Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 30 из 73

Mais la prophétesse qui résiste encore à l’étreinte du dieu, se débat dans son antre comme une sauvage bacchante et cherche à secouer de sa poitrine le dieu tout puissant. Il n’en fatigue que davantage sa bouche qui écume et, dompteur de son cœur farouche, il l’assouplit en la pressant. Et voici que les cent énormes portes du sanctuaire se sont ouvertes d’elles-mêmes et livrent passage dans les airs aux réponses de la prêtresse. «Ô toi qui es enfin libéré des durs périls de la mer, la terre t’en réserve de plus durs encore. Les descendants de Dardanus entreront au royaume de Lavinium: chasse ce souci de ton cœur; mais ils regretteront aussi d’y être entrés. Je vois des guerres, toute l’horreur des guerres, et les flots du Tibre couverts d’une écume sanglante. Rien ne te manquera, ni le Simoïs, ni le Xanthe, ni le camp dorien. Un second Achille a été enfanté pour le Latium, né, lui aussi, d’une déesse. Et tu retrouveras Junon acharnée contre les Troyens. Et toi, dans ta détresse, quelles nations italie

Ainsi, de son sanctuaire, la Sibylle de Cumes répand l’horreur sacrée de ses oracles ambigus et mugit dans son antre où la vérité s’enveloppe d’ombre: tels sont les freins dont le dieu secoue sa fureur et les aiguillons qu’il retourne dans sa poitrine. Dès que son délire est tombé et que sa bouche écumeuse se calme, le héros Énée prend la parole: «Ô vierge, aucune épreuve ne se dresse devant moi avec une face nouvelle ou inattendue. J’ai tout prévu; j’ai déjà tout vécu par la pensée. Je ne t’adresse qu’une prière: puisque c’est ici, dit-on, la porte du roi des Enfers et le ténébreux marais des débordements de l’Achéron, fais que j’aie le bonheur d’aller voir le cher visage de mon père: enseigne-moi la route et ouvre-moi les portes sacrées. C’est lui qu’à travers les flammes et sous une grêle de traits j’ai enlevé sur mes épaules et retiré du milieu des e

Il priait ainsi et mettait sa main sur l’autel. Alors la prêtresse lui répondit: «Troyen, fils d’Anchise, né du sang des dieux, il est facile de descendre à l’Averne. La porte du noir Pluton est ouverte nuit et jour. Mais revenir sur ses pas et remonter à la lumière d’en haut, c’est là le pénible effort, la dure épreuve. Quelques-uns seulement l’ont pu, fils des dieux que favorisa l’amitié de Jupiter ou que leur ardente vertu éleva jusqu’au ciel. Les forêts tie

Énée le visage affligé, les yeux vers la terre, sort de l’antre et s’éloigne, agitant dans son cœur ces événements mystérieux. Le fidèle Achate l’accompagne et marche près de lui avec les mêmes soucis. Tous deux s’entretie

Le premier au travail, Énée encourage ses compagnons et prend la hache comme eux. Mais en lui-même, dans son cœur triste, il songe, à la vue de la vaste forêt, et il exprime ce vœu: «Oh si maintenant l’arbre au rameau d’or se montrait à nous dans ces grands bois, car tout ce qu’a dit la Sibylle à ton sujet, Misène, n’était que trop vrai, hélas!» Il avait à peine prononcé ces mots que soudain deux colombes, sous ses yeux même, descendirent du ciel en volant et se posèrent sur le gazon. Alors le magnanime héros reco