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Les députés de la ville latine y étaient déjà, les mains voilées de rameaux d’olivier et sollicitant une grâce: celle d’enlever les corps qui, fauchés par le fer, gisaient dans la plaine et de les ensevelir dans la terre. «On ne combat plus, disaient-ils, contre des vaincus privés de la lumière du jour; Énée doit épargner ceux qu’il nommait naguère hôtes et beaux-pères.» Énée reçoit avec bonté une prière aussi juste et il ajoute ces paroles à la grâce qu’il leur accorde: «Quelle indigne fortune vous a engagés, Latins, dans une telle guerre et vous a fait rejeter notre amitié? Vous demandez la paix pour les morts, pour ceux qui ont péri dans le hasard des combats? Ah! comme je voudrais aussi la do
Il dit, et tous approuvaient d’un frémissement unanime. Ils conclurent une trêve de douze jours; et grâce à cette suspension d’armes, Troyens et Latins, impunément mêlés, se répandirent sur les collines à travers les forêts. Le frêne altier so
Déjà la Renommée, messagère ailée d’un si grand deuil, en remplit Évandre, la ville et le palais d’Évandre, elle qui venait de publier dans le Latium la victoire de Pallas. Les Arcadiens courent aux portes; selon l’antique usage, ils se sont saisis de torches funéraires. Une longue file de flambeaux éclairent la route dont la clarté tranche au loin sur le reste de la campagne. De son côté la troupe des Phrygiens s’approche et rejoint la troupe gémissante. À peine l’ont-elles aperçue qui pénétrait dans les murs, les mères incendient de leurs clameurs la ville désolée. Mais aucune force ne peut retenir Évandre; il s’avance au milieu de tous, fait arrêter le brancard, se jette sur Pallas, s’attache à lui, pleure et gémit. Enfin, dès que la douleur a rendu le passage à sa voix: «Ô Pallas, dit-il, ce n’était pas là ce que tu avais promis à ton père, toi qui voulais ne t’exposer qu’avec prudence aux fureurs de Mars! Mais je n’ignorais pas ce que peuvent sur un jeune homme la gloire toute neuve de l’homme d’armes et la grande douceur de vaincre dans un premier combat. Infortunées prémices d’un jeune guerrier! Cruel apprentissage d’une guerre à nos portes! Aucun dieu n’a entendu mes vœux et mes prières. Et toi, ma sainte femme, sois heureuse d’être morte et de ne pas avoir été réservée à une aussi grande douleur. Mais moi, en vivant plus que je ne devais vivre, ce n’a été que pour survivre à mon fils. Que n’ai-je suivi nos alliés en armes, les Troyens, et que les Rutules ne m’ont-ils accablé de leurs traits! J’aurais do
Cependant l’Aurore avait rendu aux malheureux mortels la bienfaisante lumière et leur avait ramené les travaux et les fatigues. Déjà le vénérable Énée, déjà Tarchon avaient fait dresser des bûchers dans la courbe du rivage. Chacun, selon les rites des ancêtres, y porte les corps des siens; les feux lugubres s’allument; une fumée ténébreuse couvre les hauteurs du ciel. Trois fois les guerriers, ceints de leurs armes étincelantes, ont fait le tour des bûchers embrasés; trois fois les cavaliers ont défilé devant ces tristes feux des funérailles et ont poussé les cris funèbres. La terre est baignée de larmes; leurs armures en sont baignées. La clameur des hommes, l’éclat des trompettes montent vers le ciel. On jette dans les flammes, les uns, les dépouilles enlevées aux Latins qu’ils ont tués, des casques, des épées travaillées, des freins, des roues que jadis leur rapidité enflammait; les autres, des présents bien co
De leur côté, les malheureux Latins ont aussi dressé d’i