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Sans doute l'amour que M. de Guermantes avait eu successivement pour toutes recommençait un jour à se faire sentir: d'abord cet amour en mourant les léguait, comme de beaux marbres-des marbres beaux pour le duc, devenu ainsi partiellement artiste, parce qu'il les avait aimées, et était sensible maintenant à des lignes qu'il n'eût pas appréciées sans l'amour-qui juxtaposaient, dans le salon de la duchesse, leurs formes longtemps e

Cependant, en se mettant à table, la princesse de Parme se rappela qu'elle voulait inviter à l'Opéra la princesse de…, et désirant savoir si cela ne serait pas désagréable à Mme de Guermantes, elle chercha à la sonder. A ce moment entra M. de Grouchy, dont le train, à cause d'un déraillement, avait eu une pa

– Je vois, dit-elle en prenant la parole, que même pour les petites choses, être en retard c'est une tradition dans votre famille.

– Asseyez-vous, Grouchy, et ne vous laissez pas démonter, dit le duc.

– Tout en marchant avec mon temps, je suis forcée de reco

– J'ai en effet rapporté quelques belles pièces. Je me permettrai d'envoyer demain à la duchesse une douzaine de faisans.

Une idée sembla passer dans les yeux de Mme de Guermantes. Elle insista pour que M. de Grouchy ne prît pas la peine d'envoyer les faisans. Et faisant signe au valet de pied fiancé, avec qui j'avais causé en quittant la salle des Elstir:

– Poullein, dit-elle, vous irez chercher les faisans de M. le comte et vous les rapporterez de suite, car, n'est-ce pas, Grouchy, vous permettez que je fasse quelques politesses? Nous ne mangerons pas douze faisans à nous deux, Basin et moi.

– Mais après-demain serait assez tôt, dit M. de Grouchy.

– Non, je préfère demain, insista la duchesse.

Poullein était devenu blanc; son rendez-vous avec sa fiancée était manqué. Cela suffisait pour la distraction de la duchesse qui tenait à ce que tout gardât un air humain.

– Je sais que c'est votre jour de sortie, dit-elle à Poullein, vous n'aurez qu'à changer avec Georges qui sortira demain et restera après-demain.

Mais le lendemain la fiancée de Poullein ne serait pas libre. Il lui était bien égal de sortir. Dès que Poullein eut quitté la pièce, chacun complimenta la duchesse de sa bonté avec ses gens.

– Mais je ne fais qu'être avec eux comme je voudrais qu'on fût avec moi.

– Justement! ils peuvent dire qu'ils ont chez vous une bo

– Pas si extraordinaire que ça. Mais je crois qu'ils m'aiment bien. Celui-là est un peu agaçant parce qu'il est amoureux, il croit devoir prendre des airs mélancoliques.

A ce moment Poullein rentra.

– En effet, dit M. de Grouchy, il n'a pas l'air d'avoir le sourire. Avec eux il faut être bon, mais pas trop bon.

– Je reco

– Beaucoup de gens voudraient être à sa place, dit M. de Grouchy, car l'envie est aveugle.

– Oriane, dit la princesse de Parme, j'ai eu l'autre jour la visite de votre cousine d'Heudicourt; évidemment c'est une femme d'une intelligence supérieure; c'est une Guermantes, c'est tout dire, mais on dit qu'elle est médisante…

Le duc attacha sur sa femme un long regard de stupéfaction voulue. Mme de Guermantes se mit à rire. La princesse finit par s'en apercevoir.

– Mais… est-ce que vous n'êtes pas… de mon avis?… demanda-t-elle avec inquiétude.

– Mais Madame est trop bo

– Il la trouve trop méchante? demanda vivement la princesse.

– Oh! pas du tout, répliqua la duchesse. Je ne sais pas qui a dit à Votre Altesse qu'elle était médisante. C'est au contraire une excellente créature qui n'a jamais dit du mal de perso

– Ah! dit Mme de Parme soulagée, je ne m'en étais pas aperçue non plus. Mais comme je sais qu'il est souvent difficile de ne pas avoir un peu de malice quand on a beaucoup d'esprit…

– Ah! cela par exemple elle en a encore moins.

– Moins d'esprit?… demanda la princesse stupéfaite.

– Voyons, Oriane, interrompit le duc d'un ton plaintif en lançant autour de lui à droite et à gauche des regards amusés, vous entendez que la princesse vous dit que c'est une femme supérieure.

– Elle ne l'est pas?

– Elle est au moins supérieurement grosse.

– Ne l'écoutez pas, Madame, il n'est pas sincère; elle est bête comme un (heun) oie, dit d'une voix forte et enrouée Mme de Guermantes, qui, bien plus vieille France encore que le duc quand il n'y tâchait pas, cherchait souvent à l'être, mais d'une manière opposée au genre jabot de dentelles et déliquescent de son mari et en réalité bien plus fine, par une sorte de prononciation presque paysa

M. de Guermantes m'expliqua le mot. J'avais envie de lui dire que son frère, qui prétendait ne pas me co