Страница 46 из 73
Cela dit, il descend de son trône élevé et commence par réveiller sur les autels assoupis les feux d’Hercule, et joyeux il aborde le dieu Lare et les humbles Pénates de la veille. Et tous immolent des brebis choisies selon l’usage, aussi bien Évandre que la jeunesse troye
Le bruit court et se répand tout à coup parmi la petite ville: la cavalerie va rapidement partir vers les rivages du roi tyrrhénien. Les mères effrayées redoublent de prières; leur crainte se rapproche du danger; déjà l’image de Mars grandit à leurs yeux. Alors Évandre, saisissant la main de son fils qui s’en va, la presse et, sans pouvoir arrêter ses larmes, lui dit: «Oh! si Jupiter me rendait mes a
Déjà, les portes ouvertes, la cavalerie était sortie; Énée et le fidèle Achate s’avançaient au premier rang; puis les autres seigneurs troyens. Pallas lui-même, au milieu de la colo
Il y a près du fleuve dont les fraîches eaux baignent Céré un bois immense, sanctifié au loin par la religion de nos pères. De tous côtés les collines l’enferment comme un vallon et lui font une ceinture de noirs sapins. On dit que les vieux Pélasges, qui jadis furent les premiers occupants du territoire latin, l’avaient consacré avec un jour de fête à Silvain, dieu des champs et des troupeaux. Non loin de là Tarchon et les Tyrrhéniens avaient assis leur camp que la position fortifiait; et de la haute colline on pouvait voir toute leur levée de troupes et leurs tentes dans la vaste plaine. Énée et la jeune élite guerrière entrent sous ce bois et, fatigués, se reposent, eux et leurs montures.
Vénus, cependant, qui avait traversé toute brillante les nuages éthérés, était là avec ses présents. Elle vit à l’écart, au fond de la vallée, son fils, séparé de ses compagnons, sur le frais rivage du fleuve et lui adressa ces mots en se montrant à lui: «Voici ce qu’a fait mon époux, l’œuvre d’un art que je t’avais promis; n’hésite pas, mon fils, à défier bientôt au combat les superbes Laurentes et l’impétueux Turnus.» Ainsi parle la Cythérée et elle vient embrasser son fils et déposer en face de lui, sous un chêne, les armes flamboyantes.
Lui, heureux des présents de sa mère et d’une telle magnificence, n’en pouvait rassasier ses yeux; il les parcourait l’un après l’autre; il admirait et retournait dans ses mains, entre ses bras, la terrible aigrette et le casque aux flammes menaçantes; l’épée chargée de mort; l’épaisse cuirasse d’airain, d’un rouge de sang, énorme, pareille à la nuée d’azur embrasée d’un soleil dont elle projette au loin les rayons; les cuissards polis, d’électre et d’or deux fois forgés; et la lance et le bouclier à l’indescriptible contexture.
Sur ce bouclier l’Ignipotent, qui n’ignorait pas les prophéties et qui savait l’avenir, avait gravé l’histoire de l’Italie et les triomphes romains. On y voyait toute la race des futurs descendants d’Ascagne et leurs guerres successives. Dans l’antre verdoyant de Mars, la louve, qui venait de mettre bas, y était représentée; les deux enfants jouaient pendus à ses mamelles et tétaient leur nourrice sans trembler. Elle, la tête mollement tournée vers eux, les caressait l’un après l’autre et faço
Au sommet du bouclier, le gardien de la roche Tarpéie