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La princesse d'Épinay, qui aimait sa cousine et savait qu'elle avait un faible pour les compliments, s'extasiait sur son chapeau, son ombrelle, son esprit. «Parlez-lui de sa toilette tant que vous voudrez», disait le duc du ton bourru qu'il avait adopté et qu'il tempérait d'un malicieux sourire pour qu'on ne prit pas son mécontentement au sérieux, «mais, au nom du ciel, pas de son esprit, je me passerais fort d'avoir une femme aussi spirituelle. Vous faites probablement allusion au mauvais calembour qu'elle a fait sur mon frère Palamède, ajoutait-il sachant fort bien que la princesse et le reste de la famille ignoraient encore ce calembour et enchanté de faire valoir sa femme. D'abord je trouve indigne d'une perso

– Mais nous ne savons pas! Un calembour d'Oriane? Cela doit être délicieux. Oh! dites-le.

– Mais non, mais non, reprenait le duc encore boudeur quoique plus souriant, je suis ravi que vous ne l'ayez pas appris. Sérieusement j'aime beaucoup mon frère.

– Écoutez, Basin, disait la duchesse dont le moment de do

– Vous nous intriguez horriblement, de quoi s'agit-il?

– Oh! évidemment de rien de grave! s'écriait M. de Guermantes. Vous avez peut-être entendu dire que mon frère voulait do

– Oui, mais on nous a dit qu'elle ne le désirait pas, qu'elle n'aimait pas le pays où il est, que le climat ne lui convenait pas.

– Eh bien, justement quelqu'un disait tout cela à ma femme et que si mon frère do

Ainsi grâce, une fois, à Taquin le Superbe, une autre fois à un autre mot, ces visites du duc et de la duchesse à leur famille renouvelaient la provision des récits, et l'émoi qu'elles avaient causé durait bien longtemps après le départ de la femme d'esprit et de son imprésario. On se régalait d'abord, avec les privilégiés qui avaient été de la fête (les perso

– Si, répondait en rougissant la marquise de Baveno, la princesse de Sarsina (La Rochefoucauld) m'en avait parlé, pas tout à fait dans les mêmes termes. Mais cela a dû être bien plus intéressant de l'entendre raconter ainsi devant ma cousine, ajoutait-elle comme elle aurait dit de l'entendre accompagner par l'auteur. «Nous parlions du dernier mot d'Oriane qui était ici tout à l'heure», disait-on à une visiteuse qui allait se trouver désolée de ne pas être venue une heure auparavant.

– Comment, Oriane était ici?

– Mais oui, vous seriez venue un peu plus tôt, lui répondait la princesse d'Épinay, sans reproche, mais en laissant comprendre tout ce que la maladroite avait raté. C'était sa faute si elle n'avait pas assisté à la création du monde ou à la dernière représentation de Mme Carvalho. «Qu'est-ce que vous dites du dernier mot d'Oriane? j'avoue que j'apprécie beaucoup Taquin le Superbe», et le «mot» se mangeait encore froid le lendemain à déjeuner, entre intimes qu'on invitait pour cela, et repassait sous diverses sauces pendant la semaine. Même la princesse faisant cette semaine-là sa visite a