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Le viseur se stabilisa sur l'homme dans l'escalier alors que les flammes trouaient la nuit. Il vit la silhouette s'aplatir contre le mur, ombre verte sur un simple décor gris verdâtre. Le bruit de son corps reso

Son premier chargeur était vide. Il le dégagea vivement et le retourna d'un geste avant d'enclencher son double scotché dans un claquement sec.

Il arma la culasse.

C'est à ce moment-là qu'il se passa quelque chose d'étrange dans le couloir. Le grand type ne tirait plus vers lui, il tirait vers l'autre extrémité du couloir, d'ailleurs n'avait-il pas vu une porte s'ouvrir à la périphérie de sa vision alors qu'il plombait le type de l'escalier? Oui, la porte du fond en face de la sie

Le bruit du percuteur agaça son oreille.

Il reprit son souffle et essuya la sueur qui lui dégoulinait de partout sur le visage et dans le cou.

Il entendit leur course au rez-de-chaussée, la porte du hall s'ouvrir et des cris réso

Il fut surpris de constater qu'aucune sirène de police ne hululait dans la nuit.

Seigneur dieu. Cela faisait trois bo

Les silhouettes avachies en travers de la porte et le poids du PM dans le creux de sa main lui montraient toute la matérialité du phénomène.

Il ne fallait pas rester. Il courut jusqu'au cabinet et lança d'une voix étouffée:

– Alice c'est moi, Hugo. Tu peux sortir. C'est fini, maintenant.

Il entendit le verrou qu'on poussait puis le battant pivota, la découvrant, le visage anxieux et proprement défait.

Hugo tenait négligemment l'arme vers le sol, il gérait l'urgence et avait oublié momentanément le long terme. On avait tiré une deuxième fois du fond du couloir, après que l'homme de la chambre avait été abattu par la grande silhouette. C'était même sûrement ces coups de feu qui avaient atteint le chef des ombres.

Il était juste en train d'y penser lorsqu'il vit le visage d'Alice fixer un point derrière lui. Son visage exprimait une émotion indicible. Un mélange d'incompréhension, d'éto

Il se retournait lorsque la voix avait éclaté, extrêmement sèchement.

– Policia. Polizei. Police, puis en portugais: ne faites aucun geste et laissez tomber votre jouet.

Du coin de l'œil Hugo vit une élégante silhouette s'encadrer dans l'ouverture. Des cheveux longs, fauves, presque roux, qui tombaient sur ses épaules. Un simple polo noir et un blue-jean. Oui, bien sûr, la voix avait été si totalement féminine.

Il fit doucement face à la silhouette qui avançait vers lui, une des ses mains braquant le flingue vers lui, tout à fait professio

L'autre pendait mollement le long de son corps. Malgré l'obscurité, il put discerner des reflets gras dans le haut du bras. Et des rigoles noires suintant sur son poignet blafard.

– Ne faites rien de regrettable, et laissez tomber votre jouet. Je suis droitière.

Elle voulait sûrement dire par là qu'elle tenait son petit automatique de la main la mieux entraînée, se dit Hugo. Son regard se portait maintenant sur Alice.

Celle-ci totalement paralysée lâcha péniblement, en hollandais:

– Ma… Madame Van Dyke…

La femme-flic fit un sourire à l'enfant tout en continuant de braquer son petit automatique sur la figure d'Hugo. Manières qu'il trouvait tout à fait détestables et manquant de courtoisie.

Van Dyke? pensait-il, cette fille serait une flic hollandaise?

– Posez ce machin, laissa-t-elle tomber, toujours en portugais, nullement résignée par son obstination. Et levez les mains.

Puis en néerlandais, ce que nota immédiatement Hugo:

– Viens ici Alice.

D'un geste rapide du pistolet, mais qui lui arracha une petite plainte, elle aplatit l'interrupteur à sa droite. La lumière du plafo

Une assez jolie fille, nota Hugo, sans le vouloir. Le flingue était déjà revenu à sa place initiale.

Hugo n'avait pas le choix. Il fit doucement glisser le PM le long de sa lanière et le posa délicatement à terre.

– Pas de problème, dit-il dans sa langue paternelle. Il est vide de toute façon.

– Levez les mains…

Puis en hollandais:

– Qui êtes-vous?

La jeune femme le détaillait d'un œil soupço

Son visage était très pâle. Et un film de sueur perlait sur son front. Ses yeux semblaient troublés par un voile de fatigue.

Hugo ne savait pas trop comment se dépêtrer du piège. Il resta silencieux. Leva lentement les mains à hauteur des épaules.

C'est Alice qui lui sauva la mise.

– Madame Van Dyke… Anita, ne lui faites pas de mal. C'est Hugo, c'est un ami, il m'a aidée. Il m'a sauvée des hommes de ma mère…