Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 12 из 73

Il avait du reste renoncé à tout, ne remuant ni ne conspirant. Il partageait sa pensée entre les choses i

M. Gillenormand n’avait aucune relation avec son gendre. Le colonel était pour lui «un bandit», et il était pour le colonel «une ganache». M. Gillenormand ne parlait jamais du colonel, si ce n’est quelquefois pour faire des allusions moqueuses à «sa baro

L’enfant, qui s’appelait Marius, savait qu’il avait un père, mais rien de plus. Perso

Pendant qu’il grandissait ainsi, tous les deux ou trois mois, le colonel s’échappait, venait furtivement à Paris comme un repris de justice qui rompt son ban, et allait se poster à Saint-Sulpice [42], à l’heure où la tante Gillenormand menait Marius à la messe. Là, tremblant que la tante ne se retournât, caché derrière un pilier, immobile, n’osant respirer, il regardait son enfant. Ce balafré avait peur de cette vieille fille.

De là même était venue sa liaison avec le curé de Vernon, M. l’abbé Mabeuf.

Ce digne prêtre était frère d’un marguillier de Saint-Sulpice, lequel avait plusieurs fois remarqué cet homme contemplant cet enfant, et la cicatrice qu’il avait sur la joue, et la grosse larme qu’il avait dans les yeux. Cet homme qui avait si bien l’air d’un homme et qui pleurait comme une femme avait frappé le marguillier. Cette figure lui était restée dans l’esprit. Un jour, étant allé à Vernon voir son frère, il rencontra sur le pont le colonel Pontmercy et reco

Deux fois par an, au 1er janvier et à la Saint-Georges, Marius écrivait à son père des lettres de devoir que sa tante dictait, et qu’on eût dit copiées dans quelque formulaire; c’était tout ce que tolérait M. Gillenormand; et le père répondait des lettres fort tendres que l’aïeul fourrait dans sa poche sans les lire.

Chapitre III Requiescant

Le salon de madame de T. était tout ce que Marius Pontmercy co

À ces fantômes se mêlaient plusieurs prêtres, habitués de ce salon vieux, et quelques gentilshommes; le marquis de Sassenaye, secrétaire des commandements de madame de Berry, le vicomte de Valory, qui publiait sous le pseudonyme de Charles-Antoine des odes monorimes, le prince de Beauffremont qui, assez jeune, avait un chef griso

Quant aux prêtres, c’étaient l’abbé Halma, le même à qui M. Larose, son collaborateur à la Foudre, disait: Bah! qui est-ce qui n’a pas cinquante ans? quelques blancs-becs peut-être! l’abbé Letourneur [45], prédicateur du roi, l’abbé Frayssinous, qui n’était encore ni comte, ni évêque, ni ministre, ni pair, et qui portait une vieille soutane où il manquait des boutons, et l’abbé Keravenant, curé de Saint-Germain des Prés; plus le nonce du pape, alors monsignor Macchi, archevêque de Nisibi, plus tard cardinal, remarquable par son long nez pensif, et un autre monsignor ainsi intitulé: abbate Palmieri, prélat domestique, un des sept protonotaires participants du saint-siège, chanoine de l’insigne basilique libérie

[42] Dans la même église, et aussi «furtivement», Victor venait contempler Adèle Foucher que le veto de Sophie lui interdisait de voir et d'épouser en 1820. Leur mariage, qui eut lieu précisément à Saint-Sulpice en octobre 1822, fut l'occasion du premier rapprochement entre Hugo et son père. De même, le voyage à Vernon (chap. 7) emprunte à celui que Victor fit à Dreux en juillet 1821 pour voir Adèle et demander sa main à ses parents. Les retrouvailles posthumes de Marius et de son père seront donc le résultat d'une transposition complexe de l'expérience vécue.

[43] «Qu'ils reposent (en paix)!»: liturgie de la messe des défunts et de l'inhumation. Par-delà l'ironie, cette formule s'adresse aussi aux fantômes perso

[44] Le poème des Contemplations (V, 3), Écrit en 1846, est une réponse au «marquis de C. d'E.» par laquelle le poète justifie l'abandon des convictions royalistes de son enfance.

[45] Lame