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J’étais encore bien content de m’en tirer à si bon marché.
Et, effectivement, en un coin de la masure, se trouvait par hasard un to
On m’attrape par le derrière et, paf! dans le to
Je m’y blottis, pauvret! comme un Peloton de fil et, tout en attendant l’aube, je priais à voix basse pour éloigner les mauvais esprits.
Mais figurez-vous que soudain j’entends, dans l’obscurité, quelque chose qui rôdait, qui s’ébrouait, autour de ma to
Je retiens mon haleine comme si j’étais mort, en me recommandant à Dieu et à la grande Sainte Vierge… Et j’entendais tourner et retourner autour de moi, flairer et sabouler, puis s’en aller, puis revenir… Que diable est-ce là encore? Mon cœur battait et bruissait comme une horloge.
Pour en finir, le jour commençait à blanchir et le piétinement qui m’effrayait s’étant éloigné un peu, je veux, tout doucement, épier par la bonde, et que vois-je? Un loup, mes bons amis, comme un petit âne! Un loup énorme avec deux yeux qui brillaient comme deux chandelles!
Il était, parait-il, venu à l’odeur de l’agneau, et, n’ayant trouvé que les os, ma tendre chair d’enfant et de chrétien lui faisait envie.
Et, chose singulière, une fois que je vis ce dont il s’agissait, n’est-il pas vrai que mon sang se calma légèrement! J’avais tellement craint quelque apparition nocturne que la vue du loup lui-même me rendit du courage.
– Ah çà! dis-je, ce n’est pas tout: si cette bête vient a s’apercevoir que la to
A un mouvement que je fis, le loup, qui l’entendit, revint d’un bond vers le to
Le loup, comme s’il eût eu les cinq cents diables à ses trousses, part, traînant le to
– Aïe! mon Dieu! Jésus! Marie! Jésus, Marie, Joseph! pleurais-je ainsi, qui sait où le loup t’emportera! Et, si le to
Mais, tout à coup, patatras! le to
Pas nécessaire de vous dire qu’avec de telles émotions la verge paternelle ne me faisait plus guère peur. En courant comme si j’avais encore le loup à ma poursuite, je m’en revins à la maison.
Derrière le Mas, le long du chemin, mon père émottait un labour. Il se redressa en riant sur le manche de sa massue et me dit:
– Ah! mon gaillard, cours vite auprès de ta mère qui pas dormi de la nuit.
Auprès de ma mère, je courus…
Point par point, à mes parents, je racontai tout chaud mes belles aventures. Mais, arrivé à l’histoire des voleurs, du to
– Eh! badaud, me dirent-ils, ne vois-tu pas que c’est la peur qui t’a fait rêver tout cela!
Et j’eus beau dire et affirmer et soutenir obstinément que rien n’était plus vrai. Ce fut en vain Perso
CHAPITRE V: A SAINT-MICHEL-DE-FRIGOLET
L’Abbaye en ruines. – M. Do
Quand mes parents eurent vu que la passion du jeu me dévoyait par trop et que je manquais l’école sans discontinuité pour aller tout le jour polisso
– Faut l’enfermer.
Et, un matin, sur la charrette du Mas, les serviteurs chargèrent un petit lit de sangles, une caisse de sapin pour serrer mes papiers, et, enfin, pour enfermer mes habits et mes hardes, une malle recouverte de peau de porc avec son poil. Et je partis, le cœur gros, accompagné de ma mère qui me consolait en route et du gros chien de garde qu’on appelait le «Juif» pour un endroit nommé Saint-Michel-de-Frigolet.
C’était un ancien monastère, situé dans la Montagnette, à. deux heures de notre Mas, entre Graveson, Tarascon et Barbentane. Les terres de Saint-Michel, à la Révolution, s’étaient vendues au détail pour quelques assignats, et l’abbaye à l’abandon, dépouillée de ses biens, inhabitée et solitaire, restait veuve, là-haut, au milieu d’un désert, ouverte aux quatre vents et aux bêtes sauvages. Certains contrebandiers, parfois, y faisaient de la poudre. Les bergers, lorsqu’il pleuvait, y logeaient leurs brebis dans l’église. Les joueurs des pays voisins: le Pante de Graveson, le Cap de Maillane, le Gelé de Barbentane, le Dangereux de Château-Renard, pour se garer des gendarmes, y venaient en cachette, l’hiver, à minuit, tailler le vendôme, et là, à la clarté de quelques chandelles pâles, pendant que l’or roulait au mouvement des cartes, les jurons, les blasphèmes, retentissaient sous les voûtes, à la place des psaumes qu’on y entendait jadis. Puis, la partie achevée, les bambocheurs buvaient, mangeaient et ribotaient, faisant bombance jusqu’à l’aube.
Vers 1832, quelques frères quêteurs étaient venus s’y établir. Ils avaient remis une cloche dans le vieux clocher roman, et, le dimanche, ils la so
C’est à la suite de ces frères qu’un brave Cavaillo
C’était un vieux célibataire, au teint jaune et bistré, avec cheveux plats, nez épaté, bouche grande et grosses dents, longue lévite noire et les souliers bronzés. Très dévot, pauvre comme un rat d’église, il avait trouvé un biais pour monter son école et ramasser des pensio
Il allait, par exemple, à Graveson, à Tarascon, à Barbentane ou à Saint-Pierre, trouver un fermier qui avait des fils.
– Je vous apprends, lui disait-il, que j’ai ouvert un pensio