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Et lui qui avait supporté sans broncher l’assaut de vingt assassins, lui qui avait dédaigné les soins qu’on voulait lui do

Très pâle, Perrette le considéra longuement, sans mot dire. Elle ne versa pas une larme. Le sacrifice était fait depuis quelques mois déjà. Son rêve, son pauvre rêve d’amour, s’était déjà écroulé, brisé, réduit en miettes. N’importe! de le voir sangloter ainsi – et pour une autre – cela lui poignait le cœur et elle songeait douloureusement:

– Comme il l'aime!

Elle ne pleura pas, parce que c’était une vaillante. Elle alla jusqu’à se reprocher son émotion, pourtant bien naturelle. Ne savait-elle pas qu’il n’était pas pour elle? Alors?… N’était-ce pas, à tout prendre, une douceur et une consolation de se dire qu’elle restait et resterait toujours la sœur tendrement aimée… celle à qui ils devraient leur bonheur, peut-être.

Elle se ressaisit. Elle reprit son petit air sérieux et ses bandes – elle y tenait. Elle s’approcha de lui et, doucement:

– Je pense que vous vous laisserez soigner maintenant.

– Ah! Dieu! Tout ce que tu voudras, ma petite Perrette!… Mais tu me parleras d’elle!… Tu me diras ce que tu sais!…

– Sans doute. Je vous aiderai même… Soyez tranquille, nous la tirerons de là. Si vous n’étiez pas venu, demain j’allais vous chercher.

– Perrette!… Tu es un ange!

XLI

Le petit pavillon dans lequel Bertille avait été enfermée par la mère Marie-Ange se composait de deux pièces: une chambre à coucher et un petit oratoire. Le tout était confortablement meublé, coquet même. À part les barreaux qui garnissaient les fenêtres, rien ne rappelait la prison là-dedans. Encore moins la tombe dont l’évêque de Luçon et Léonora Galigaï avaient parlé.

Bertille était restée enfermée le jour de son entrée et toute la journée du lendemain. Le matin du troisième jour, elle fut avisée qu’elle était détenue par ordre du roi. Sa détention ne serait pas longue: trois ou quatre mois au plus, après quoi on lui rendrait sa liberté. On s’efforcerait d’adoucir sa captivité autant qu’il serait possible de le faire. La porte de son pavillon serait ouverte depuis le jour jusqu’à la tombée de la nuit. Pendant ce temps, elle serait libre d’aller et venir à sa fantaisie… à condition qu’elle ne franchît pas certaines limites qu’on lui faisait co

En effet, à dater de cet instant, Bertille put aller à sa guise hors du pavillon et du jardinet qui l’entourait. Seulement, quand elle approchait de trop près des limites qui lui avaient été assignées, elle voyait surgir devant elle deux fortes gaillardes affublées d’un costume mi-partie laïc mi-partie religieux. Ces deux femmes ne lui disaient pas un mot. Elles lui adressaient un sourire qui s’efforçait d’être gracieux, elles plongeaient dans une profonde révérence… Mais elles demeuraient campées devant elle d’une façon qui était tout à fait significative.

Bertille n’avait pas tardé à se rendre compte que, sans qu’il y parût, elle était étroitement gardée. Elle ne pourrait rien entreprendre par elle-même. Elle ne pouvait compter que sur une aide venue du dehors. Cette aide viendrait-elle jamais? C’était problématique.

On lui avait dit qu’elle était détenue sur l’ordre du roi. Elle n’en avait pas cru un mot. À force de réfléchir, de tourner et retourner le problème, elle était arrivée à entrevoir la vérité.

Bertille savait, par les papiers dont elle avait la garde, que le fameux trésor était convoité surtout par des prêtres. Elle avait eu en main des indications précises à ce sujet. Myrthis ou le comte de Vaubrun avait expressément recommandé de se défier de tout ce qui portait un habit religieux. Elle savait mieux que perso

Nul, hormis M. de Pardaillan. Encore n’en était-elle pas bien sûre.

Or, on s’était servi du nom de Pardaillan et de ces papiers pour l’attirer dans un guet-apens. On avait menti en invoquant le nom de Pardaillan. Cependant, si on avait parlé des papiers, c’est qu’on co

La cause de son empriso

– Reste à savoir s’ils ont découvert les vraies indications, songea-t-elle. Mais comment le savoir?

Elle devait trouver des renseignements sans les chercher. La religieuse converse qui lui servait de servante (et un peu aussi de geôlière) ne put se tenir de lui apprendre qu’on effectuait des fouilles à la chapelle.

– On pense découvrir ainsi, dit-elle, la chapelle souterraine de saint Denis. Ah! nous allons avoir de beaux pèlerinages. Notre communauté va retrouver sa vogue d’autrefois.

Bertille était fixée. On avait pris les papiers chez elle, mais on n’avait pas trouvé le bon… puisque les recherches s’égaraient à côté. Si elle était fixée, elle était aussi inquiète:

– Tant que les travaux dureront, je n’ai rien à redouter, se dit-elle. On n’a aucun intérêt à me maltraiter. Au contraire… Mais quand ils seront arrivés au bout… Quand ils verront qu’il n’y a rien… que les indications étaient un leurre. C’est sur moi qu’ils se rabattront… Ils voudront me faire parler, c’est certain!… Alors, qui sait à quelles extrémités ils se livreront pour arriver à leurs fins?…

Elle ne put réprimer un frisson à cette pensée. Mais, on l’a déjà vu, elle était forte et vaillante. Elle réfléchit que des fouilles dureraient pour le moins deux mois. Et avec cette confiance inébranlable qu’elle avait en son amour, elle se dit:

– D’ici là, il m’aura trouvée et délivrée.

En attendant, on était aux petits soins pour elle. Réellement, on s’efforçait de lui rendre supportable son séjour forcé au couvent. Elle se sentait surveillée, certes, et mettait de la discrétion. La sœur qui la servait se retirait dès son service fini et la laissait seule, libre d’aller et de venir ou de rester chez elle à rêver.