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«Ainsi j’éclatais et je me laissais emporter par ma fureur quand devant moi, plus brillante que mes yeux ne l’avaient jamais vue, en pleine lumière, splendeur au milieu de la nuit, ma puissante mère s’offrit à mes regards, sans voiler sa divinité, dans toute la beauté et dans toute la majesté où elle se montre d’ordinaire aux habitants du ciel. Elle me prit le bras, me retint et me dit de ses lèvres couleur de rose: «Mon fils, quel est donc le ressentiment qui excite ton indomptable colère? Pourquoi cette fureur? Et qu’est devenue ton affection pour nous? Quoi, tu ne cherches pas à savoir d’abord où tu as laissé ton père Anchise, un vieillard, si ta femme Créuse vit encore, et ton fils Ascagne? De tous côtés autour d’eux rôdent des Grecs en armes; et si je n’étais pas là pour veiller sur eux, les flammes les auraient déjà dévorés ou le glaive de l’e
«Alors il me sembla voir tout Ilion s’abîmer dans les flammes et la ville de Neptune bouleversée de fond en comble. Lorsque, sur les hautes montagnes, les bûcherons attaquent avec la hache un orne antique, redoublent leurs coups et, rivalisant d’ardeur, travaillent à l’abattre, l’arbre menace longtemps et, tremblant à chaque secousse, incline sa tête chevelue jusqu’à ce que, vaincu peu à peu par ses blessures, il pousse un suprême gémissement et, arraché du sommet, fait une traînée de ruine. Je descends, et sous la conduite divine, je passe entre les flammes et les e
«Dès que je fus arrivé à la maison paternelle, à notre vieille demeure, ma première idée était de transporter mon père sur les hauteurs, et ce fut lui que je vins tout d’abord trouver. Mais il refuse de survivre à la ruine de Troie et d’affronter l’exil: «Vous, dit-il, dont le sang est encore jeune et pur et dont la pleine vigueur se soutient par elle-même, préparez-vous à fuir. Si les habitants du ciel avaient voulu que je vécusse plus longtemps, ils m’auraient conservé ma demeure. C’est assez, c’est trop, d’avoir, une fois déjà, vu la destruction de ma ville et d’avoir survécu à sa captivité. Tel qu’il est, oui tel, mon corps est prêt pour le bûcher: faites l’adieu funèbre et partez. Je trouverai la mort en combattant. L’e
«Il persistait ainsi et demeurait inébranlable. Mais nous, les yeux noyés de larmes, ma femme Créuse, Ascagne, la maison tout entière, nous le supplions de ne pas vouloir tout perdre avec lui et de ne pas peser encore sur le destin qui nous écrasait. Il refuse et reste attaché à sa demeure et à sa résolution. Je me sens de nouveau entraîné au combat et, dans l’excès de mon malheur, je souhaite la mort. En effet, que faire? Quel retour de fortune attendre? «Moi, m’enfuir, et te laisser, mon père: l’as-tu donc espéré? Ce conseil sacrilège est-il tombé d’une bouche paternelle? S’il plaît aux dieux qu’il ne reste plus rien d’une telle ville, si ta résolution est bien arrêtée, s’il te convient d’ajouter à la perte de Troie la tie
«De nouveau je me ceins de mon épée; je passai ma main gauche dans la poignée du bouclier, et je m’élançai au dehors. Mais sur le seuil ma femme embrassait mes genoux, s’attachait à moi, tendait le petit Iule à son père. «Si tu vas à la mort, emporte-nous aussi, et mourons avec toi. Et si tu as quelque raison d’espérer dans les armes que tu prends, commence par défendre ton foyer. À qui abando
«À peine le vieillard avait-il parlé, qu’un coup de to
«Il dit: et déjà nous entendons plus distinctement à travers la ville la crépitation du feu, et l’incendie roule plus près de nous ses vagues bouillo