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Ce restaurant Rousseau, où l’on vidait si peu de bouteilles et tant de carafes, était un calmant plus encore qu’un restaurant. Il n’existe plus aujourd’hui. Le maître avait un beau surnom; on l’appelait Rousseau l’aquatique .
Ainsi, déjeuner quatre sous, dîner seize sous; sa nourriture lui coûtait vingt sous par jour; ce qui faisait trois cent soixante-cinq francs par an. Ajoutez les trente francs de loyer et les trente-six francs à la vieille, plus quelques menus frais; pour quatre cent cinquante francs, Marius était nourri, logé et servi. Son habillement lui coûtait cent francs, son linge cinquante francs, son blanchissage cinquante francs, le tout ne dépassait pas six cent cinquante francs. Il lui restait cinquante francs. Il était riche. Il prêtait dans l’occasion dix francs à un ami; Courfeyrac avait pu lui emprunter une fois soixante francs. Quant au chauffage, n’ayant pas de cheminée, Marius l’avait «simplifié».
Marius avait toujours deux habillements complets; l’un vieux, «pour tous les jours», l’autre tout neuf, pour les occasions. Les deux étaient noirs. Il n’avait que trois chemises, l’une sur lui, l’autre dans sa commode, la troisième chez la blanchisseuse. Il les renouvelait à mesure qu’elles s’usaient. Elles étaient habituellement déchirées, ce qui lui faisait bouto
Pour que Marius en vînt à cette situation florissante, il avait fallu des a
Dans toutes ses épreuves il se sentait encouragé et quelquefois même porté par une force secrète qu’il avait en lui. L’âme aide le corps, et à de certains moments le soulève. C’est le seul oiseau qui soutie
À côté du nom de son père, un autre nom était gravé dans le cœur de Marius, le nom de Thénardier. Marius, dans sa nature enthousiaste et grave, enviro
Chapitre III Marius grandi
À cette époque, Marius avait vingt ans. Il y avait trois ans qu’il avait quitté son grand-père. On était resté dans les mêmes termes de part et d’autre, sans tenter de rapprochement et sans chercher à se revoir. D’ailleurs, se revoir, à quoi bon? pour se heurter? Lequel eût eu raison de l’autre? Marius était le vase d’airain, mais le père Gillenormand était le pot de fer.
Disons-le, Marius s’était mépris sur le cœur de son grand-père. Il s’était figuré que M. Gillenormand ne l’avait jamais aimé, et que ce bonhomme bref, dur et riant, qui jurait, criait, tempêtait et levait la ca
Quant à la tante, elle pensait trop peu pour aimer beaucoup; Marius n’était plus pour elle qu’une espèce de silhouette noire et vague; et elle avait fini par s’en occuper beaucoup moins que du chat ou du perroquet qu’il est probable qu’elle avait.
[92] L'ensemble de ce livre est nourri des souvenirs de l'a