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Ce que la familiarité d'un Guermantes-au lieu de la distinction qu'elle avait chez Robert, parce que le dédain héréditaire n'y était que le vêtement, devenu grâce inconsciente, d'une réelle humilité morale-eût décelé de morgue vulgaire, j'avais pu en prendre consciente, non en M. de Charlus chez lequel les défauts de caractère que jusqu'ici je comprenais mal s'étaient superposés aux habitudes aristocratiques, mais chez le duc de Guermantes. Lui aussi pourtant, dans l'ensemble commun qui avait tant déplu à ma grand'mère quand autrefois elle l'avait rencontré chez Mme de Villeparisis, offrait des parties de grandeur ancie
Elles ne m'étaient apparues ni chez lui ni chez la duchesse, quand je les avais vus d'abord chez leur tante, pas plus que je n'avais vu le premier jour les différences qui séparaient la Berma de ses camarades, encore que chez celle-ci les particularités fussent infiniment plus saisissantes que chez des gens du monde, puisqu'elles devie
La duchesse ne m'ayant pas parlé de son mari, à la soirée de sa tante, je me demandais si, avec les bruits de divorce qui couraient, il assisterait au dîner. Mais je fus bien vite fixé car parmi les valets de pied qui se tenaient debout dans l'antichambre et qui (puisqu'ils avaient dû jusqu'ici me considérer à peu près comme les enfants de l'ébéniste, c'est-à-dire peut-être avec plus de sympathie que leur maître mais comme incapable d'être reçu chez lui) devaient chercher la cause de cette révolution, je vis se glisser M. de Guermantes qui guettait mon arrivée pour me recevoir sur le seuil et m'ôter lui-même mon pardessus.
– Mme de Guermantes va être tout ce qu'il y a de plus heureuse, me dit-il d'un ton habilement persuasif. Permettez-moi de vous débarrasser de vos frusques (il trouvait à la fois bon enfant et comique de parler le langage du peuple). Ma femme craignait un peu une défection de votre part, bien que vous eussiez do
Et le duc était si mauvais mari, si brutal même, disait-on, qu'on lui savait gré, comme on sait gré de leur douceur aux méchants, de ces mots «Mme de Guermantes» avec lesquels il avait l'air d'étendre sur la duchesse une aile protectrice pour qu'elle ne fasse qu'un avec lui. Cependant me saisissant familièrement par la main, il se mit en devoir de me guider et de m'introduire dans les salons. Telle expression courante peu claire dans la bouche d'un paysan si elle montre la survivance d'une tradition locale, la trace d'un événement historique, peut-être ignorés de celui qui y fait allusion; de même cette politesse de M. de Guermantes, et qu'il allait me témoigner pendant toute la soirée, me charma comme un reste d'habitudes plusieurs fois séculaires, d'habitudes en particulier du XVIIIe siècle. Les gens des temps passés nous semblent infiniment loin de nous. Nous n'osons pas leur supposer d'intentions profondes au delà de ce qu'ils expriment formellement; nous sommes éto
Cet éloignement imaginaire du passé est peut-être une des raisons qui permettent de comprendre que même de grands écrivains aient trouvé une beauté géniale aux œuvres de médiocres mystificateurs comme Ossian. Nous sommes si éto
En quittant le vestibule, j'avais dit à M. de Guermantes que j'avais un grand désir de voir ses Elstir. «Je suis à vos ordres, M. Elstir est-il donc de vos amis? Je suis fort marri car je le co