Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 17 из 49

Le silence rétabli, Charles enfermé dans le parc inspecta les maiso

Plus tard il déambulait dans le parc vide à la recherche de son dîner. Non loin d'une panoplie d'agrès qui se détendaient, deux poubelles se montrèrent correctement garnies de reliefs de sandwiches et de gâteaux secs dont Charles élimina les bords souillés, rassemblant le reste dans une serviette en papier presque vierge. Ayant même découvert une boîte aux deux tiers pleine de soda dégazé, il s'installa dans un petit avion vert, tranquille au bout de son bras mécanique. La place était étroite, Charles pliait ses genoux contre sa poitrine, de part et d'autre du minuscule volant, son arlequin disposé devant lui sur le nez luisant de l'appareil. Il mâchait lentement tout en regardant le ciel noircir.

Il s'endormit derrière les miroirs déformants, puis quitta le parc d'attractions bien avant l'ouverture. C'était en semaine et peu de public viendrait s'y divertir. Vers la porte d'Auteuil, des enfants pensifs se pressaient, leur sacoche tressautant contre leurs omoplates. Au bout d'une demi-heure de marche, Charles s'arrêta dans une petite rue calme, devant deux étages pleins de lierre séparés du trottoir par une grille basse et vingt mètres carrés de rosiers.

Charles poussa le portail, so

– C'est toi, s'élargit son sourire. Entre.

Salon tiède et net troué de miroirs, taché de fleurs dans l'odeur de la cire, des cadres en bois doré contie

– Installe-toi bien, tu es fatigué.

– Non, dit-il en prenant la chaise, non.

– Quelque chose de chaud, tu veux prendre une douche? Je vais te faire couler un bain.

– Je veux bien, dit Charles. Quoique j'en ai pris un hier, déjà.

– Ça détend, dit Gina de Béer, ça va te détendre, mets-toi mieux. Installe-toi tout à fait bien, je reviens. Tu as soif, tu sais où sont les choses.

Il n'a pas soif, il écoute le déroulement de l'eau courante à l'autre bout de l'appartement, d'où bientôt parvie

Après le déjeuner, Charles pria Gina de réunir quelques effets laissés chez elle. Secret de son assez bo

– Toutes tes affaires, s'inquiéta Gina. Tu t'en vas?

– Peut-être, dit Charles en passant à son épaule la courroie du sac comblé. Quelques jours.

– Tu ne vas pas revenir, s'embrasa-1-elle soudain. C'est ça, tu ne vas pas revenir.

– Bien sûr que si, dit Charles doucement. Enfin, Gina, bien sûr que je reviendrai.

L'affichage s'était modifié depuis deux semaines qu'il n'était plus passé à Saint-Ambroise; des promesses neuves s'incurvaient le long de la voûte de la station, mais la caisse n'avait pas bougé. Charles arrivé par le métro la repéra tout de suite en bout de quai, avant même que le conducteur eût commencé de freiner – une grande caisse cadenassée servant de boîte à outils aux réparateurs du réseau. Deux perso

Celle-ci rentrée dans son terrier, Charles remonta le quai vers la grande caisse où il entreposait quelques autres possessions, deux paquets de tabac moite et deux grosses boîtes de conserve sans étiquette, conditio

– Ghislaine, prononça-t-il.

Ghislaine leva sa paupière sur un œil fixement méfiant, strié de rais polychromes. Charles sortit de sa poche un des paquets de tabac qu'il lui tendit avec une boîte – des petits pois, je crois. La paupière de la marginale fit un rapide aller-retour, dont Charles n'établit pas s'il dénotait la co

Les boutiques venaient de rouvrir dans le bas du Faubourg-du-Temple et cela sentait violemment le poisson, le jambon, le gaz d'échappement, le fromage et la pâte à pain, en un peu moins frais qu'au matin. Charles traversa le carrefour vers le profil de Frederick Lemaître: comme à l'accoutumée, des pékins désœuvrés, adossés au comédien, suivaient l'évolution d'une péniche dans le sas. Passé l'écluse elle emprunterait le tu

Vite l'entrée n'était plus derrière lui qu'une tache laiteuse, un point blême en suspens dans le noir, à peine reflété par l'eau goudro