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– Si ma mère Zabelle n’était pas morte, disait-il, cet argent-là aurait été pour elle. Qu’est-ce que vous voulez que je fasse avec de l’argent? je n’en ai pas besoin puisque vous prenez soin de mes hardes et que vous me fournissez les sabots. Gardez-le donc pour de plus malheureux que moi. Vous travaillez déjà tant pour le pauvre monde! Eh bien, si vous me do

– Tu n’y songes pas, mon enfant, lui dit Madeleine, un jour qu’il revenait à cette idée-là, comme il lui arrivait de temps en temps: se do

– Oui, tant que Jea

– Sois donc tranquille, je n’ai pas envie de mourir. Je me porte bien. Je suis faite au travail, et même je suis plus forte à présent que je ne l’étais dans ma jeunesse.

– Dans votre jeunesse! dit François éto

Et il avait peur qu’elle ne fût en âge de mourir.

– Je crois que je n’ai pas eu le temps de l’être, répondit Madeleine en riant comme une perso

– Des peines! oui, mon Dieu! Dans le temps que monsieur Blanchet vous parlait si durement, je m’en suis bien aperçu. Ah! que le bon Dieu me le pardo

– Je ne le suis plus! tu crois? dit Madeleine un peu vivement, en songeant qu’elle n’avait jamais eu d’amour dans son mariage.

Mais elle se reprit, car cela ne regardait pas le champi, et elle ne devait pas faire entendre ces idées-là à un enfant.

– à cette heure, dit-elle, tu as raison, je ne suis plus malheureuse; je vis comme je l’entends. Mon mari est beaucoup plus ho

– Et moi, vous ne me faites pas entrer en ligne de compte? moi… Je…

– Eh bien! toi aussi tu profites bien, et ça me do

– Mais je vous en do

– Oui, tu te conduis bien, tu as bo

– Oh! si vous n’étiez pas contente de moi, quel mauvais drôle, quel rien du tout je serais, après la manière dont vous m’avez traité! Mais il y a encore autre chose qui devrait vous rendre heureuse, si vous pensiez comme moi.

– Eh bien, dis-le, car je ne sais pas quelle finesse tu arranges pour me surprendre.

– Il n’y a pas de finesse, madame Blanchet, je n’ai qu’à regarder en moi, et j’y vois une chose; c’est que, quand même je souffrirais la faim, la soif, le chaud et le froid, et que par-dessus le marché je serais battu à mort tous les jours, et qu’ensuite je n’eusse pour me reposer qu’un fagot d’épines ou un tas de pierres, eh bien!… comprenez-vous?

– Je crois que oui, mon François; tu ne te trouverais pas malheureux de tout ce mal-là, pourvu que ton cœur fût en paix avec le bon Dieu?

– Il y a ça d’abord, et ça va sans dire. Mais moi je voulais dire autre chose.

– Je n’y suis point, et je vois que tu es devenu plus malin que moi.

– Non, je ne suis pas malin. Je dis que je souffrirais toutes les peines que peut avoir un homme vivant vie mortelle et que je serais encore content en pensant que Madeleine Blanchet a de l’amitié pour moi. Et c’est pour ça que je disais tout à l’heure que si vous pensiez de même, vous diriez: François m’aime tant que je suis contente d’être au monde.

– Tiens! tu as raison, mon pauvre cher enfant, répondit Madeleine, et les choses que tu me dis me do

– Sans nous séparer, je le crois bien! dit François; j’aimerais mieux être coupé par morceaux que de vous quitter. Qui est-ce qui m’aimerait comme vous m’avez aimé? Qui est-ce qui se mettrait en danger d’être maltraitée pour un pauvre champi, et qui l’appellerait son enfant, son cher fils? car vous m’appelez bien souvent, presque toujours, comme ça. Et mêmement vous me dites souvent, quand nous sommes seuls: Appelle-moi ma mère et non pas toujours madame Blanchet. Et moi je n’ose pas parce que j’ai trop peur de m’y accoutumer et de lâcher ce mot-là devant le monde.

– Eh bien, quand même?

– Oh! quand même! on vous le reprocherait, et moi je ne veux pas qu’on vous e

François avait dans tout ce qu’il disait et dans tout ce qu’il pensait comme un avertissement de quelque gros malheur et, à quelque temps de là, ce malheur tomba sur lui.

Il était devenu le garçon du moulin. C’était lui qui allait chercher le blé des pratiques sur son cheval et qui le leur reportait en farine. Ça lui faisait faire souvent de longues courses et, mêmement, il allait souvent chez la maîtresse de Blanchet qui demeurait à une petite lieue du moulin. Il n’aimait guère cette commission-là et il ne s’arrêtait pas une minute dans la maison quand son blé était pesé et mesuré…