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Pourtant Phémie n'avait pas cessé d'être vertueuse; seulement, comme plusieurs fois ses amies l'avaient raillée à cause de sa bague en cheveux rouges, elle l'avait fait teindre en noir. Le monsieur fut si content, qu'il acheta une robe de soie à Phémie, c'était la première. Le jour où elle l'étre

– Maintenant je puis mourir.

Quant à Musette, elle était redevenue un perso

– Ah çà, s'écria tout à coup Rodolphe en voyant Marcel accroupi et rêveur au coin de la cheminée, et ce feu, est-ce qu'il ne veut pas prendre?

– Voilà, voilà! dit le peintre en allumant le bois qui se mit à flamber en pétillant.

Pendant que ses amis s'agaçaient l'appétit en faisant les préparatifs du repas, Marcel s'était de nouveau isolé dans un coin, et rangeait, avec quelques souvenirs que lui avait laissés Musette, la lettre qu'il venait de retrouver par hasard. Tout à coup il se rappela l'adresse d'une femme qui était l'amie intime de son ancie

– Ah! s'écria-t-il assez haut pour être entendu, je sais où la trouver.

– Trouver quoi? fit Rodolphe. Qu'est-ce que tu fais là? ajouta-t-il en voyant l'artiste se disposer à écrire.

– Rien, une lettre très-pressée que j'oubliais. Je suis à vous dans l'instant, répondit Marcel, et il écrivit:

«Ma chère enfant,

J'ai des sommes dans mon secrétaire, c'est une apoplexie de fortune foudroyante. Il y a à la maison un gros déjeuner qui se mito

Je t'embrasse autant que tu voudras.

«Marcel.»

Cette lettre achevée, Marcel en écrivit une autre à Madame Sidonie, l'amie de Musette, et il la priait de faire parvenir à celle-ci le billet qu'il lui adressait. Puis il descendit chez le portier pour le charger de porter les lettres. Comme il lui payait sa commission d'avance, le portier aperçut une pièce d'or reluire dans les mains du peintre; et, avant de partir pour faire sa course, il monta prévenir le propriétaire, avec qui Marcel était en retard pour ses loyers.

– Mossieu, dit-il tout essoufflé, l'artisse du sixième a de l'argent! Vous savez, ce grand qui me rit au nez quand je lui porte la quittance.

– Oui, dit le propriétaire, celui qui a eu l'audace de m'emprunter de l'argent pour me do

– Oui, monsieur. Mais il est cousu d'or aujourd'hui, ça m'a brûlé les yeux tout à l'heure. Il do

– En effet, dit le propriétaire, j'irai moi-même tantôt.

Madame Sidonie, qui se trouvait chez elle quand on lui apporta la lettre de Marcel, envoya sur-le-champ sa femme de chambre remettre la lettre adressée à Mademoiselle Musette.

Celle-ci habitait alors un charmant appartement dans la Chaussée-D 'Antin. Au moment où on lui remit la lettre de Marcel, elle était en compagnie, et avait précisément, pour le même soir, un grand dîner de cérémonie.

– En voilà un miracle! s'écria Musette en riant comme une folle.

– Qu'est-ce qu'il y a donc? Lui demanda un beau jeune homme roide comme une statuette.

– C'est une invitation à dîner, fit la jeune femme. Hein! Comme ça se trouve?

– Ça se trouve mal, dit le jeune homme.

– Pourquoi ça? fit Musette.

– Comment!… penseriez-vous à aller à ce dîner?

– Je le crois bien que j'y pense… Arrangez-vous comme vous voudrez.

– Mais, ma chère, cependant il n'est pas convenable… vous irez une autre fois.

– Ah! C'est joli, ça! Une autre fois! C'est une ancie

– Comment! Vous nous manquez de parole pour aller voir cette perso

– À qui voulez-vous que je le dise donc? Au grand turc? ça ne le regarde pas, cet homme.

– Mais c'est une franchise singulière.

– Vous savez bien que je ne fais rien comme les autres, répliqua Musette.

– Mais que penserez-vous de moi si je vous laisse aller, sachant où vous allez? Songez-y, Musette, pour moi, pour vous, cela est bien inconvenant: il faut vous excuser près de ce jeune homme…

– Mon cher Monsieur Maurice, dit Mademoiselle Musette d'une voix très-ferme, vous me co

– Demandez-moi ce que vous voudrez… dit Maurice, mais cela!… Il y a caprice… et caprice…

– Maurice, j'irai chez Marcel: j'y vais, ajouta-t-elle en mettant son chapeau. Vous me quitterez si vous voulez; mais c'est plus fort que moi; c'est le meilleur garçon du monde, et le seul que j'aie jamais aimé. Si son cœur avait été en or, il l'aurait fait fondre pour me do

– Vous ne pourriez pas avouer plus franchement que vous ne m'aimez pas, dit le jeune homme.

– Allons donc, mon cher Maurice, vous êtes trop homme d'esprit pour que nous engagions là-dessus une discussion sérieuse. Vous m'avez comme on a un beau cheval dans une écurie; moi, je vous aime… parce que j'aime le luxe, le bruit des fêtes, tout ce qui réso

– Au moins, laissez-moi aller avec vous.

– Mais vous ne vous amuserez pas du tout, fit Musette, et vous nous empêcherez de nous amuser. Songez donc qu'il va m'embrasser, ce garçon, nécessairement.

– Musette, dit Maurice, avez-vous souvent trouvé des gens aussi accommodants que moi?

– Monsieur le vicomte, répliqua Musette, un jour que je me promenais en voiture aux Champs-Élysées avec lord, j'ai rencontré Marcel et son ami Rodolphe qui étaient à pied, très-mal mis tous deux, crottés comme des chiens de berger, et fumant leur pipe. Il y avait trois mois que je n'avais vu Marcel, et il m'a semblé que mon cœur allait sauter par la portière. J'ai fait arrêter la voiture, et pendant une demi-heure j'ai causé avec Marcel devant tout Paris qui passait là en équipage. Marcel m'a offert des gâteaux de Nanterre et un bouquet de violette d'un sou, que j'ai mis à ma ceinture. Quand il m'a eu quittée, lord voulait le rappeler pour l'inviter à dîner avec nous. Je l'ai embrassé pour la peine. Et voilà mon caractère, mon cher Monsieur Maurice; si ça ne vous plaît pas, il faut le dire tout de suite, je vais prendre mes pantoufles et mon bo