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Chapitre XV Cambro

Le lecteur français voulant être respecté, le plus beau mot peut-être qu'un Français ait jamais dit ne peut lui être répété. Défense de déposer du sublime dans l'histoire [23].

À nos risques et périls, nous enfreignons cette défense.

Donc, parmi tous ces géants, il y eut un titan, Cambro

Dire ce mot, et mourir ensuite. Quoi de plus grand! car c'est mourir que de le vouloir, et ce n'est pas la faute de cet homme, si, mitraillé, il a survécu.

L'homme qui a gagné la bataille de Waterloo, ce n'est pas Napoléon en déroute, ce n'est pas Wellington pliant à quatre heures, désespéré à cinq, ce n'est pas Blücher qui ne s'est point battu; l'homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c'est Cambro

Foudroyer d'un tel mot le to

Faire cette réponse à la catastrophe, dire cela au destin, do

C'est l'insulte à la foudre. Cela atteint la grandeur eschylie

Le mot de Cambro

L'esprit des grands jours entra dans cet homme inco

Au mot de Cambro

Chapitre XVI Quot libras in duce?

La bataille de Waterloo est une énigme. Elle est aussi obscure pour ceux qui l'ont gagnée que pour celui qui l'a perdue. Pour Napoléon, c'est une panique [25]. Blücher n'y voit que du feu; Wellington n'y comprend rien. Voyez les rapports. Les bulletins sont confus, les commentaires sont embrouillés. Ceux-ci balbutient, ceux-là bégayent. Jomini partage la bataille de Waterloo en quatre moments; Muffling la coupe en trois péripéties; Charras, quoique sur quelques points nous ayons une autre appréciation que lui, a seul saisi de son fier coup d'œil les linéaments caractéristiques de cette catastrophe du génie humain aux prises avec le hasard divin. Tous les autres historiens ont un certain éblouissement, et dans cet éblouissement ils tâto

Dans cet événement, empreint de nécessité surhumaine, la part des hommes n'est rien.

Retirer Waterloo à Wellington et à Blücher, est-ce ôter quelque chose à l'Angleterre et à l'Allemagne? Non. Ni cette illustre Angleterre ni cette auguste Allemagne ne sont en question dans le problème de Waterloo. Grâce au ciel, les peuples sont grands en dehors des lugubres aventures de l'épée. Ni l'Allemagne, ni l'Angleterre, ni la France, ne tie

[23] William Shakespeare justifiera longuement ce droit au shocking en des termes très proches: «Défense de hanter le cabaret du sublime. […] Un curieux genre pudibond tend à prévaloir; nous rougissons de la façon grossière dont les grenadiers se font tuer; la rhétorique a pour les héros des feuilles de vigne qu'on appelle périphrases; il est convenu que le bivouac parle comme le couvent, […]. […] un vétéran baisse les yeux au souvenir de Waterloo, on do

[24] «Combien pèse le chef?» (Juvénal, Satires, X). Hugo aime la formule: voir l'épigraphe du poème XIII des Feuilles d'automne consacré à Napoléon: «Quot libras in duce summo?» et, dans William Shakespeare (II, 4, 1): «Quot libras in monte summo?»

[25] Une bataille terminée, une journée finie, de fausses mesures réparées, de plus grands succès assurés pour le lendemain, tout fut perdu par un moment de terreur panique (Napoléon, Dictées de Sainte-Hélène).