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– Oui, madame, cela et bien d’autres choses encore. Je sais par exemple que votre mari ne co
Elle l’entrevoyait, au moins, et elle se demandait comment résister.
– Voici donc, poursuivait Louis, ce que j’ai imaginé: demain ou après-demain, vous recevrez de Saint-Rémy une lettre de votre cousine, vous a
– Jamais! monsieur, s’écria Mme Fauvel, jamais ma cousine qui est une ho
Le marquis eut un sourire plein de fatuité.
– Vous ai-je dit, demanda-t-il que je mettrais la cousine dans la confidence?
– Il le faudrait bien!
– Oh! que ne
Mme Fauvel s’était levée transportée d’indignation.
– Il y a ma volonté! s’écria-t-elle, que vous ne comptez pas.
– Pardon, fit le marquis avec une politesse railleuse, je suis sûr que vous vous rendrez à mes raisons.
– Mais c’est un crime, monsieur, que vous me proposez, un crime abominable!
Clameran, lui aussi, s’était levé. Toutes ses passions mauvaises mises en jeu do
– Je crois, reprit-il avec une violence contenue, que nous ne nous entendons pas. Avant de parler de crime, rappelez-vous le passé. Vous étiez moins timorée le jour où, jeune fille, vous avez pris un amant. Il est vrai que vous l’avez renié, cet amant, que vous avez refusé de le suivre, lorsque pour vous il venait de tuer deux hommes et de risquer l’échafaud.
» Vous n’aviez pas de ces préjugés mesquins, quand après un accouchement clandestin, à Londres, vous abando
» Où donc étaient vos scrupules au moment d’épouser monsieur Fauvel? Avez-vous dit à cet ho
– J’obéirai, monsieur, murmura l’infortunée, vaincue, écrasée.
Et huit jours après, en effet, Raoul, devenu Raoul de Lagors, dînait chez le banquier, entre Mme Fauvel et Madeleine.
17
Ce n’est pas sans d’effroyables déchirements que Mme Fauvel s’était résignée à se soumettre aux volontés de l’impitoyable marquis de Clameran.
Désespérée, elle était allée demander secours à son fils.
Raoul, en l’écoutant, avait paru transporté d’indignation, et il l’avait quittée pour courir, disait-il, arracher des excuses au misérable qui faisait pleurer sa mère.
Mais il avait trop présumé de ses forces. Bientôt il était revenu, l’œil morne, la tête basse, les traits contractés par la rage de l’impuissance, déclarant qu’il fallait se rendre, consentir, céder.
C’est alors que la pauvre femme put sonder la profondeur de l’abîme où on l’entraînait. Elle eut en ce moment comme un pressentiment des ténébreuses machinations dont elle serait la victime.
Quel horrible serrement de cœur, lorsqu’il lui fallut montrer l’œuvre du faussaire, la lettre de Saint-Rémy, lorsqu’elle a
Et quel supplice, le soir où elle présenta Raoul à tous les siens.
C’est d’ailleurs le sourire aux lèvres, que le banquier accueillit ce neveu dont il n’avait jamais entendu parler, et qu’il lui tendit sa main loyale.
– Parbleu! lui avait-il dit, quand on est jeune et riche, on doit préférer Paris à Saint-Rémy.
Au moins Raoul prit-il à tâche de se montrer digne de cet accueil cordial. Si l’éducation première, cette éducation que la famille seule peut do
Il n’était pas arrivé depuis huit jours qu’il avait su capter les très bo
Depuis que Raoul, grâce aux relations de ses cousins, se trouvait lancé dans un monde de jeunes gens riches, loin de se réformer, il menait une vie de plus en plus dissipée. Il jouait, il soupait; il se montrait aux courses, et l’argent, entre ses mains prodigues, glissait comme du sable.
Cet étourdi, d’une délicatesse susceptible jusqu’au ridicule, dans les commencements, qui ne voulait de sa mère qu’un peu d’affection, ne cessait maintenant de la harceler d’incessantes demandes.
Elle avait do
Cette femme si riche, dont les diamants étaient cités, qui avait un des plus beaux attelages de Paris, co
Jamais son mari n’avait eu l’idée de compter avec elle. Dès le lendemain de son mariage, il lui avait remis la clé du secrétaire, et depuis, librement, sans contrôle, elle prenait ce qu’elle jugeait nécessaire, tant pour le train considérable de la maison, que pour ses dépenses perso
Mais, précisément parce qu’elle avait toujours été modeste dans ses goûts, au point que son mari l’en plaisantait, précisément parce qu’elle avait administré l’intérieur avec une sagesse extrême, elle ne pouvait disposer tout à coup de sommes assez fortes sans s’exposer à des questions inquiétantes.
Certes, M. Fauvel, le plus généreux des millio