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Alors la royale Junon, sous l’action d’une violente colère: «Pourquoi me forces-tu de rompre un profond silence et de divulguer en paroles une douleur jalousement cachée? Un homme, un dieu a-t-il obligé Énée de toujours guerroyer et de se porter comme e

Ainsi parlait Junon. Tous les habitants du ciel frémissaient de mouvements divers. Les souffles des vents enfermés dans les forêts ont tout d’abord ces mêmes frémissements; et le roulement de ces sourds murmures a

Alors le Père tout-puissant, le souverain maître des choses, élève la voix: à sa parole la haute demeure des dieux devient silencieuse. En bas la terre tremble; en haut l’éther se tait. Les zéphirs se sont arrêtés; l’océan apaise et contient ses flots: «Écoutez, et retenez ce que je vais vous dire. Puisqu’il n’a pas été permis aux Ausoniens de s’allier aux Troyens et que vos discordes ne finissent pas, quelle que soit aujourd’hui la fortune de chaque peuple, quelque espoir qu’il puisse se ménager, Troyen ou Rutule, je n’aurai aucune préférence, que les destins des Italiens favorisent le siège du camp ou que les Troyens soient victimes d’oracles mal interprétés et d’avertissements funestes. Et je n’excepte pas les Rutules de cet arrêt. Je veux qu’à chacun ses actes seuls rapportent infortune ou succès; le roi Jupiter sera le même pour tous. Les destins trouveront un moyen de s’accomplir.» Il le jure par le fleuve de son frère Stygien, par les rives du torrent de poix et ses noirs tourbillons; et son mouvement de tête fit trembler l’Olympe. Les dieux n’en dirent pas davantage. Jupiter se lève de son trône d’or, et les habitants du ciel l’entourent et lui font cortège jusqu’au seuil.

Cependant les Rutules, assiégeant toutes les portes, ne cessent d’abattre des hommes et d’incendier les murs. De son côté la légion des Énéades, enfermée dans ses retranchements, ne voit aucune chance de fuite. Les malheureux se tie

Assiégés et assiégeants s’étaient ainsi livré de durs combats. Énée cependant fendait les flots au milieu de la nuit. De chez Évandre il est allé au camp des Étrusques trouver leur roi, lui a dit son nom et sa race, ce qu’il demande, ce qu’il apporte, quels peuples Mézence arme pour sa cause, et l’exaspération de Turnus; il lui a rappelé le peu de confiance qu’il convient d’avoir dans les choses humaines, et a joint la prière au discours: sans retard, Tarchon a consenti à l’union de leurs forces, conclu une alliance, et, désormais en règle avec le destin, la nation lydie

Ouvrez-moi maintenant l’Hélicon, ô déesses; inspirez mes chants; dites quels peuples, pendant cette traversée, accompagnent Énée des rivages étrusques, ont armé leurs vaisseaux et sont portés par la mer.

Massicus le premier fend les flots de la proue d’airain du Tigre. Sous ses ordres une troupe de mille jeunes gens a quitté les murs de Clusium et la ville de Cosa. Leurs armes sont des flèches; ils portent un léger carquois sur l’épaule et la mort dans leur arc. Le farouche Abas navigue de conserve: toute sa troupe a des armes brillantes et à sa poupe resplendit un Apollon d’or. Sa ville, Populonie, lui avait do