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Ils pouvaient même ne rien faire, rester assis sur des fauteuils en vis-à-vis. Ils ne se diraient rien, ou il lui parlerait sans discontinuer de son amour immodéré pour les pierres volcaniques dont il possédait une petite collection. Elle ferait des efforts pour garder les yeux ouverts pour éviter de bâiller. Elle lui poserait même des questions sur l'apparence exacte de ses cailloux et il les décrirait un à un. Quand elle n'en pourrait plus, elle lui demanderait s'il n'avait pas parfois envie de les jeter sur les pare-brise des voitures, les vitrines, les passants. Il lui dirait qu'il avait aussi des pièces de mo
Avant de mourir, il voyagerait afin de se faire une idée de la planète. Ailleurs, les gens devaient souffrir différemment, on devait pouvoir lire sur leur visage l'angoisse qui les caractérisait. On devinait aussi la joie particulière qui les habitait, les éclairait de l'intérieur, les rendant translucides et les obligeant à se trémousser comme des lampions sous le vent de la nuit. Il voulait co
Elle voudrait savoir s'il pensait sérieusement au suicide, s'il avait déjà tenté sa chance. Il croirait d'abord qu'elle évoquait un jeu, puis il lui confesserait sa peur des dysfonctio
Si elle était trop désœuvrée, il pouvait modifier sa coiffure du bout des doigts, lui masser les épaules et la nuque. Il avait aussi plusieurs stylos dans la poche intérieure de sa veste, perso
Elle lui proposerait de quitter cet endroit l'espace d'une heure ou deux pour humer l'air de la ville et voir des têtes qu'elle n'avait encore jamais vues. Elle avait besoin sans cesse que de nouveaux visages occupent un instant sa conscience, comme si elle espérait disparaître derrière eux. Il lui conseillerait de respirer profondément pour chasser l'angoisse qui montait en elle. Elle lui dirait je m'e
Il ouvrirait la fenêtre, il lui dirait qu'il appréciait la fraîcheur nocturne. Il suffisait parfois d'une variation de température pour sentir la valeur de la vie. Elle s'approcherait, elle regarderait en bas, elle se dirait que son corps ferait une tache terne sur le toit du camion garé devant l'immeuble. Elle lui dirait poussez-moi. Il refermerait la fenêtre pour ne pas trop refroidir la pièce, ils s'assiéraient à nouveau. Il essaierait de lancer une conversation sur les vacances, elle lui parlerait de sa difficulté à passer le temps, à rester chez elle, dans les rues, à admettre que sa vie était en cours de route, qu'il fallait en supporter le lent déroulement. Il garderait le silence, elle se tairait. Ils ne diraient pas un mot pendant des heures, puis ils profiteraient du lever du jour pour prendre congé.
La solitude serait un plaisir, elle toucherait son corps du bout des doigts comme pour s'assurer qu'il n'y en avait pas deux. Elle se sentirait à l'écart de l'espèce. Elle haïrait tous ces immeubles qui renfermaient des gens rassemblés, agglutinés par grappes dans la pierre, la brique, le béton. Tolite cette population formée d'éléments reliés les uns aux autres, dont la chaîne était pour ainsi dire ininterrompue de villes en banlieues, de pays en continents, recouvrant la boule terrestre comme une cagoule.
Elle marcherait sur les trottoirs ensoleillés encore déserts, elle avancerait avec sa galaxie privée, dont perso
Elle aurait voulu do
En rentrant, elle mangerait une tartine de confiture, puis elle irait s'étendre devant le téléviseur qui lui prodiguerait toute la soirée du son et de l'image dont son cerveau se distrairait, quand il ne s'endormirait pas l'espace de dix minutes, avant de laisser les paupières se relever et les oreilles s'écarquiller à nouveau comme des yeux. Elle aimerait cette réalité inoffensive, sa vie ne serait qu'une suite d'instants protégés, que rien de bon ni de mauvais ne pourrait atteindre.
Elle se trémoussait, elle en avait assez d'être assise. Elle aurait voulu que quelqu'un vie
Elle préférerait qu'il s'en aille, et qu'une petite femme rousse vie