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CHAPITRE X De mesnager sa volonté

AU prix du commun des hommes, peu de choses me touchent: ou pour mieux dire, me tie

Mais aux affections qui me distrayent de moy, et attachent ailleurs, à celles la certes m'oppose-je de toute ma force. Mon opinion est, qu'il se faut prester à autruy, et ne se do

fugax rerum, securaque in otia natus .

Les debats contestez et opiniastrez, qui do

Les hommes se do

Je prens une complexion toute diverse. Je me tiens sur moy. Et communément desire mollement ce que je desire, et desire peu: M'occupe et embesongne de mesme, rarement et tranquillement. Tout ce qu'ils veulent et conduisent, ils le font de toute leur volonté et vehemence. Il y a tant de mauvais pas, que pour le plus seur, il faut un peu legerement et superficiellement couler ce monde: et le glisser, non pas l'enfoncer. La volupté mesme, est douloureuse en sa profondeur.

incedis per ignes,

Subpositos cineri doloso .

Messieurs de Bordeaux m'esleurent Maire de leur ville, estant esloigné de France; et encore plus esloigné d'un tel pensement. Je m'en excusay. Mais on m'apprint que j'avois tort; le commandement du Roy s'y interposant aussi. C'est une charge, qui doit sembler d'autant plus belle, qu'elle n'a, ny loyer ny gain, autre que l'ho

uterque bonus pacis bellique minister .

La fortune voulut part à ma promotion, par cette particuliere circonstance qu'elle y mit du sien: Non vaine du tout. Car Alexandre desdaigna les Ambassadeurs Corinthiens qui luy offroyent la bourgeoisie de leur ville; mais quand ils vindrent à luy deduire, comme Bacchus et Hercules estoyent aussi en ce registre, il les en remercia gratieusement.

A mon arrivée, je me deschiffray fidelement, et conscientieusement, tout tel que je me sens estre: Sans memoire, sans vigilance, sans experience, et sans vigueur: sans hayne aussi, sans ambition, sans avarice, et sans violence: à ce qu'ils fussent informez et instruicts de ce qu'ils avoyent à attendre de mon service. Et par ce que la cognoissance de feu mon pere les avoit seule incitez à cela, et l'ho

La plus part des regles et preceptes du monde pre

J'estime qu'au temple de Pallas, comme nous voyons en toutes autres religions, il y avoit des mysteres apparens, pour estre montrez au peuple, et d'autres mysteres plus secrets, et plus haults, pour estre montrés seulement à ceux qui en estoyent profez. Il est vray-semblable qu'en ceux-cy, se trouve le vray poinct de l'amitié que chacun se doit: Non une amitié faulce, qui nous faict embrasser la gloire, la science, la richesse, et telles choses, d'une affection principalle et immoderée, comme membres de nostre estre; ny une amitié molle et indiscrette; en laquelle il advient ce qui se voit au lierre, qu'il corrompt et ruyne la paroy qu'il accole: Mais une amitié salutaire et reiglée; esgalement utile et plaisante. Qui en sçait les devoirs, et les exerce, il est vrayement du cabinet des muses; il a attaint le sommet de la sagesse humaine, et de nostre bon heur. Cettuy-cy, sçachant exactement ce qu'il se doit; trouve dans son rolle, qu'il doit appliquer à soy, l'usage des autres hommes, et du monde; et pour ce faire, contribuer à la societé publique les devoirs et offices qui le touchent. Qui ne vit aucunement à autruy, ne vit guere à soy. Qui sibi amicus est, scito hunc amicum omnibus esse . La principale charge que nous ayons, c'est à chacun sa conduite. Et est ce pourquoy nous sommes icy. Comme qui oublieroit de bien et saintement vivre; et penseroit estre quitte de son devoir, en y acheminant et dressant les autres; ce seroit un sot: Tout de mesme, qui abando

Je ne veux pas, qu'on refuse aux charges qu'on prend, l'attention, les pas, les parolles, et la sueur, et le sang au besoing:

non ipse pro charis amicis

Aut patria timidus perire .

Mais c'est par emprunt et accidentalement; L'esprit se tenant tousjours en repos et en santé: non pas sans action, mais sans vexation, sans passion. L'agir simplement, luy couste si peu, qu'en dormant mesme il agit. Mais il luy faut do