Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 19 из 49

Il passa ses mains sur son visage, longtemps, il frotta longtemps ses oreilles et son cou, plongea profond sous le col roulé de son vêtement. Ensuite il se frotta longtemps les mains puis se frotta tout entier en s'attardant aux chevilles, longtemps aux genoux, longtemps aux épaules, puis il recommença de se frotter les yeux, tout était très obscur. Il eut un peu de mal à cesser de se frotter. Il dut se contraindre à rester immobile, debout, les yeux grands ouverts dans le noir et le diesel, redécouvrant le rythme de son souffle, frisso

Revenu à lui, Charles vida ses poches de l'excédent de galets jusqu'au niveau de ses affaires perso

15

A l'aéroport de Subang, l'attente avait contrarié Pons. La chaleur concentrée dans l'asphalte faisant trembler à sa surface toute chose en feu follet gluant, le duc commença de fondre par les deux bouts avant de se geler sous les climatiseurs; glaçant sa chemise contre sa peau, sa sueur s'évaporait par lents et profonds frissons. Juste vêtu d'une enveloppe de coton, le duc prit soin de se changer dans les toilettes exiguës du Boeing, redoublant d'épaisseurs en prévision de Paris: sous trop de laine il était donc en nage à Roissy aussi, dans la file d'attente des taxis. Il était fatigué, les notions de sommeil et de jour se mêlaient, glissaient sur celles d'espace, de froid, il avait mal aux genoux. Il s'éto

Une autre fois il se retint à la portière du taxi, après qu'il eut dû charger lui-même sa valise dans le coffre. En chemin, la banlieue nord se précisa progressivement: différente, certes, du souvenir qu'il en gardait, sûrement différente, des choses avaient sûrement changé qu'il ne sut voir, ne put distinguer des autres. Le taxi s'arrêta près de la Mutualité, devant un hôtel accroché à la mémoire de Pons.

Il existait encore, semblable à son image, également accroché à son bail, n'ayant gagné aucune étoile; la chambre do

Des femmes passaient devant lui sur le trottoir large, encore couvertes. Le duc eut un peu froid, hésitant à se lever pour plonger dans la ville froide. Proche de l'hôtel, cette terrasse était une zone franche, protectrice, un milieu transitoire équivalent du pédiluve au seuil de la piscine. N'était le frais fond de l'air, Pons s'y fût assoupi. Après un autre ballon qui était un peu meilleur, il se leva quand même et se dirigea sûrement vers un bureau de poste qu'il savait là, aucune raison qu'il ait bougé du coin de la rue Danton. Sans doute la peau de Pons n'avait-elle pas éliminé toute l'humidité tropicale accumulée dans ses pores, car une épaisse buée se condensa sur la porte vitrée dès qu'il fut dans une des cabines du sous-sol.

– C'est Jean-François, dit-il. Pardon? Bon, je ne quitte pas.

D'un index patient, Pons traça des formes dans la buée, une chaise, un profil, pendant que Boris courait de travers après sa maîtresse. Enfin la voix de celle-ci parut, Pons écrasa le combiné sur son oreille. C'est moi, Nicole, souffla-t-il. Jean-François.

– Oh, Jeff, exhala-t-elle.

– Bien passé, dit le duc, oui. Pas trop, un peu. Pas tout de suite, il faut d'abord que je. Et puis je voudrais voir Georges. Je sais, je sais, moi aussi, moi aussi. Demain. Moi aussi, oui.

Il raccrocha, réfléchit un instant, électrifia la chaise d'un zigzag machinal avant de regagner la grouillante surface du sol. Peu après, calé dans les housses pelucheuses d'un taxi Datsun, il découvrait la voie sur berge dans le sens du courant, en contrebas d'un front d'hiératiques façades sculptées dans de l'iceberg gris. L'allée des Cygnes à droite, matérialisant l'axe du fleuve, était toujours décorée des mêmes figurines – un couple, une bo

Outre l'aquarium et les plantes vertes, le hall de la tour s'ornait d'appliques géométriques et de bas-reliefs en métal jaune, en verre fumé. Pons lut les noms, les numéros d'appartement sur les boîtes aux lettres dorées. Ses lèvres bougeaient sans bruit. Dans l'ascenseur il se trouva coincé contre le miroir du fond, l’une des femmes enceintes avait coiffé de légers écouteurs qui grésillaient dans le silence soufflé de la machinerie. L'une après l'autre sortirent avec leur cargaison; Pons, vérifiant son image dans le miroir, poursuivit seul son ascension jusqu'à l'avant-dernier étage.

Derrière sa porte, Paul suivait une émission consacrée à la faune montagnarde: la so

– Tu as reçu ma lettre?

– Tu prendras quelque chose, supposa Paul en disposant de quoi prendre.

– Plutôt celle-là (Pons désigna l'étiquette jaune), vas-y. Vas-y, vas-y, vas-y, stop. Tu es beau, affirma-t-il en levant son verre, c'est bien. Je vois que ça va. (Il but.) Trente ans, n'est-ce pas, tu étais comme ça. (Il disposa sa main en pronation dans l'air.) Ça te fait combien, maintenant? (Il but.) Tu as des nouvelles d'Albert?