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Et par coquetterie elle embellit le sourire que cette supposition lui arrachait, en do
– «Ah! princesse, vous savez bien qu’ils ne se tiendraient pas de joie…»
– «Mais non, pourquoi?» lui demanda-t-elle avec une extrême vivacité, soit pour ne pas avoir l’air de savoir que c’est parce qu’elle était une des plus grandes dames de France, soit pour avoir le plaisir de l’entendre dire au général. «Pourquoi? Qu’en savez-vous? Cela leur serait peut-être tout ce qu’il y a de plus désagréable. Moi je ne sais pas, mais si j’en juge par moi, cela m’e
– Ah! princesse, vous n’êtes pas Guermantes pour des prunes. Le possédez-vous assez, l’esprit des Guermantes!
– Mais on dit toujours l’esprit des Guermantes, je n’ai jamais pu comprendre pourquoi. Vous en co
– Avez-vous remarqué quelle affreuse mine il a? dit le général.
– Mon petit Charles! Ah! enfin il vient, je commençais à supposer qu’il ne voulait pas me voir!
Swa
– Ah! dit-il à la cantonade, pour être entendu à la fois de Mme de Saint-Euverte à qui il parlait et de Mme des Laumes pour qui il parlait, voici la charmante princesse! Voyez, elle est venue tout exprès de Guermantes pour entendre le Saint-François d’Assise de Liszt et elle n’a eu le temps, comme une jolie mésange, que d’aller piquer pour les mettre sur sa tête quelques petits fruits de prunier des oiseaux et d’aubépine; il y a même encore de petites gouttes de rosée, un peu de la gelée blanche qui doit faire gémir la duchesse. C’est très joli, ma chère princesse.
– Comment la princesse est venue exprès de Guermantes? Mais c’est trop! Je ne savais pas, je suis confuse, s’écrie naïvement Mme de Saint-Euverte qui était peu habituée au tour d’esprit de Swa
Swa
– Hé bien! je suis ravie, Charles, si mes petits fruits d’aubépine vous plaisent. Pourquoi est-ce que vous saluez cette Cambremer, est-ce que vous êtes aussi son voisin de campagne?
Mme de Saint-Euverte voyant que la princesse avait l’air content de causer avec Swa
– Mais vous l’êtes vous-même, princesse.
– Moi, mais ils ont donc des campagnes partout, ces gens! Mais comme j’aimerais être à leur place!
– Ce ne sont pas les Cambremer, c’étaient ses parents à elle; elle est une demoiselle Legrandin qui venait à Combray. Je ne sais pas si vous savez que vous êtes la comtesse de Combray et que le chapitre vous doit une redevance.
– Je ne sais pas ce que me doit le chapitre mais je sais que je suis tapée de cent francs tous les ans par le curé, ce dont je me passerais. Enfin ces Cambremer ont un nom bien éto
– Il ne commence pas mieux, répondit Swa
– En effet cette double abréviation!…
– C’est quelqu’un de très en colère et de très convenable qui n’a pas osé aller jusqu’au bout du premier mot.
– Mais puisqu’il ne devait pas pouvoir s’empêcher de commencer le second, il aurait mieux fait d’achever le premier pour en finir une bo
Et sans doute cela n’était pas vrai. Mais Swa
– Oh! oui, la vie est une chose affreuse. Il faut que nous nous voyions, ma chère amie. Ce qu’il y a de gentil avec vous, c’est que vous n’êtes pas gaie. On pourrait passer une soirée ensemble.
– Mais je crois bien, pourquoi ne viendriez-vous pas à Guermantes, ma belle-mère serait folle de joie. Cela passe pour très laid, mais je vous dirai que ce pays ne me déplaît pas, j’ai horreur des pays «pittoresques».
– Je crois bien, c’est admirable, répondit Swa
– Oh! mon petit Charles, prenez garde, voilà l’affreuse Rampillon qui m’a vue, cachez-moi, rappelez-moi donc ce qui lui est arrivé, je confonds, elle a marié sa fille ou son amant, je ne sais plus; peut-être les deux… et ensemble!… Ah! non, je me rappelle, elle a été répudiée par son prince… ayez l’air de me parler pour que cette Bérénice ne vie