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Et la vieille prêtresse de Phébus ajouta: «Mais allons, poursuis ta route et achève ce que tu as entrepris avec le rameau d’or. Pressons le pas: j’aperçois les murs sortis de la forge des Cyclopes, et, en face de nous, la porte cintrée où il nous est prescrit de déposer cette offrande.» Comme elle parlait, tous deux, marchant du même pas dans le clair obscur, traversent rapidement l’espace intermédiaire et s’approchent de l’entrée. Énée prend les devants, se lave dans une eau fraîche et, devant lui, fixe au seuil le rameau.

Ces ablutions accomplies, et l’offrande faite à la déesse, ils arrivent à une plaine riante, aux délicieuses pelouses, des bois fortunés, séjour des bienheureux. L’air pur y est plus large et revêt ces lieux d’une lumière de pourpre. Ils ont leur soleil et leurs astres. Parmi ces ombres, les unes sur le gazon s’exercent à la palestre, se mesurent dans leurs jeux et luttent sur un sable doré; les autres, frappant la terre, forment des chœurs mêlés de chants.

Le prêtre de Thrace en longue robe fait harmonieusement réso

Or, le vénérable Anchise, au fond d’une vallée verdoyante, parcourait d’un regard tendre et pensif les âmes qui y étaient rassemblées et qui monteraient un jour à la lumière de la vie, et, en ce moment même, il passait en revue tous les siens, ses chers descendants, leurs destins, leur fortune, leur caractère, leurs exploits. Dès qu’il vit Énée qui s’avançait devant lui sur le gazon, il lui tendit ses deux mains, plein d’allégresse, et, les joues ruisselantes de larmes, il lui dit: «Enfin te voici: ta piété sur laquelle comptait ton père a triomphé de l’âpre route. Il m’est do

Énée cependant voit, dans un vallon retiré, un bois solitaire, des halliers bruissants et le fleuve du Léthé qui arrose ce paisible séjour. Sur ses rives voltigeaient des nations et des peuples i

«Et d’abord le ciel, la terre, les plaines liquides, le globe lumineux de la lune, l’astre Titanique du soleil, sont pénétrés et vivifiés par un principe spirituel: répandu dans les membres du monde, l’esprit en fait mouvoir la masse entière et transforme en s’y mêlant ce vaste corps. C’est de lui que naissent les races des hommes, des animaux, des oiseaux et de tous les monstres que porte l’Océan sous sa surface brillante comme le marbre. Ces germes de vie ont une vigueur ignée qu’ils doivent à leur céleste origine, tant que les impuretés du corps ne les engourdissent pas et que nos ressorts terrestres et nos membres voués à la mort ne les ont pas émoussés. Dès lors les âmes co