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Pendant ce temps, Jehan s’était placé à côté de l’inco
La vigueur et la décision de ce nouvel adversaire do
Jehan rengaina avec un éclat de rire sonore et se tourna vers cet inco
Car cet inco
La femme qui avait appelé à l’aide s’avança vers Jehan qui lui tournait le dos. Elle était si bien enveloppée dans une ample mante brune qu’il devenait impossible de distinguer ses formes. La tête était si bien enfouie au fond du capuchon qu’on n’apercevait même pas le bout du nez. Excès de précaution assez surprenant, car la nuit était profonde.
Saêtta, en la voyant approcher, lui adressa vivement quelques signes mystérieux. Elle ne les comprit ou ne les vit pas. De cette même voix où ne perçait nulle émotion, elle dit doucement:
– Vous venez de nous sauver la vie, au Révérend Père et à moi, monsieur. Nous sommes de trop pauvres gens pour reco
Le Révérend Père désigné s’avança à son tour. Comme sa compagne, il avait la tête perdue au fond du capuchon. Comme elle, il ne fit pas un geste pour découvrir son visage. Comme elle, enfin, il dit d’une voix douce, extraordinairement calme:
– Votre nom, mon digne gentilhomme, s’il vous plaît? À seule fin que nous le répétions dans nos prières.
Saêtta, dépité de n’avoir pas été compris, grommela d’inintelligibles paroles.
Jehan se retourna vers la femme, et d’une voix où perçait une sourde colère, malgré les efforts qu’il faisait pour se contenir:
– Mon nom, madame? Ne voyez-vous pas Saêtta qui s’évertue à vous faire toutes sortes de signaux? Se peut-il vraiment que vous ne me reco
– Jehan le Brave! s’exclama la mystérieuse inco
Chose remarquable, cette femme, qui s’était montrée intrépidement calme pendant l’attaque des truands, manifestait devant son sauveur une appréhension qui ressemblait presque à de la terreur. Le moine lui même se départit de cette froide impassibilité qu’il avait montrée jusque-là. Ils avaient fait deux pas en avant. Ils en firent précipitamment quatre en arrière.
On eût dit, à les voir, que quelque danger se dressait devant eux, en la perso
Cette impression était si manifeste que Saêtta se campa résolument entre eux et Jehan, la main crispée sur la poignée de la rapière.
Jehan remarqua tout cela et il se mit à rire doucement, et d’une voix mordante, il railla:
– Allons, vous me reco
Saêtta étouffa un rugissement de honte et de rage à cette allusion transparente à son duel avec Pardaillan. Saêtta se dit que Jehan savait tout maintenant. Et qu’il était le fils de Pardaillan et qu’il avait été désarmé comme un mauvais écolier, lui, Saêtta! Nous savons, nous, qu’il se trompait. Jehan ne savait rien encore. Il parlait des coups que Pardaillan lui avait indiqués, mais il ignorait que Saêtta en avait déjà tâté à ses dépens.
Quoi qu’il en soit, Saêtta eut peur. Non pas d’être tué. Il ne tenait guère à la vie et, au surplus, il était brave. Saêtta eut peur de subir cette humiliation de se voir désarmer devant ceux qu’il avait mission de protéger de son épée réputée invincible. Saêtta n’eut peur que de cela. Et il s’écarta comme on le lui ordo
Jehan avança sur Léonora Galigaï et Claude Acquaviva. (On a deviné que c’étaient eux.) Et ils reculèrent jusqu’à ce que le mur d’une maison les arrêtât.
– Moi, madame, continua Jehan, je vous ai reco
Si maîtres d’eux qu’ils fussent, Acquaviva et Léonora ne purent retenir un geste de terreur. Et Jehan se mit à rire encore.
– Vous voyez bien qu’il est inutile de me cacher votre visage, reprit-il.
D’un même mouvement, le moine et la dame d’atours firent tomber les capuchons. Ils avaient retrouvé tous les deux ce calme déconcertant qui faisait leur force. Acquaviva, maintenant, étudiait passio
Cependant Jehan reprenait d’une voix calmée, un peu railleuse:
– Rassurez-vous, puisque le hasard veut que je vous aie sauvé la vie, je ne déferai pas volontairement ce qu’il a fait. Je ne vous dénoncerai pas… Je ne suis pas pourvoyeur de bourreau, moi!
Et s’animant peu à peu, la voix grondante:
– Et cependant!… Vous, madame, vous avez tenté de faire de moi un régicide. Et parce que vous n’y avez pas réussi, vous et votre époux avez essayé de me faire assassiner je ne sais combien de fois. Si je suis encore vivant, ce n’est vraiment pas de votre faute. Vous, digne révérend, vous avez voulu me faire arquebuser. Vous n’avez pas réussi. Vous avez tenté de m’empoiso
– C’est exact, avoua froidement Acquaviva sans hésiter.
– Pour tout le mal que vous avez voulu me faire, ne serais-je pas en droit de vous écraser tous les deux, puisque, aussi bien, je vous tiens à ma merci?