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J’avais aussi un autre désir, plus vif, plus ardent, plus perpétuellement éveillé, plus chèrement caressé, et auquel j’avais bâti dans mon âme un ravissant château de cartes, un palais de chimères, détruit bien souvent et relevé avec une constance désespérée – c’était d’avoir une maîtresse, – une maîtresse tout à fait à moi, – comme le cheval. – Je ne sais pas si la réalisation de ce rêve m’aurait aussi promptement trouvé froid que la réalisation de l’autre; – j’en doute. Mais peut-être ai-je tort, et en serai-je aussi vite lassé. – Par une disposition spéciale, je désire si frénétiquement ce que je désire, sans toutefois rien faire pour me le procurer, que si par hasard, ou autrement, j’arrive à l’objet de mon vœu, j’ai une courbature morale si forte et suis tellement harassé, qu’il me prend des défaillances et que je n’ai plus assez de vigueur pour en jouir: aussi des choses qui me vie
J’ai vingt-deux ans; je ne suis pas vierge. – Hélas! on ne l’est plus à cet âge-là, maintenant, ni de corps, – ni de cœur, – ce qui est bien pis. – Outre celles qui font plaisir aux gens pour la somme et qui ne doivent pas plus compter qu’un rêve lascif, j’ai bien eu par-ci par-là, dans quelque coin obscur, quelques femmes ho
Je n’ai donc pas encore eu de maîtresse, et tout mon désir est d’en avoir une. – C’est une idée qui me tracasse singulièrement; ce n’est pas effervescence de tempérament, bouillon du sang, premier épanouissement de puberté. Ce n’est pas la femme que je veux, c’est une femme, une maîtresse; je la veux, je l’aurai, et d’ici à peu; si je ne réussissais pas, je t’avoue que je ne me relèverais pas de là, et que j’en garderais devant moi-même une timidité intérieure, un découragement sourd qui influerait gravement sur le reste de ma vie. – Je me croirais manqué sous de certains rapports, inharmonique ou dépareillé, – contrefait d’esprit ou de cœur; car enfin ce que je demande est juste, et la nature le doit à tout homme. Tant que je ne serai pas parvenu à mon but, je ne me regarderai moi-même que comme un enfant, et je n’aurai pas en moi la confiance que j’y dois avoir. – Une maîtresse pour moi, c’est la robe virile pour un jeune Romain.
Je vois tant d’hommes, ignobles sous tous les rapports, avoir de belles femmes dont ils sont à peine dignes d’être les laquais que la rougeur m’en monte au front pour elles – et pour moi. – Cela me fait prendre une pitoyable opinion des femmes de les voir s’enticher de tels goujats qui les méprisent et les trompent, plutôt que de se do
Les femmes ont fort peu de goût pour les contemplateurs et prisent singulièrement ceux qui mettent leurs idées en action. Après tout, elles n’ont pas tort. Obligées par leur éducation et leur position sociale à se taire et à attendre, elles préfèrent naturellement ceux qui vie
Tout cela n’empêche pas qu’il ne me faille absolument une maîtresse. Je ne sais pas qui ce sera, mais je ne vois perso
Je n’aime pas beaucoup les mamans, et j’aime encore moins les petites filles. Je dois avouer aussi que les femmes mariées n’ont qu’un très médiocre attrait pour moi. – Il y a là-dedans une confusion et un mélange qui me révoltent; je ne puis souffrir cette idée de partage. La femme qui a un mari et un amant est une prostituée pour l’un des deux et souvent pour tous deux, et puis je ne saurais consentir à céder la place à un autre. Ma fierté naturelle ne saurait se plier à un tel abaissement. Jamais je ne m’en irai parce qu’un autre homme arrive. Dût la femme être compromise et perdue, dussions-nous nous battre à coups de couteau, chacun un pied sur son corps, – je resterai. – Les escaliers dérobés, les armoires, les cabinets et toutes les machines de l’adultère seraient de pauvre ressource avec moi.
Je suis peu épris de ce qu’on appelle candeur virginale, i
Je me soucie assez peu de faire épeler l’alphabet d’amour à de petites niaises. – Je ne suis ni assez vieux ni assez corrompu pour prendre grand plaisir à cela: j’y réussirais mal d’ailleurs, car je n’ai jamais rien su montrer à perso