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Mais il n'y a rien ni perso

C'est bon, a dit le Flétan, tout est là. Qu'est-ce qu'on fait? Tu les transportes, a répondu Baumgartner en lui tendant la clef du box. Tu empiles tout là-dedans. Tu veilles à manipuler délicatement les choses. C'est qu'avec cette chaleur, a rappelé le Flétan. Transporte, a répété Baumgartner.

Derrière son volant, sans quitter son siège et s'assurant en permanence que perso

Puis il a relevé la tête en fronçant les sourcils. Il en manque un, a-t-il dit. Un quoi? a dit le Flétan. Un conteneur, a dit Baumgartner. Il y en a un qui n'est pas là. Vous rigolez, s'est exclamé le toxicomane. Ça faisait sept au départ et ça fait sept maintenant. C'est bon. Je ne crois pas, a dit Baumgartner. Vérifie voir au fond de la fourgo

Le Flétan a haussé dubitativement les épaules puis, comme il est remonté à l'arrière du frigorifique, Baumgartner a refermé promptement sur lui les portes de la fourgo

Depuis l’habitacle, on n'entend plus du tout la voix du jeune homme. Baumgartner a fait glisser un petit volet situé derrière le siège du conducteur, débloqué un loquet puis ouvert le judas rectangulaire qui permet de communiquer avec le compartiment isotherme. Ce regard est de la taille d'un paquet de dix cigarettes: s'il permet de jeter un coup d'oeil à l'arrière, il est de taille trop réduite pour qu'on puisse y passer une main.

Voilà, a dit Baumgartner, c'est fini maintenant. Attendez, a dit le Flétan, qu'est-ce que vous faites? Ne déco

Mais non, a dit le Flétan, mais non, et puis arrêtez de pérorer, s'il vous plaît. Il a encore essayé de convaincre Baumgartner avant de paraître à court d'arguments. De plus, a-t-il tenté de faire valoir en désespoir de cause, c'est un procédé tellement banal, votre truc. On tue les gens comme ça dans tous les téléfilms, ça n'a vraiment rien d'original. Ce n'est pas faux, a reco

Puis il a verrouillé hermétiquement le judas et, une fois qu'il a mis le moteur en marche, il a actio

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La disparition des antiquités représentait évidemment une lourde perte. Le financement de l'expédition vers le grand Nord, dans laquelle Ferrer avait investi pas mal de fonds, se trouvait perdu et n'était que pur déficit. Et comme arrivait le moment – conjoncture très médiocre et saison creuse – où plus rien ne se vendait à la galerie, ce fut aussi celui que choisirent bien sûr les créanciers pour rappeler leur existence, les artistes pour réclamer le solde de leur compte et les banquiers pour faire part de leur inquiétude. Puis, quand la fin de l'été se profilerait, comme chaque a

Avant toute chose il avait fallu porter plainte, bien sûr. Aussitôt le vol constaté, Ferrer avait appelé le commissariat du IXe et un officier de police judiciaire fatigué s'était présenté dans l'heure. L'homme avait constaté les dégâts, enregistré la plainte et demandé le nom de sa compagnie d'assurances. Eh bien justement, avait dit Ferrer, il se trouve que ces objets n'étaient pas encore assurés. Je m'apprêtais à le faire, mais. Vous êtes complètement idiot, l'avait grossièrement interrompu l'O.P., lui faisant honte de sa négligence et lui représentant que le destin des objets disparus était on ne pouvait plus aléatoire, microscopiques étaient les chances de les retrouver. Ce genre d'affaire, avait-il exposé, était peu souvent résolue vu la haute organisation du trafic des œuvres d'art: l'affaire aurait tendance, au mieux, à traîner en longueur. On allait voir ce qu'on pourrait faire, mais c'était très très mal barré. Je vais quand même vous envoyer quelqu'un de l'identité judiciaire, avait conclu le policier, voir s'il pourra trouver quelque chose. En attendant, bien sûr, vous ne touchez à rien.

Le technicien était arrivé quelques heures plus tard. Il ne s'était pas présenté tout de suite, passant d'abord un moment dans la galerie pour examiner les œuvres. C'était un petit myope maigre aux cheveux blonds trop fins, souriant en permanence et n'ayant pas l'air pressé de se mettre au travail. Ferrer l'avait d'abord pris pour un client possible – Vous vous intéressez à l'art moderne? – avant que l'homme s'identifie en montrant son insigne professio