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Monstrueuse guerre: Les autres agissent au dehors, ceste-cy encore contre soy: se ronge et se desfaict, par son propre venin. Elle est de nature si maligne et ruineuse, qu'elle se ruine quand et quand le reste: et se deschire et despece de rage. Nous la voyons plus souvent, se dissoudre par elle mesme, que par disette d'aucune chose necessaire, ou par la force e

Nostre mal s'empoiso

Du secours qu'on luy do

Exuperat magis ægrescitque medendo .

Omnia fanda nefanda malo permista furore,

Justificam nobis mentem avertere Deorum .

En ces maladies populaires, on peut distinguer sur le commencement, les sains des malades: mais quand elles vie

Hunc saltem everso juvenem succurrere seclo,

Ne prohibete .

Qu'est devenu cest ancien precepte: Que les soldats ont plus à craindre leur chef, que l'e

Mais est-il quelque mal en une police, qui vaille estre combatu par une drogue si mortelle? Non pas disoit Favonius, l'usurpation de la possession tyra

J'estois Platonicien de ce costé là, avant que je sçeusse qu'il y eust de Platon au monde. Et si ce perso

Le peuple y souffrit bien largement lors, non les dommages presens seulement,

undique totis,

Usque adeo turbatur agris ,

mais les futurs aussi. Les vivans y eurent à patir, si eurent ceux qui n'estoient encore nays. On le pilla, et moy par consequent, jusques à l'esperance: luy ravissant tout ce quil avoit à s'apprester à vivre pour longues a

Quæ nequeunt secum ferre aut abducere, perdunt,

Et cremat insontes turba scelesta à casas:

Muris nulla fides, squallent populatibus agri .

Outre ceste secousse, j'en souffris d'autres. J'encourus les inconveniens, que la moderation apporte en telles maladies. Je fus pelaudé à toutes mains: Au Gibelin j'estois Guelphe, au Guelphe Gibelin: Quelqu'un de mes Poetes dict bien cela, mais je ne sçay où c'est. La situation de ma maison, et l'accointance des hommes de mon voisinage, me presentoient d'un visage: ma vie et mes actions d'un autre. Il ne s'en faisoit point des accusations formées: car il n'y avoit où mordre. Je ne desempare jamais les loix: et qui m'eust recherché, m'en eust deu de reste. C'estoient suspicions muettes, qui couroient sous main, ausquelles il n'y a jamais faute d'apparence, en un meslange si confus, non plus que d'espris ou envieux ou ineptes. J'ayde ordinairement aux presomptions injurieuses, que la fortune seme contre moy: par une façon, que j'ay dés tousjours, de fuyr à me justifier, excuser et interpreter: estimant que c'est mettre ma conscience en compromis, de playder pour elle. Perspicuitas enim, argumentatione elevatur : Et comme, si chacun voyoit en moy, aussi cler que je fay: au lieu de me tirer arriere de l'accusation, je m'y avance; et la renchery plustost, par une confession ironique et moqueuse: Si je ne m'en tais tout à plat, comme de chose indigne de response. Mais ceux qui le pre

Je n'ay soing quelconque d'acquerir.

Sit mihi quod nunc est etiam minus, ut mihi vivam

Quod superest ævi, si quid superesse volent dii .

Mais les pertes qui me vie

Mille diverses sortes de maux accoururent à moy à la file. Je les eusse plus gaillardement soufferts, à la foule. Je pensay desja, entre mes amis, à qui je pourrois commettre une vieillesse necessiteuse et disgratiee: Apres avoir rodé les yeux par tout, je me trouvay en pourpoint. Pour se laisser tomber à plomb, et de si haut, il faut que ce soit entre les bras d'une affection solide, vigoureuse et fortunee. Elles sont rares, s'il y en a. En fin je cogneus que le plus seur, estoit de me fier à moy-mesme de moy, et de ma necessité. Et s'il m'advenoit d'estre froidement en la grace de la fortune, que je me recommandasse de plus fort à la mie

Secondement, que cet accident me servoit d'exercitation, pour me preparer à pis: Si moy, qui et par le benefice de la fortune, et par la condition de mes moeurs, esperois estre des derniers, venois à estre des premiers attrappé de ceste tempeste. M'instruisant de bo