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Le surlendemain comme de juste, entre les rangs d'arbustes, le duc Pons s'indignait à haute voix du train de mesures a

Tard le soir, après un coup d'oeil sur le ciel constellé, c'était reposant de consulter encore les plans, les photographies de vieux instruments astronomiques. Si le duc parvenait à se maintenir ici, l'un de ses espoirs était de s'en construire un pour lui tout seul, en bord de jungle. Ce serait juste un gnomon, haut triangle maigre en maço

Pas plus que Jean-François Pons, Charles Pontiac n'évoquait le passé, aussi songeaient-ils très rarement l'un à l'autre. Ils s'étaient pourtant bien co

Nicole Fischer les chercha donc inutilement. Ils l'avaient trop aimée pour ne pas disparaître, l'un devenu duc et l'autre errant sans que rien ne laissât prévoir de tels destins. Durant quelque douze ans, les uns des autres on ne devait rien savoir. Puis on se dégela, s'expédia des nouvelles, quelques miettes de nouvelle. Pons, tant que ce fut possible, reprit le contact avec sa sœur, se tenant au courant des progrès de Paul J., de sa croissance et de ses espoirs. Nicole reçut une vue de Java, au dos de quoi Jean-François résumait en quinze mots sa vie depuis tout ce temps. Beaucoup plus tard ce fut une enveloppe en papier bulle, oblitérée à la poste centrale du Louvre et qui contenait juste une adresse à Levallois, de la main de Charles, au crayon. Mais il était trop tard, elle ne répondit plus. Elle ne les revit pas.

Charles quant à lui ne l'aperçut qu'une fois, au fin fond du métro, elle en première presque vide, lui depuis le quai de la station Picpus, une assez bo

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Il y a maintenant Justine Fischer dans une chambre grise. La jeune femme est en train de coudre une mouette blanche dans le ciel gris. Elle est penchée sur son ouvrage, assise au milieu du grand lit recouvert de zèbre synthétique et borné par des coussins de lurex. Le lit investit presque toute la chambre, la fenêtre do

Justine Fischer aurait trente ans dès que les journées seraient longues. Un soleil brut pesait toujours sur ses a

Au cinquième étage d'un immeuble en pierre blanche, Justine partageait avec Laure soixante-dix mètres carrés. Ce devait être d'abord un séjour provisoire, le fruit d'un arrangement, c'était devenu un campement de sultanes en vacances, ne se trouvant pas si mal au milieu du désert, pas trop loin d'un point d'eau, juste entourées d’utiles objets légers à portée de main sur des tapis. Dehors, au-delà des arbres se développait un diorama d'ateliers vitrés, de petits commerces au rez-de-chaussée d'autres immeubles qui se dissolvaient dans la nuit tombée. Autour du square sinuaient des phares tels des poissons-torpilles, en quête d'une anfractuosité dans le roc parcmétrique. Les fenêtres étaient des carrés jaunes et des rectangles blancs, des cadres contenant d'autres cadres: à la télévision, une grosse machine aléatoire crachait des boules de couleur vive.

J'avais le onze, regretta Laure, presque le vingt. Le téléviseur était petit, portatif, surmonté d'une ante

Justine régnait toujours sur ses tissus achetés le matin même chez Reine et chez Dreyfus, au pied du funiculaire – grands magasins exhaustifs, bourrés de toute espèce concevable d'étoffes et de femmes appropriées, rondes brunes à dorures, sèches pâles à rayures, satinées de beige sur net chignon blond, adolescentes fluorescentes. Laure l'y avait accompagnée puis elles étaient rentrées ensemble, achetant au passage des fleurs et du veau près du restaurant khmer qui mange le coin de la rue de Prague, passant ensuite devant la salle de boxe puis l'ante

Elles étaient des amies d'enfance, sans avoir fréquenté les mêmes établissements. Elles s'étaient rencontrées loin de l'école, au cours d'une matinée organisée par le Club Magique de Villemomble, et d'abord elles ne s'étaient pas plu du tout. Elles burent un peu de gin avant de sortir, mirent un peu d'ordre suivies de leurs verres, laissant des ronds humides un peu partout. Laure se couvrit de sa fourrure et Justine d'un chapeau, le tapis de l'escalier amortit leurs talons. A huit heures moins vingt-cinq elles allaient d'un pas vif, dans l'air vif, voir un film avec Richard Widmark.