Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 33 из 73

Comme on retrouvera plus tard M. Mabeuf, quelques mots ne sont pas inutiles.

Chapitre IV M. Mabeuf

Le jour où M. Mabeuf disait à Marius: Certainement, j’approuve les opinions politiques, il exprimait le véritable état de son esprit. Toutes les opinions politiques lui étaient indifférentes, et il les approuvait toutes sans distinguer, pour qu’elles le laissassent tranquille, comme les Grecs appelaient les Furies «les belles, les bo

Il ne comprenait pas que les hommes s’occupassent à se haïr à propos de billevesées comme la charte, la démocratie, la légitimité, la monarchie, la République, etc., lorsqu’il y avait dans ce monde toutes sortes de mousses, d’herbes et d’arbustes qu’ils pouvaient regarder, et des tas d’in-folio et même d’in-trente-deux qu’ils pouvaient feuilleter. Il se gardait fort d’être inutile; avoir des livres ne l’empêchait pas de lire, être botaniste ne l’empêchait pas d’être jardinier. Quand il avait co

Sa servante était, elle aussi, une variété de l’i

M. Mabeuf avait pris Marius en gré, parce que Marius, étant jeune et doux, réchauffait sa vieillesse sans effaroucher sa timidité. La jeunesse avec la douceur fait aux vieillards l’effet du soleil sans le vent. Quand Marius était saturé de gloire militaire, de poudre à canon, de marches et de contre-marches, et de toutes ces prodigieuses batailles où son père avait do

Vers 1830, son frère le curé était mort, et presque tout de suite, comme lorsque la nuit vient, tout l’horizon s’était assombri pour M. Mabeuf. Une faillite – de notaire – lui enleva une somme de dix mille francs, qui était tout ce qu’il possédait du chef de son frère et du sien. La révolution de Juillet amena une crise dans la librairie. En temps de gêne, la première chose qui ne se vend pas, c’est une Flore. La Flore des environs de Cauteretz s’arrêta court. Des semaines s’écoulaient sans un acheteur. Quelquefois M. Mabeuf tressaillait à un coup de so

Il emporta sa Flore, ses cuivres, ses herbiers, ses portefeuilles et ses livres, et s’établit près de la Salpêtrière dans une espèce de chaumière du village d’Austerlitz [95], où il avait pour cinquante écus par an trois chambres et un jardin clos d’une haie avec puits. Il profita de ce déménagement pour vendre presque tous ses meubles. Le jour de son entrée dans ce nouveau logis, il fut très gai et cloua lui-même les clous pour accrocher les gravures et les herbiers, il piocha son jardin le reste de la journée, et, le soir, voyant que la mère Plutarque avait l’air morne et songeait, il lui frappa sur l’épaule et lui dit en souriant: – Bah! nous avons l’indigo!

Deux seuls visiteurs, le libraire de la porte Saint-Jacques et Marius, étaient admis à le voir dans sa chaumière d’Austerlitz, nom tapageur qui lui était, pour tout dire, assez désagréable.

Du reste, comme nous venons de l’indiquer, les cerveaux absorbés dans une sagesse, ou dans une folie, ou, ce qui arrive souvent, dans les deux à la fois, ne sont que très lentement perméables aux choses de la vie. Leur propre destin leur est lointain. Il résulte de ces concentrations-là une passivité qui, si elle était raiso

[93] V. Hugo y avait demeuré avec sa mère et Eugène en 1821, dans un rez-de-jardin. C'est là que Sophie mourut en juin 1821. M. Mabeuf tient peut-être du vieux La Rivière, premier maître de Victor et d'Eugène, son goût, du latin et des livres, et des Feuillantines sa passion du jardinage. Son nom, que Gavroche jugera «farce» (IV, 4, 2), tire sans doute son origine de l'unique faute d'orthographe faite par Victor dans sa première dictée où il avait écrit «beuf» pour «bœuf».

[94] Cette amitié confirme la présence sous-jacente des Feuillantines dans le perso

[95] Village a