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Il parle ainsi, se couro

Le lendemain, comme le jour naissant éclairait la terre de ses premières lueurs, ils se dispersent pour aller reco

Déjà les jeunes hommes avaient parcouru la route, voyaient se dresser les tours et les toits des Latins et atteignaient les remparts. Devant la ville, des adolescents, toute une jeunesse en fleur, s’exercent à monter des chevaux et à maîtriser des chars dans la poussière, à tendre des arcs puissants, lancent d’un bras robuste les souples javelots, se provoquent à la course ou à la lutte. Un de ces cavaliers porte au vieux roi la nouvelle que des inco

Il y avait, au sommet de la ville, un auguste palais énorme et très haut, soutenu par cent colo

«Dites, fils de Dardanus, – car nous n’ignorons ni votre ville ni votre race, et nous avons entendu parler de vous avant que votre course se fût tournée vers nos bords, – que demandez-vous? Quelle raison, quelle nécessité a porté vos vaisseaux à travers tant de mers glauques jusqu’au rivage ausonien? Que vous vous soyez trompés de route ou que la tempête vous ait forcés d’entrer dans notre fleuve et de relâcher dans notre port, comme elle éprouve si souvent les marins au large, acceptez notre hospitalité, et n’ignorez pas que les Latins, race de Saturne, pratiquent la justice, non par obligation ou par obéissance aux lois, mais d’eux-mêmes et pour suivre l’exemple du dieu des vieux âges. Du reste, il me souvient, – c’est une tradition que les a

Il dit, et Ilionée lui répondit ainsi: «Ô Roi, race illustre de Faunus, ni la noire tempête, nous chassant sur les flots, ne nous a contraints d’aborder à vos rivages, ni les étoiles ni les côtes ne nous ont trompés sur notre route. C’est délibérément, par notre volonté, que tous nous sommes venus en cette ville, expulsés du plus grand royaume que voyait jadis le soleil en partant des extrémités du ciel. Jupiter est à l’origine de notre race. Les descendants de Dardanus se réjouissent d’avoir Jupiter pour aïeul; et il est lui-même de la suprême famille de Jupiter, le Troyen Énée, notre roi, qui nous a envoyés à ton seuil. Quelle tempête s’est déchaînée dans les plaines de l’Ida par la cruauté des Mycéniens; quels destins ont poussé et jeté l’un contre l’autre les deux mondes de l’Europe et de l’Asie, tous le savent, même celui qu’une terre lointaine, qui refoule l’Océan, sépare du reste de univers, même celui qu’isole, au milieu des quatre autres, la zone du soleil implacable. Au sortir de cette dévastation, traînés à travers tant d’immensités marines, nous demandons pour les dieux de notre patrie une petite place, un rivage qui ne lèse perso

À ces paroles d’Ilionée, Latinus, la tête baissée, regarde fixement la terre, immobile, roulant ses yeux d’un air pensif. Ni la pourpre brodée, ni le sceptre de Priam ne l’émeuvent: il ne songe qu’au mariage et aux noces de sa fille; et il retourne dans son esprit l’oracle du vieux Faunus. C’est bien là le gendre prophétisé que les destins lui envoient d’une terre étrangère et qu’ils appellent à partager son trône sous les mêmes auspices, l’homme dont la race par sa valeur doit se mettre hors de pair, et par sa force occuper le monde entier! Enfin joyeux il répond: «Que les dieux secondent notre entreprise et leurs propres présages! On t’accordera, Troyen, ce que tu désires; je ne repousse pas tes présents. Tant que Latinus sera roi, ni les riches campagnes ni l’opulence de Troie ne vous manqueront. Qu’Énée lui-même, s’il éprouve un tel désir de nous co