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Ce fut tout le contraire. Déjà, au moment où je l'avais couchée sur mon lit et où j'avais commencé à la caresser, Albertine avait pris un air que je ne lui co
– Mais ça ne fait rien du tout, voyons, j'ai tout mon temps.
Elle semblait gênée de se lever tout de suite après ce qu'elle venait de faire, gênée par bienséance, comme Françoise, quand elle avait cru, sans avoir soif, devoir accepter avec une gaieté décente le verre de vin que Jupien lui offrait, n'aurait pas osé partir aussitôt la dernière gorgée bue, quelque devoir impérieux qui l'eût appelée. Albertine-et c'était peut-être, avec une autre que l'on verra plus tard, une des raisons qui m'avaient à mon insu fait la désirer-était une des incarnations de la petite paysa
Françoise, qui, après la mort de ma tante, ne croyait pouvoir parler que sur un ton apitoyé, dans les mois qui précédèrent le mariage de sa fille, eût trouvé choquant, quand celle-ci se promenait avec son fiancé, qu'elle ne le tînt pas par le bras. Albertine, immobilisée auprès de moi, me disait:
– Vous avez de jolis cheveux, vous avez de beaux yeux, vous êtes gentil.
Comme, lui ayant fait remarquer qu'il était tard, j'ajoutais: «Vous ne me croyez pas?», elle me répondit, ce qui était peut-être vrai, mais seulement depuis deux minutes et pour quelques heures:
– Je vous crois toujours.
Elle me parla de moi, de ma famille, de mon milieu social. Elle me dit: «Oh! je sais que vos parents co
Du reste les notions sociales d'Albertine étaient d'une sottise extrême. Elle croyait les Simo
Non seulement Albertine me parla de Robert Forestier et de Suza
– Vous riez? lui dis-je.
– Je ne ris pas, je vous souris, me répondit-elle tendrement. Quand est-ce que je vous revois? ajouta-t-elle comme n'admettant pas que ce que nous venions de faire, puisque c'en est d'habitude le couro
– Puisque vous m'y autorisez, quand je pourrai je vous ferai chercher.
Je n'osai lui dire que je voulais tout subordo
– Hélas! ce sera à l'improviste, je ne sais jamais d'avance, lui dis-je. Serait-ce possible que je vous fisse chercher le soir quand je serai libre?
– Ce sera très possible bientôt car j'aurai une entrée indépendante de celle de ma tante. Mais en ce moment c'est impraticable. En tout cas je viendrai à tout hasard demain ou après-demain dans l'après-midi. Vous ne me recevrez que si vous le pouvez.