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Mais il en tirait des corollaires aberrants: il fallait se réconcilier avec son e
C'est malin! Si l'on se réconcilie avec son e
Et s'il n'y a plus d'e
Comme quoi ça n'avance à rien.
Donc, il faut aimer son e
L'armistice est un luxe que l'être humain ne peut pas se permettre.
La preuve, c'est que les périodes de paix aboutissent toujours à de nouvelles guerres.
Tandis que les guerres se soldent généralement par des périodes de paix.
Comme quoi la paix est nuisible à l'homme, alors que la guerre lui est bénéfique.
Il faut donc accepter les quelques nuisances de la guerre avec philosophie.
Aucun quotidien, aucune agence de presse, aucune historiographie n'a jamais mentio
C'est ainsi que, dès mon plus jeune âge, j'ai su à quoi m'en tenir quant à la censure et à la désinformation.
Car enfin, peut-on trouver dérisoire un conflit de trois a
Prétexte à ce silence des médias: la moye
Suite à la conférence internationale de 1972, un mouchard fit part aux adultes de la guerre qui allait commencer.
Les parents comprirent que la tension belliqueuse était trop forte et qu'ils ne pourraient empêcher le conflit imminent.
Cependant, une nouvelle guerre contre les Allemands eût eu des répercussions insoutenables sur les relations avec les Teutons adultes. A Pékin, les pays non communistes devaient se serrer les coudes.
Une délégation parentale vint donc imposer ses conditions: «Oui à la guerre mondiale, puisqu'elle est inévitable. Mais aucun Allemand de l'Ouest ne pourra être tenu pour e
Cette clause ne nous dérangea pas le moins du monde: les Allemands de l'Est étaient bien assez nombreux pour nous servir d'adversaires.
Or, les adultes voulaient plus: ils exigeaient que les Allemands de l'Ouest fussent incorporés dans l'armée des Alliés. Nous ne pûmes nous y résoudre. Nous acceptions de ne pas les démolir, mais lutter à leurs côtés nous eût paru contre nature. D'ailleurs, les enfants d'Allemagne de l'Ouest n'y consentirent pas davantage: faute d'e
(A l'exception de quelques petits traîtres qui passèrent à l'Est: singulières défections qui n'ont jamais été mentio
Ainsi, dans l'esprit des grands, la situation était régularisée: la guerre des enfants était une guerre contre le communisme. J'atteste qu'aux yeux des enfants, ce ne fut jamais le cas. Pour jouer le rôle des méchants, seuls les Allemands nous enthousiasmaient. La preuve en est que nous n'avons jamais combattu les Albanais ou autres Bulgares de San Li Tun. Ces quantités négligeables restèrent hors jeu.
Pour les Russes, la question ne se posa pas: ils avaient eux aussi leur compound particulier. Les autres pays de l'Est résidaient à Wai Jiao Ta Lu, à l'exception des Yougoslaves, que nous n'avions aucune raison de tenir pour e
Ce furent les seules incursions des parents dans notre déclaration de guerre. Je tiens à souligner combien elles nous parurent artificielles.
En 1974, j'étais la benjamine des Alliés, avec mes sept ans. Le doyen, qui en avait treize, me faisait l'effet d'un vieillard. L'essentiel de nos effectifs était français, mais le continent le mieux représenté était l'Afrique: Camerounais, Maliens, Zaïrois, Marocains, Algériens, etc., emplissaient nos bataillons. Il y avait aussi les Chiliens, les Italiens et ces fameux Roumains que nous ne pouvions pas sentir, parce qu'ils nous avaient été imposés et qu'ils ressemblaient à une délégation officielle.
Les Belges étaient limités à trois: mon frère André, ma sœur Juliette et moi. Il n'y avait pas d'autres enfants de notre nationalité. En 1975 arrivérent deux exquises petites Flamandes, mais elles étaient désespérément pacifistes: nous ne pûmes rien en tirer.
Au sein de l'armée se constitua dès 1972 un noyau dur de trois pays indéfectibles tant en amitié qu'au combat: les Français, les Belges et les Camerounais. Ces derniers portaient des prénoms ahurissants, avaient de grosses voix et riaient tout le temps: ils étaient adorés. Les Français nous paraissaient pittoresques: ils nous demandaient avec une réelle candeur de parler en belge, ce qui nous faisait rigoler, et ils mentio
Les Italiens étaient le meilleur ou le pire: ils comptaient autant de poltrons que de braves. Et encore: l'héroïsme de ces braves obéissait à leurs sautes d'humeur. Les plus téméraires pouvaient se révéler les plus lâches dès le lendemain de leurs exploits. Parmi eux, il y avait une mi-Italie
Les Zaïrois se battaient à merveille: le problème était qu'ils se battaient autant entre eux que contre l'e
La guerre prit vite des proportions sérieuses et il apparut que notre armée ne pouvait se passer d'un hôpital.
Au sein du ghetto, près de la briqueterie, nous trouvâmes une gigantesque caisse en bois qui avait servi à un déménagement. Dix d'entre nous pouvaient s'y tenir debout.
La caisse de déménagement fut élue hôpital militaire à l'unanimité.
Il nous manquait encore le perso
Lors d'une expédition de grande envergure, notre armée parvint à investir le garage d'une famille d'Allemands de l'Est. Lés garages constituaient des positions stratégiques considérables, car c'était là que les adultes enfermaient leurs provisions. Et Dieu sait si ces stocks étaient précieux à Pékin, où les marchés ne vendaient guère que du porc et du chou.
Dans ce garage teuton, nous débusquâmes une caisse remplie de sachets de soupe déshydratée. Elle fut confisquée et entreposée à l'hôpital. Encore fallait-il lui trouver une utilisation. Un symposium se pencha sur la question et découvrit que la soupe en sachets était bien meilleure à l'état de poudre. Les généraux se réunirent en secret avec l'infirmière-médecin pour décréter que cette poudre serait notre placebo guerrier: on lui attribuerait une valeur de panacée tant pour les plaies physiques que pour les tourments de l'âme. Celui qui y incorporerait de l'eau passerait au tribunal militaire.
Le placebo remporta un tel succès que l'hôpital ne désemplit pas. Les simulateurs étaient excusables: Juliette avait fait du dispensaire une antichambre de l'Eden. Elle couchait les «malades» et les «blessés» sur des matelas de Renmin Ribao, elle les questio