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N’eût-il pas été fort curieux qu’une belle dédaigneuse comme je l’étais, que moi, qui aurais voulu co
Une effervescence subite, un bouillon de sang peut-il à ce point mater les résolutions les plus superbes? et la voix du corps parle-t-elle plus haut que la voix de l’esprit? – Toutes les fois que mon orgueil envoie trop de bouffées vers le ciel, pour le ramener à terre, je lui mets le souvenir de cette nuit devant les yeux. – Je commence à être de l’avis des hommes: quelle pauvre chose que la vertu des femmes! et de quoi dépend-elle, mon Dieu!
Ah! c’est en vain que l’on veut déployer des ailes, trop de limon les charge; le corps est une ancre qui retient l’âme à la terre: elle a beau ouvrir ses voiles au vent des plus hautes idées, le vaisseau reste immobile, comme si tous les rémoras de l’Océan se fussent suspendus à sa quille. La nature se plaît à nous faire de ces sarcasmes-là. Quand elle voit une pensée debout sur son orgueil comme sur une haute colo
Je n’aimais certainement pas l’homme qui me causait des agitations si étranges. – Il n’avait d’autre charme que de ne pas être une femme, et, dans l’état où je me trouvais, c’était assez! Un homme! cette chose si mystérieuse qu’on nous dérobe avec tant de soin, cet animal étrange dont nous savons si peu l’histoire, ce démon ou ce dieu qui peut seul réaliser tous les rêves de volupté indécise dont le printemps berce notre sommeil, la seule pensée que l’on ait depuis l’âge de quinze ans!
Un homme! – L’idée confuse du plaisir flottait dans ma tête alourdie. Le peu que j’en savais allumait encore mon désir. Une ardente curiosité me poussait d’éclaircir une bo
Sur le mur où je tenais les yeux fixés, à la faveur d’une obscurité moins épaisse, je commençais à distinguer la place de la croisée; les carreaux devenaient moins opaques, et la lueur grise du matin, qui glissait derrière, leur rendait la transparence; le ciel s’éclaira peu à peu: il était jour. – Tu ne peux t’imaginer quel plaisir me fit ce pâle rayon sur la teinture verte de serge d’Aumale qui entourait le glorieux champ de bataille ou ma vertu avait triomphé de mes désirs! Il me sembla que c’était ma couro
Quant au compagnon, il était tout à fait tombé par terre.
Je me levai, je me rajustai au plus vite et je courus à la fenêtre; je l’ouvris, la brise matinale me fit du bien.
Pour me peigner je me mis devant le miroir, et je fus éto
Les autres entrèrent pour voir si nous étions encore endormis, et poussèrent du pied leur ami qui ne parut pas très surpris de se trouver où il était.
On sella les chevaux, et nous nous remîmes en route. – Mais en voici assez pour aujourd’hui ma plume ne marque plus, et je n’ai pas envie de la tailler je te dirai une autre fois le reste de mes aventures en attendant, aime-moi comme je t’aime, Graciosa la bien nommée, et, d’après ce que je viens de te conter, ne va pas avoir une trop mauvaise opinion de ma vertu.
Chapitre 11
Beaucoup de choses sont e
Cela me fait réellement mal au cœur. – Qu’y a-t-il de plus niais et de plus stupide? Ces gros tyrans à voix de taureau, qui arpentent le théâtre d’une coulisse à l’autre, en faisant aller comme des ailes de moulin leurs bras velus, empriso
Les amantes infortunées ne sont pas moins ridicules. – C’est quelque chose de divertissant que de les voir s’avancer, vêtues de noir ou de blanc, avec des cheveux qui pleurent sur leurs épaules, des manches qui pleurent sur leurs mains, et le corps prêt à saillir de leur corset comme un noyau qu’on presse entre les doigts; ayant l’air de traîner le plancher à la semelle de leurs souliers de satin, et, dans les grands mouvements de passion, repoussant leur queue en arrière avec un petit coup de talon. – Le dialogue, exclusivement composé de oh! et de ah! qu’elles gloussent en faisant la roue, est vraiment une agréable pâture et de facile digestion. – Leurs princes sont aussi fort charmants; ils sont seulement un peu ténébreux et mélancoliques, ce qui ne les empêche pas d’être les meilleurs compagnons qui soient au monde et ailleurs.