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Si j’avais eu un amant, j’aurais beaucoup aimé co

Je le sais maintenant, et en vérité je suis fâchée de le savoir. – C’est toujours ainsi.

Mon idée était folle, mais ce qui est fait est fait, et l’on ne peut désapprendre ce qu’on a appris. Je ne t’ai pas écoutée, ma chère Graciosa, je m’en repens; mais on n’écoute pas toujours la raison, surtout quand elle sort d’une aussi jolie bouche que la tie

Mais tout cela me tourmentait trop, et je n’y pouvais tenir, je grillais dans ma petite peau comme une châtaigne sur la poêle. La pomme fatale s’arrondissait dans le feuillage au-dessus de ma tête, et il fallait bien finir par y do

J’ai fait comme Ève la blonde, ma très chère grand-mère, – j’ai mordu.

La mort de mon oncle, le seul parent qui me restât, me laissant libre de mes actions, j’exécutai ce que je rêvais depuis si longtemps. – Mes précautions étaient prises avec le plus grand soin pour que nul ne se doutât de mon sexe: j’avais appris à tirer l’épée et le pistolet; je montais parfaitement à cheval et avec une hardiesse dont peu d’écuyers eussent été capables; j’étudiai bien la manière de porter le manteau et de faire siffler la cravache, et, en quelques mois, je parvins à faire d’une fille qu’on trouvait assez jolie un cavalier beaucoup plus joli, et à qui il ne manquait guère que la moustache. – Je réalisai ce que j’avais de bien, et je sortis de la ville, décidée à n’y revenir qu’avec l’expérience la plus complète.

C’était le seul moyen d’éclaircir mes doutes: avoir des amants ne m’aurait rien appris, ou du moins cela ne m’eût do

C’est une chose effrayante à penser et à laquelle on ne pense pas, combien nous ignorons profondément la vie et la conduite de ceux qui paraissent nous aimer et que nous épouserons. Leur existence réelle nous est aussi parfaitement inco

Nous autres, notre vie est claire et se peut pénétrer d’un regard. – Il est facile de nous suivre de la maison au pensio

Le cristal le plus limpide n’a pas la transparence d’une pareille vie.

Celui qui nous prend sait ce que nous avons fait à partir de la minute où nous avons été sevrées et même avant, s’il veut pousser ses recherches jusque-là. – Notre vie n’est pas une vie, c’est une espèce de végétation comme celle de la mousse et des fleurs; l’ombre glaciale de la tige maternelle flotte autour de nous, pauvres boutons de rose étouffés qui n’osons pas nous ouvrir. Notre affaire principale, c’est de nous tenir bien droites, bien corsées, bien busquées, l’œil convenablement baissé, et de surpasser en immobilité et en raideur les ma

Il nous est défendu de prendre la parole, de nous mêler à la conversation autrement que pour répondre oui et non, si l’on nous interroge. Aussitôt que l’on veut dire quelque chose d’intéressant, l’on nous renvoie étudier notre harpe ou notre clavecin, et nos maîtres de musique ont tous soixante ans pour le moins et pre

À force de vouloir nous empêcher d’être romanesques, l’on nous rend idiotes. Le temps de notre éducation se passe non pas à nous apprendre quelque chose, mais à nous empêcher d’apprendre quelque chose.

Nous sommes réellement priso

J’avais envoyé mon cheval et mes vêtements à une petite métairie que j’ai à quelque distance de la ville. Je m’habillai, je montai en selle et je partis, non sans un singulier serrement de cœur. – Je ne regrettai rien, je ne laissai rien en arrière, ni parents, ni amis, pas un chien, pas un chat, et cependant j’étais triste, j’avais presque les larmes aux yeux; cette ferme où je n’avais été que cinq ou six fois n’avait pour moi rien de particulier et de cher, et ce n’était pas la complaisance que l’on prend à de certains endroits et qui vous attendrit lorsqu’il les faut quitter, mais je me retournai deux ou trois fois pour voir encore de loin monter entre les arbres sa vrille de fumée bleuâtre.

C’était là où, avec mes robes et mes jupes, j’avais laissé mon titre de femme; dans la chambre où j’avais fait ma toilette étaient serrées vingt a