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C'est que, phénomène étrange et qui n'était possible que dans la situation où il était, en volant cet argent à cet enfant, il avait fait une chose dont il n'était déjà plus capable.

Quoi qu'il en soit, cette dernière mauvaise action eut sur lui un effet décisif; elle traversa brusquement ce chaos qu'il avait dans l'intelligence et le dissipa, mit d'un côté les épaisseurs obscures et de l'autre la lumière, et agit sur son âme, dans l'état où elle se trouvait, comme de certains réactifs chimiques agissent sur un mélange trouble en précipitant un élément et en clarifiant l'autre.

Tout d'abord, avant même de s'examiner et de réfléchir, éperdu, comme quelqu'un qui cherche à se sauver, il tâcha de retrouver l'enfant pour lui rendre son argent, puis, quand il reco

L'excès du malheur, nous l'avons remarqué, l'avait fait en quelque sorte visio

Son cerveau était dans un de ces moments violents et pourtant affreusement calmes où la rêverie est si profonde qu'elle absorbe la réalité. On ne voit plus les objets qu'on a autour de soi, et l'on voit comme en dehors de soi les figures qu'on a dans l'esprit.

Il se contempla donc, pour ainsi dire, face à face, et en même temps, à travers cette hallucination, il voyait dans une profondeur mystérieuse une sorte de lumière qu'il prit d'abord pour un flambeau. En regardant avec plus d'attention cette lumière qui apparaissait à sa conscience, il reco

Sa conscience considéra tour à tour ces deux hommes ainsi placés devant elle, l'évêque et Jean Valjean. Il n'avait pas fallu moins que le premier pour détremper le second. Par un de ces effets singuliers qui sont propres à ces sortes d'extases, à mesure que sa rêverie se prolongeait, l'évêque grandissait et resplendissait à ses yeux, Jean Valjean s'amoindrissait et s'effaçait. À un certain moment il ne fut plus qu'une ombre. Tout à coup il disparut. L'évêque seul était resté.

Il remplissait toute l'âme de ce misérable d'un rayo

Pendant qu'il pleurait, le jour se faisait de plus en plus dans son cerveau, un jour extraordinaire, un jour ravissant et terrible à la fois. Sa vie passée, sa première faute, sa longue expiation, son abrutissement extérieur, son endurcissement intérieur, sa mise en liberté réjouie par tant de plans de vengeance, ce qui lui était arrivé chez l'évêque, la dernière chose qu'il avait faite, ce vol de quarante sous à un enfant, crime d'autant plus lâche et d'autant plus monstrueux qu'il venait après le pardon de l'évêque, tout cela lui revint et lui apparut, clairement, mais dans une clarté qu'il n'avait jamais vue jusque-là. Il regarda sa vie, et elle lui parut horrible; son âme, et elle lui parut affreuse. Cependant un jour doux était sur cette vie et sur cette âme. Il lui semblait qu'il voyait Satan à la lumière du paradis.

Combien d'heures pleura-t-il ainsi? que fit-il après avoir pleuré? où alla-t-il? on ne l'a jamais su. Il paraît seulement avéré que, dans cette même nuit, le voiturier qui faisait à cette époque le service de Grenoble et qui arrivait à Digne vers trois heures du matin, vit en traversant la rue de l'évêché un homme dans l'attitude de la prière, à genoux sur le pavé, dans l'ombre, devant la porte de monseigneur Bienvenu.

Livre troisième – En l'a

Chapitre I L'a

1817 est l'a

[62] L'exactitude locale des faits, que Hugo pouvait co

[63] La précision de ce profil est peut-être l'effet d'un souvenir perso

[64] Spectaculaire cérémonie, militaire et civique tenue le 1er juin 1815 au champ de Mars, pour recenser et proclamer les votes ratifiant l'Acte additio

[65] Léger anachronisme ici. Le colonel Touquet ne publia en effet les œuvres choisies de Voltaire qu'en 1820. Les fameuses tabatières contenant le texte gravé de la Charte de 1814 ne furent vendues, elles aussi, qu'en 1820.

[66] L'Hôtel de Cluny, vendu aux enchères en 1807, était devenu la propriété d'un éditeur-imprimeur, M. Moutard.

[67] Ourika ne fut écrite qu'à partir de 1820. Son auteur, la duchesse de Duras, animait de célèbres soirées où Chateaubriand côtoyait Fontanes, Villemain, Cuvier ou Arago.

[68] V. Hugo, âgé de 15 ans alors, concourut en cachette de ses maîtres à ce prix. Son poème obtint une mention; un accessit fut attribué à Charles Loyson – voir note 80.

[69] Angoulême était en effet, pour honorer son duc, siège d'une école de marine, transférée à Brest en 1830. En novembre 1817, Hugo dédia au «héros du Midi» le poème La France au duc d'Angoulême, Grand Amiral, en tournée dans les ports de France (voir V. Hugo, Œuvres Complètes, édition chronologique sous la direction de J. Massin, t. I, p. 185).

[70] Il s'agit de Marie Caroline de Naples.

[71] Ce périodique ne commença à paraître qu'en 1818, mais la faute d'orthographe est authentique.

[72] Comme David, ba

[73] Redivivus: ressuscité. La statue rut rétablie en août 1818. Victor Hugo avait consacré une ode à cet événement qui était le sujet imposé du grand prix des Jeux Floraux, le lys d'or, qu'il remporta. Il avait assisté au transport de la statue, et y avait participé: «Victor, présent à l'opération, n'y put tenir et il fallut que sa petite main s'attelât au colosse.» (Victor Hugo raconté par Adèle Hugo, ouv. cit., p. 319.)

[74] Conspiration royaliste qui réunissait, dans l'été 1818, quelques officiers sur la terrasse des Tuileries en bordure de Seine. Elle visait à contraindre Louis XVIII d'abdiquer en faveur de son frère, le comte d'Artois, futur Charles X.

[75] Société secrète bonapartiste, poursuivie, jugée et acquittée en 1817.

[76] Hugo condense ici un souvenir historique – La Monarchie selon la Charte est bien de 1817 – et le souvenir perso

[77] Dans cet alphabet des critiques de l'époque, Hugo distingue le journaliste français Hoffman qui signait «H» en 1817, mais bien «Z» en 1824 au bas d'un article peu aimable pour les Odes du jeune poète Hugo qui échangea avec «Z», d'abord dans Le Journal des Débats puis dans La Gazette de France, toute une série d'articles, de juin à août 1824.

[78] Ces deux frères, le premier abbé, le second député, semblent bien avoir été autant de droite l'un que l'autre.

[79] Ce Pelicier, s'il n'a jamais édité Voltaire, a en revanche été le premier éditeur des Odes de V. Hugo, sans y mettre d'enthousiasme à en croire Adèle Hugo (voir le Victor Hugo raconté…, ouv. cit., p. 358).

[80] Ce lauréat de l'accessit académique – voir note 68 -, piètre albatros, incarne pour Hugo ce que la Restauration est à la société après la Révolution et l'Empire: une parodie. De même le vers qui suit inverse les termes de celui de Lemierre: «Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes». (Voir Victor Hugo raconté…, p. 302.)