Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 56 из 60

XXVI – LA SORTIE

Une pluie fine et froide, qui était tombée sans interruption pendant toute la nuit, venait enfin de cesser au moment où le jour naissant s’a

Dans la ville, la lumière incertaine du matin, mêlée à la lueur des torches, éclairait une troupe assez nombreuse de soldats et de volontaires rassemblés dans la rue qui conduisait au bastion de l’Évangile. Ils frappaient le pavé du pied, et s’agitaient sans changer de place comme des gens pénétrés par ce froid humide et perçant qui accompagne le lever du soleil en hiver. Les jurements et les imprécations énergiques n’étaient point épargnés contre celui qui leur avait fait prendre les armes de si grand matin; mais, malgré leurs injures, on démêlait dans leurs discours la bo

– Ce maudit Bras-de-fer, ce Jean-qui-ne-dort, ne saurait déjeuner qu’il n’ait do

Pendant que l’on distribuait du brandevin aux soldats, les officiers, entourant La Noue debout sous l’auvent d’une boutique, écoutaient avec intérêt le plan de l’attaque qu’il se proposait de faire contre l’armée assiégeante. Un roulement de tambours se fit entendre; chacun reprit son poste; un ministre s’avança, bénit les soldats, les exhortant à bien faire, sous la promesse de la vie éternelle s’il leur arrivait de ne pouvoir, et pour cause, rentrer dans la ville et recevoir les récompenses et les remerciements de leurs concitoyens. Le sermon fut court, et La Noue le trouva trop long. Ce n’était plus le même homme qui, la veille, regrettait chaque goutte de sang français répandu dans cette guerre. Il n’était plus qu’un soldat, et semblait avoir hâte de revoir une scène de carnage. Aussitôt que le discours du ministre fut terminé et que les soldats eurent répondu Amen, il s’écria d’un ton de voix ferme et dur:

– Camarades! Monsieur vient de vous dire vrai; recommandons-nous à Dieu et à Notre-Dame de Frappe-Fort. Le premier qui tirera avant que sa bourre n’entre dans le ventre d’un papiste, je le tuerai, si j’en réchappe.

– Monsieur, lui dit tout bas Mergy, voilà un discours bien différent de ceux d’hier.

– Savez-vous le latin? lui demanda La Noue d’un ton brusque.

– Oui, Monsieur.

– Eh bien! souvenez-vous de ce beau dicton: Age quod agis.

Il fit un signal; on tira un coup de canon; et toute la troupe se dirigea à grands pas vers la campagne: en même temps de petits pelotons de soldats, sortant par différentes portes, allèrent do

Le bastion de l’Évangile, contre lequel les ingénieurs de l’armée catholique avaient dirigé leurs efforts, avait surtout à souffrir d’une batterie de cinq canons, établie sur une petite éminence surmontée d’un bâtiment ruiné qui, avant le siège, avait été un moulin. Un fossé avec un parapet en terre défendait les approches du côté de la ville, et en avant du fossé on avait placé plusieurs arquebusiers en sentinelle. Mais, ainsi que l’avait prévu le capitaine protestant, leurs arquebuses, exposées pendant plusieurs heures à l’humidité, devaient être à peu près inutiles, et les assaillants, bien pourvus de tout, préparés à l’attaque, avaient un grand avantage sur des gens surpris à l’improviste, fatigués par les veilles, trempés de pluie et transis de froid.

Les premières sentinelles sont égorgées. Quelques arquebusades, parties par miracle, éveillent la garde de la batterie à temps pour voir l’e

Une cinquantaine de soldats avec leur capitaine étaient logés dans la tour du moulin; le capitaine, en bo

[69] Eau-de-vie de vin.

[70] On peut voir de pareilles armures au Musée de l’artillerie. Une fort belle esquisse de Rubens, qui représente un tournoi, explique comment, avec ce jupon de fer, on pouvait cependant monter à cheval. Les selles sont garnies d’une espèce de petit tabouret qui entre sous le jupon, exhaussant le cavalier de manière que ses genoux sont presque au niveau de la tête du cheval. Voyez, pour l’homme brûlé vif dans son armure, «L’histoire universelle» de d’Aubigné.