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– Si, avant de disparaître, j’ai voulu vous revoir, Valentine, c’est qu’en ce moment où tout m’abando

– Gaston, je vous en conjure…

– Ah! je le savais bien, interrompit-il, se méprenant au sens de l’exclamation de son amie; je savais bien que je ne fuirais pas seul. Je co

Il était fou, il délirait; il avait saisi Valentine par la taille, il l’attirait, il l’emportait.

À mesure que croissait l’exaltation de Gaston, et que de plus il oubliait tout ménagement, Valentine parvenait à dominer son émotion.

Doucement, mais avec une énergie qu’il ne lui soupço

– Ce que vous voulez, dit-elle du ton le plus triste et cependant le plus ferme, ce que vous espérez est impossible.

Cette froide résistance, inexplicable pour lui, sembla confondre Gaston.

– Impossible! balbutia-t-il.

– Vous me co

– Quoi! vous pouvez songer à rester, après l’horrible scène de ce soir, après un scandale qui demain sera public.

– Que voulez-vous dire? Que je suis perdue, déshonorée? Le suis-je plus aujourd’hui que je ne l’étais hier? Pensez-vous donc que l’ironie ou les mépris du monde me feront autant souffrir que les révoltes de ma conscience! Je me suis toujours jugée, Gaston, et si votre présence, le son de votre voix, la sensation de votre main touchant la mie

Gaston écoutait, immobile, stupéfait, il lui semblait qu’une Valentine nouvelle se dressait devant lui, et qu’il découvrait en son âme, qu’il croyait si bien posséder, des profondeurs qui lui avaient échappé.

– Et votre mère? murmura-t-il.

– C’est elle, ne le comprenez-vous pas, dont le souvenir m’enchaîne ici. Voulez-vous donc que, fille dénaturée, je l’abando

– Mais on la préviendra, Valentine, nous avons des e

– Qu’importe! La conscience parle, il suffit. Ah! que ne puis-je, au prix de ma vie, lui épargner d’apprendre que sa fille, sa Valentine, a failli à toutes les lois de l’ho

Cette froide raison, cette résignation douloureuse rallumèrent la colère de Gaston.

– Ne parlez pas ainsi! s’écria-t-il. Ne sentez-vous pas que la seule idée d’une humiliation pour vous me rend fou?

– Hélas! je dois pourtant m’attendre à bien d’autres outrages.

– Vous!… Que voulez-vous dire?

– Sachez donc, Gaston…

Elle s’interrompit, hésita un moment, et finit par dire:

– Rien, il n’y a rien, je suis folle.

Moins abando

– Tout espoir n’est pas perdu, reprit-il. Mon amour et mon désespoir ont, je le crois, touché mon père, qui est bon. Peut-être mes lettres, quand je serai hors de danger, peut-être, les instances de mon frère Louis le décideront-elles à demander pour moi votre main à madame de La Verberie.

Cette supposition sembla épouvanter Valentine.

– Fasse le ciel! s’écria-t-elle, que jamais le marquis ne tente cette démarche!

– Pourquoi?

– Parce que ma mère repousserait sa demande; parce que ma mère, il faut bien que je l’avoue, en cette extrémité, a juré que je serais la femme d’un homme ayant une grande fortune, et que votre père n’est pas riche.

– Oh! fit Gaston révolté, oh!… Et c’est à une telle mère que vous me sacrifiez!

– Elle est ma mère, et c’est assez. Je n’ai pas le droit de la juger. Mon devoir est de rester, je reste.

L’accent de Valentine a

– Ah! s’écria-t-il se tordant les mains de désespoir, vous ne m’avez jamais aimé!

– Malheureux!… ce que vous dites, vous ne le pensez pas!

– Non, continua-t-il, vous ne m’aimez pas, vous qui en ce moment où nous allons être séparés avez l’affreux courage de raiso

Déjà il s’avançait vers le Rhône, décidé à mourir; Valentine le retint.

– Est-ce donc là ce que vous appelez aimer? Gaston était absolument découragé, anéanti.

– À quoi bon vivre? murmura-t-il; que me reste-t-il désormais?

– Il nous reste Dieu, Gaston, qui tient entre ses mains notre avenir.

La moindre planche semble le salut au naufragé; ce seul mot «avenir» éclaira d’une lueur d’espérance les ténèbres de Gaston.

– Vous l’ordo