Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 25 из 69

Lorsque enfin la procession, avec son suisse en tête, de rouge tout vêtu, avec ses théories de vierges voilées de blanc, ses congrégations, ses frères, ses moines, ses abbés, ses chœurs et ses musiques, s’égrenait lentement au battement des tambours, vous entendiez, au passage, le murmure des dévotes qui récitaient leur rosaire.

Puis, dans un grand silence, agenouillés ou inolinés, tous se prosternaient à la fois, et, là-bas, sous une pluie de fleurs de genêt blondes, l’officiant haussait le Saint-Sacrement splendide!

Mais ce qui frappait le plus, c’étaient les Pénitents, qui faisaient leurs sorties après le coucher du soleil, à la clarté des flambeaux. Les Pénitents Blancs, entre autres, lorsque, encapucho

Contemporaines de la Ligue et même du Schisme d’Occident, ces confréries, en général, avaient pour chefs et dignitaires les premiers nobles d’Avignon, et Aubanel le grand félibre, qui avait, toute sa vie, été Pénitent Blanc zélé, fut, à sa mort, enseveli dans son froc de confrère.

Nous avions, chez M. Dupuy, comme maître d’étude, un ancien sergent d’Afrique appelé M. Mo

Au Collège Royal, où nous apprenions l’histoire, il n’était jamais question de la politique du siècle. Mais le sergent Mo

«Que c’est beau! nous criait-il, que c’est beau! quels hommes! Camille Desmoulins, Mirabeau, Bailly, Vergniaud, Danton, Saint-Just, Boissy-d’Anglas! nous sommes des vermisseaux aujourd’hui, nom de Dieu, à côté des géants de la Convention nationale!»

– «Quelque chose de beau, tes géants conventio

Et ainsi, chaque fois, de se houspiller tous deux, jusqu’à ce que le bon Mathieu, avec quelque calembredaine, vint les réconcilier.

Bref, un jour poussant l’autre, ce fut dans ce milieu bonasse et familier qu’au mois d’août de l’a

CHAPITRE VIII: COMMENT JE PASSAI BACHELIER

Le voyage de Nîmes. – Le Petit Saint-Jean. – Les jardiniers. – Le Remontrant. – L’explication du baccalauréat. – Le retour aux champs. – Les camarades du village. – Les veillées. – Les notaires de Mailiane. – L’oncle Jérôme.

– Eh bien, me dit mon père, cette fois, as-tu achevé?

– J’ai achevé, répondis-je; seulement… il faudra que j’aille à Nîmes pour passer bachelier, un pas assez difficile qui ne me laisse pas sans quelque appréhension.

– Marche, marche: nous autres, quand nous étions soldats, au siège de Figuières, nous en avons passé, mon fils, de plus mauvais.

Je me préparai donc pour le voyage de Nîmes, où, en ce temps, se faisaient les bacheliers. Ma mère me plia deux chemises repassées, avec mon habit des dimanches, dans un mouchoir à carreaux, piqué de quatre épingles, bien proprement. Mon père me do

– Au moins prends garde de ne pas les perdre, ni de ne pas les gaspiller.

Et je partis du Mas pour la ville de Nîmes, mon petit paquet sous le bras, le chapeau sur l’oreille, un bâton de vigne à la main.

Quand j’arrivai à Nîmes je rencontrai un gros d’écoliers des environs qui venaient comme moi passer leur baccalauréat. Ils étaient, pour la plupart, accompagnés de leurs parents, beaux messieurs et belles dames, avec les poches pleines de recommandations: l’un avait une lettre pour le recteur, un autre pour l’inspecteur, un autre pour le préfet, celui-là pour le grand-vicaire, et tous se rengorgeaient et faisaient so

Moi, petit campagnard, je n’étais pas plus gros qu’un pois, car je ne co

On nous enferma à l’Hôtel de Ville, dans une grande salle nue, et là un vieux professeur nous dicta, d’un ton nasillard, une version latine, après quoi, humant une prise, il nous dit:

– Messieurs, vous avez une heure pour traduire en français la dictée que je vous ai faite… Maintenant, débrouillez- vous.

Et, dare-dare pleins d’ardeur, nous nous mîmes à l’œuvre; à coups de dictio

– A demain!

Ce fut la première épreuve.

Messieurs les écoliers s’éparpillèrent par la ville et je me trouvai seul, avec mon petit paquet et mon bâton de vigne en main, sur le pavé de Nîmes, à bayer autour des Arènes et de la Maison-Carrée.

«Il faut pourtant, me dis-je, penser à se loger», et je me mis en quête d’une auberge pas trop chère, mais néanmoins sortable; et, comme j’avais le temps, je fis dix fois peut-être, en guignant les enseignes, le tour de la ville de Nîmes. Mais les hôtels, avec leurs larbins en habit noir, qui, de cinquante pas, avalent l’air de me toiser, et les salamalecs et façons du grand monde, tout cela me tenait en crainte.

Comme je passais au faubourg, j’aperçus une enseigne avec cette inscription: Au Petit Saint-Jean.

Ce Petit Saint-Jean me remplit d’aise. Il me sembla soudain être en pays de co