéresse encore et continue de me rendre curieux de tout. Je souhaite prendre toute ma place, et continuer à pouvoir, en parlant avec vous, transmettre des messages. S'ils tombent dans le cœur d'une seule perso
Propos recueillis par Jean-Louis Tallon
Bruxelles – Avril 2002